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LE TRÈS BEL HOMMAGE

D’UN ÉTUDIANT BELGE À BEN WEIDER

 

 


JEAN-CLAUDE DAMAMME
REPRÉSENTANT POUR LA FRANCE DE LA SOCIÉTÉ
NAPOLÉONIENNE INTERNATIONALE DE MONTRÉAL





EN TRADUISANT UN DES LIVRES DE BEN WEIDER, UN JEUNE BELGE NÉERLANDOPHONE, HABITANT PRÈS D'ANVERS, VIENT DE L UI RENDRE UN TRÈS BEL HOMMAGE. IL S'APPELLE TIM VAN DYCK, IL EST ÉTUDIANT À L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN. APRÈS DES ÉTUDES D'ÉCONOMIE ET DE MATHÉMATIQUES, IL A OBTENU UNE LICENCE EN SCIENCES POLITIQUES, UNE MAITRISE EN POLITIQUE INTERNATIONALE, ET IL SUIT ACTUELLEMENT UN CURSUS DE MAITRISE EN SCIENCES DE L'ESPACE À LA FACULTÉ DES SCIENCES DE LOUVAIN. À SA MANIÈRE, IL REMERCIE BEN WEIDER DE LUI AVOIR FAIT DÉCOUVRIR UN AUTRE NAPOLÉON.

 

 

Après avoir correspondu avec lui via Internet, j’ai fait la connaissance de Tim Van Dyck lors d’une conférence que j’étais allé faire en 2006, à Ligny (1), sur … l’empoisonnement de Napoléon, sujet très populaire auprès des instances napoléoniennes françaises, comme le savent bien les visiteurs habituels de notre site.

 

DE L'UTILITÉ DE LA TÉLÉVISION ET D'INTERNET

 

Quand on lui demande par quelle voie il arriva jusqu’à Napoléon, Tim a une réponse qui, évidemment, ferait sourire en France, où tout ce qui a trait à l’Empereur est sujet à critique ou ironie :

« C’est après avoir regardé la série télévisée dans laquelle Christian Clavier incarnait Napoléon que mon attention fut captivée par le personnage. La série le montrait sous un jour très différent de celui que je connaissais. Napoléon, contrairement à l’image habituelle que l’on donne de lui, y apparaît humain.»

Un Napoléon humain ! Surprenant, évidemment, et impardonnable pour certains, comme nombre de critiques en attestèrent à l’époque.

Tim voulut alors en savoir davantage.

D’abord, par le biais traditionnel d’Internet pour trouver des informations permettant d’établir une corrélation entre la vision de Napoléon développée dans la série télévisée et la réalité.

Une démarche qui le conduisit à la Société Napoléonienne Internationale. Et à son président.

Connaissant son livre emblématique : « Napoleon, the Man who Shaped Europe », Tim Van Dyck considérait que les idées et les découvertes faites par Ben Weider méritaient d’être encore plus largement répandues, notamment dans les pays néerlandophones où il était étrangement invisible, et il se plaisait à penser que, ce faisant, il pouvait, lui aussi, contribuer, même modestement, à une meilleure connaissance de Napoléon.


Bien qu’il ignorât sur quel genre d’homme : aimable, cassant, hautain, impatient, il allait tomber, Tim entreprit d’écrire à Ben Weider. Commença alors, par-dessus l’Atlantique, une correspondance qui allait durer plusieurs années, et à laquelle seul le décès de notre président mit un terme.

 

Bienveillance et enthousiasme


À l’été 2005, Tim envisagea de traduire en néerlandais ce livre publié pour la première fois en 1997.

« Ben, se souvient Tim avec tristesse, fut enthousiasmé par l’idée de la traduction. Il me laissa toute liberté pour organiser mon travail, sans chercher à m’influencer, et il se montra toujours plein de gentillesse, de bienveillance, et d’enthousiasme ».

Que l’on me permette ici une réflexion personnelle sur celui qui a été mon ami.

Ben était un homme d’affaires à l’emploi du temps surchargé. Un jour à Montréal, un jour à Chicago, un jour à New York, un autre à San Francisco ou à Los Angeles…, sans préjudice de ses voyages dans le monde : Chine, Moyen-Orient, Angleterre, Allemagne, France… Son agenda était un atlas.

Quand il s’est agi de remettre au professeur qui dirigeait l’Institut de médecine légale de Strasbourg les cheveux de Napoléon destinés aux analyses toxicologiques, Ben fit - spécialement ! - un Montréal-Paris-Strasbourg et retour.

Je l’ai vu de même faire un aller-retour Montréal-Paris-Nice pour, simplement, aller donner une conférence, et apporter son soutien à la présidente du Souvenir Napoléonien de Monaco, qui était en butte aux mesquineries du bureau parisien. Ben, en effet, ne détaillait pas son aide à ceux qui, sincèrement, partageaient, à la fois, ses vues et sa passion pour l’homme extraordinaire qui régna sur la France pendant quinze petites années.

Je pourrais citer nombre d’autres exemples semblables à ceux-ci.

 

 

En plus de toute cette activité, qui eût suffi à bien occuper des journées de… 48 heures, Ben trouvait encore le temps de s’occuper – personnellement - de sa création la plus chère : la Société Napoléonienne Internationale de Montréal. Et lui qui traitait avec des milliers de gens dans le monde, y compris de hauts dirigeants politiques, alors qu’il ne connaissait pas ce garçon qui lui écrivait de Belgique, alors qu’il ignorait, au début du moins, son degré de sincérité, il répondit - lui-même ! - à toutes les questions que Tim Van Dyck lui posait. Et Dieu sait que, sur Napoléon, Tim a beaucoup, beaucoup de questions, des questions intelligentes et souvent difficiles, à poser.

Un mot sur le travail de traduction.

Tout en poursuivant des études supérieures, Tim a réussi à faire la majeure partie de la traduction - l’essentiel du travail fut effectué entre 2005 et 2007, puis entre 2011 et 2012 - et comme il le dit – et que je retranscris, car cela est rare à cette époque de l’ordinateur souverain – « à l’ancienne ». Comprenons avec un stylo et du papier ! C’est son grand-père, aidé par un ami de Tim, qui se chargea de l’indispensable saisie sur ordinateur.

 

« CETTE LUTTE LUI A DEMANDÉ BEAUCOUP DE COURAGE...  »


D’autre part, grâce au site de la SNI, Tim avait découvert toutes les péripéties de l’affaire de l’empoisonnement de Napoléon. Voici ce qu’il en dit :

« J’ai été très impressionné par la longue lutte menée par Ben pour prouver l’empoisonnement criminel de Napoléon à Sainte-Hélène, et cette lutte lui a demandé beaucoup de courage. C’est pourquoi, dans l’édition néerlandaise, j’ai inclus un chapitre sur sa vie, afin que les lecteurs puissent découvrir l’homme hors du commun qu’il était. Je suis honoré d’avoir eu le privilège de faire sa connaissance, fût-ce par messagerie électronique, sans, malheureusement, que le temps m’eût permis de le rencontrer. »

 

« NAPOLÉON, UN DES PLUS GRANDS HOMMES DE
L'HISTOIRE UNIVERSELLE
 »


Et Napoléon ? Quelle est la perception que Tim Van Dyck (ci-dessous) a de lui aujourd’hui ?

Livrons sa réponse sans la paraphraser :

« J’admire son génie et ses exceptionnelles capacités intellectuelles, mais pas uniquement dans le domaine militaire. On oublie en effet trop souvent que Napoléon fut avant tout un homme d’état du plus haut niveau qui soit. Un homme d’état que les monarchies étrangères poussèrent sans trêve à la guerre. J’admire également son énergie et son aptitude à travailler quasiment jour et nuit sans prendre de repos. Les différentes étapes de sa vie : sa jeunesse, ses études, ses rêves de jeune homme, et, plus tard, de souverain, comme son vécu de la Révolution française, tout cela mérite d’être étudié. Durant son règne, il a façonné l’histoire, avec un grand H, et il est directement à l’origine de changements profonds et durable dans les domaines - essentiels – de l’administration, des lois… sans oublier que, sous son impulsion, de grands travaux d’utilité publique : routes, ports, canaux, ponts, etc. furent réalisés.

N’oublions pas non plus que c’est lui, qui, après les années tourmentées de la Révolution et de la Terreur a ramené la paix des âmes en rétablissant le culte, et la cohésion sociale avec l’amnistie des émigrés partis à l’étranger par crainte des représailles. Souvenons-nous aussi que, par toutes les voies qui lui apparaissaient favorables, il a toujours cherché la paix. J’en profite pour rappeler ce qu’il disait – déjà - en 1802 : “C’est avec horreur que je fais la guerre”.

« De la Corse à Sainte-Hélène, la vie de Napoléon est véritablement une grande histoire à elle seule. Mais il est bien difficile d’exprimer cette fascination par des mots. Comment définit-on un homme ? Comment des mots peuvent-ils définir la grandeur ? Un célèbre historien hollandais du passé, Pieter Geyl, a dit un jour à propos de Napoléon que l’Histoire était une discussion sans fin entre les « pour » et les « antis », et selon lui, cette discussion ne trouvera jamais son terme. Admirer Napoléon, c’est permettre à ceux qui soutiennent ses actes de ne jamais laisser ses adversaires, qui utilisent généralement des arguments pervers et faux, d’avoir le dessus. Quoique certains puissent en penser, Napoléon reste un des plus grands hommes de l’histoire universelle. Il est une vague gigantesque qui a porté l’Europe, et qui, en se retirant, l’a débarrassée des scories accumulées par les monarchies de droit divin au cours des siècles pour en faire une entité moderne. Il y a eu des rechutes, mais l’essentiel demeure. »(2)

 

ÊTRE UN NAPOLÉONIEN CONVAINCU NE SUFFIT PAS




En se rangeant ainsi aux côtés de Ben Weider, en rendant hommage à son action, en accordant crédit aux analyses scientifiques qu’il a soigneusement « épluchées », en faisant publier un livre qui rassemble tout cela, Tim Van Dyck se met ipso facto au ban des milieux napoléoniens français, et peut-être belges(3), francophones du moins, qui sont, pour des raisons matérielles, sous la dépendance du bureau parisien.

En effet, il ne suffit pas d’être un napoléonien sincère et convaincu, il faut – d’abord et surtout – faire allégeance. Tim devra donc se faire une raison : il ne sera certainement jamais membre d’honneur du Souvenir Napoléonien !

Qu’importe ! Ben Weider lui a ouvert en grand les portes de la S.N.I.

Cette dernière remarque me conduit à dire que, par expérience personnelle, je suis en bonne position pour « apprécier » à sa vraie valeur la capacité de nuisance, efficace et sournoise, de certains dirigeants de la Fondation Napoléon et du Souvenir Napoléonien, dès lors que l’on s’oppose à eux, et que l’on met en lumière leur malhonnêteté intellectuelle – ce que j’ai souvent fait sur ce site à propos de la thèse de l’empoisonnement de Napoléon. Mais, au nom d’intérêts égoïstes mal compris, je ne me vois guère m’abaisser à « hurler avec les loups » au détriment d’un ami disparu.

 

 

MERCI À TIM VAN DYCK

 

J’ai, pour cette raison, une estime et une sympathie d’autant plus vives pour ceux qui, reconnaissant l’action de Ben Weider, lui rendent, comme le fait Tim Van Dyck, un hommage justifié.

L’évocation de l’ouvrage réalisé par Tim me donne l’occasion de redire - car il faut le dire sans cesse - comme je l’ai fait ici et ailleurs :

Honneur à Ben pour son travail acharné, ses recherches au service de la vérité, son inlassable dévouement à la mémoire de Napoléon, pour son stoïcisme sous les quolibets, et, honte à ceux qui, faute d’arguments sérieux à lui opposer, ont brocardé indignement le « fabricant canadien d’articles de sport ». Et je n’ai garde d’oublier quelques journalistes – leurs « articles » et leurs chroniques à la radio sont révélateurs - qui, sans faire montre du plus mince esprit d’analyse, et en contradiction avec la plus élémentaire déontologie de leur profession, se firent leur porte-parole zélés.

Enfin et surtout, parce que c’est lui le héros de cet article, honneur également à Tim Van Dyck pour avoir su mener à bien un difficile travail, et je ne saurais mieux le remercier qu’en me risquant à un mot dans sa langue maternelle : « Hartelijk dank », Tim.

 

 

 

 


(1) Rappelons pour mémoire que Ligny, à environ soixante-cinq kilomètres au sud de Bruxelles, est le site qui s’honore de la dernière grande victoire remportée par Napoléon sur les Prussiens de Blücher le 16 juin 1815, deux jours avant la fatale journée de Waterloo.

(2) Outre son grand-père déjà mentionné, M. Cor Backx, l’auteur fut secondé dans sa tâche par quelques bonnes volontés : un de ses amis, M. Wouter Boelen, entre autres, pour la saisie, la mère de l’un de ses amis, Mme Marina Marissen, et par trois autres personnes déléguées par son éditeur : MM Wim Sanders, Paul Timmerman et Mark Heuveling.

(3) J’ai été invité une fois par ces gens sympathiques et chaleureux à faire une conférence sur l’empoisonnement de Napoléon. Mais, pour ne pas risquer de perdre les subsides alloués par Paris, l’invitation m’avait été transmise par une autre association. Et je crois même que ma communication, qui ébranla fortement quelques certitudes, ne fit l’objet d’aucun compte rendu. Je n’étais en quelque sorte pas venu. La situation est la même pour ce qui concerne les délégations françaises : il est impossible – interdit en fait - de communiquer sur cette affaire, et aucun président de délégation ne s’aventurera à m’inviter sous peine de punition financière. Telle est la liberté d’expression vue au travers du prisme des instances napoléoniennes françaises. La conférence à Ligny, évoquée en début de texte, avait été organisée par une association belge indépendante.