INUGURATION DU MONUMENT
DÉDIÉ AUX GROGNARDS DE L’EMPEREUR, À LIGNY

Hommage aux valeureux grognards de l’Empereur, artisans de sa dernière victoire.

 


Les 30 et 31 mai 2009 se tenait à Ligny, en Belgique, la 45ème commémoration de la Dernière Victoire de l’Empereur, cela, à l’occasion du 194ème anniversaire de la bataille.

 

Rappelons sommairement le déroulement de cette bataille qui s’est tenue le 16 juin 1815, soit deux jours avant Waterloo. Le plan de Napoléon est simple : repousser les Prussiens de Blücher le plus loin possible des lignes britanniques et hollandaises de Wellington, et ensuite, attaquer ses adversaires l’un après l’autre… On retrouve ici une tactique classique de l’Empereur.

Dès le 15 juin, après la prise de Charleroi, Napoléon lance son aile gauche, avec Ney à sa tête, en direction de Bruxelles ; celui-ci a pour mission de repousser les Anglais jusqu’à Quatre-Bras, d’où il pourra ensuite prendre les Prussiens à revers. Napoléon lui-même prend le commandement de l’aile droite, pour une attaque de front dans la région de Ligny.

Mais tout ne se passe pas comme prévu ; Ney, « le brave des braves », est hésitant et lent… De plus, on déplore quelques erreurs dans la transmission des ordres… Napoléon ne recevra aucun renfort de Ney.

Le 16, à 3 heures de l’après-midi, l’Empereur donne le signal de l’attaque : ses 68 000 hommes vont affronter les 84 000 Prussiens ! Pendant plus de trois heures les combats font rage, assauts et contre-assauts se succèdent, Ligny est pris et repris. Vers 19 heures, ne recevant toujours pas le renfort de Ney, Napoléon doit se résoudre à lancer la Garde dans la mêlée. Les chasseurs à pied de la Garde résistent à une attaque décisive de Blücher. Napoléon, soutenu par le feu intensif de 60 canons et par sa cavalerie, peut lancer la Vieille Garde sur le centre ennemi qui est définitivement enfoncé. Blücher lui-même a son cheval tué sous lui, et échappe miraculeusement à la vue des cuirassiers français.

Les Prussiens, battus, se replient sur Wavre, vers l’armée anglaise. Hélas, pris par l’heure tardive et terriblement fatigués par l’intensité des combats, les Français ne les pourchassent pas ; ils seront une aide précieuse pour les Anglais deux jours plus tard à Waterloo… Ligny restera ainsi la dernière victoire de l’Empereur.

 

Cette année, les fêtes commémoratives de la Dernière Victoire ont deux particularités : d’abord, pour cause d’élection du Parlement Européen, elles se déroulent exceptionnellement fin mai et non le 1 er week-end de juin. Ensuite, elles sont l’occasion d’inaugurer une stèle dédiée aux « valeureux grognard de l’Empereur, artisans de sa dernière victoire ». Ce monument a été offert par Monsieur Ben Weider, président de la Société Napoléonienne Internationale, avec la contribution des Amis de Ligny et de l'Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens. Ce projet avait été élaboré par Ben Weider lui-même, et, suite à son décès, sa famille a pris le relais pour le mener à terme.

 

Les commémorations ont débuté par une conférence « La chirurgie pendant les guerres napoléoniennes : une opportunité manquée ? » présentée par le docteur Jan Bosteels. Le conférencier a présenté une étude riche et passionnante sur ce thème, illustrée par les pratiques de Larrey et Percy. On a pu apprécier l’admiration que le conférencier porte à ce dernier. Ensuite, les Amis de Ligny assuraient la visite commentée du musée Napoléon. Personnellement, monsieur Michel Lefébvre, secrétaire général des Amis de Ligny, m’a accompagné pour une visite détaillée des collections : armes et équipements provenant du champ de bataille, tambour 1er Empire, malle d’officier prussien et beaucoup d’autres pièces y côtoient gravures, dioramas et documents, en particulier les archives du colonel major Dubois, colonel des fameux lanciers rouges. En fin de journées, les différents groupes de reconstitution offrent au public une simulation de bataille.

 

Dimanche 31 mai est pour nous le grand jour ! La journée débute par un office religieux avec animation musicale militaire, célébrée en l’honneur des victimes des combats de Ligny. En fin de messe, Michel Lefèbvre, annonçant la suite de la journée avec notamment le cortège vers les monuments des deux Guerres mondiales et du Bicentenaire, rend hommage à Ben Weider.

Dans le cortège, on apprécie, notamment, la présence de Monsieur le Consul Général de France à Bruxelles, d'un détachement de la Marine nationale française à la tête de laquelle figurait le commandant du navire « Le Géranium », de la Musique de la Garde de Waterloo et du 1er Chasseurs à pied de la Garde Impériale de Ligny ; personnellement, je participe en tant que porte-parole de la famille de Weider et de la Société Napoléonienne Internationale.

Les premières haltes se font comme annoncé, avec dépôt de gerbes de fleurs et musique militaire, puis nous arrivons à la stèle aux vainqueurs de Ligny. Monsieur le Colonel Couvreur, président des Amis de Ligny, prononce un très beau discours où sont évoquées ses relations avec Ben Weider, et la genèse de la mise en place de cette stèle. Il rappelle également sa qualité d’ancien combattant de la 2ème Guerre mondiale. Ensuite, après les discours du président du Syndicat d’initiative de Ligny, de moi-même et du bourgmestre, la stèle est dévoilée devant un détachement de la Garde.

Comme nous l’a écrit Monsieur Lefèbre, les paroles prononcées «(…) ont parfaitement mis en évidence la riche personnalité du défunt président, de son attachement absolu à l'Empereur et de sa volonté expresse d'offrir au lieu historique de Ligny une stèle qui rappellera à tout visiteur ou au simple passant que c'est là-même que se situa la Dernière Victoire.

Les Amis de Ligny seront pour toujours reconnaissants à la famille qui, grâce à la belle promesse qu'elle a tenue, a permis que le nom de leur illustre parent soit incrusté à jamais dans la pierre bleue de notre beau pays wallon. »

 

Cette belle journée se poursuit alors par un banquet, suivi du 45ème défilé de la Dernière victoire.

 

Pierre Migliorini, FINS

 

Le discours de Pierre Migliorini.

 

Le discours de monsieur le Colonel Couvreur.

 

La stèle est dévoilée par messieurs Lefèbvre et Migliorini.

 

Un groupe de reconstituants devant la stèle.



Allocution de Monsieur le Colonel e.r. Pierre Couvreur, président des Amis de Ligny

 

Le discours de monsieur le Colonel Couvreur.

 

Monsieur le Bourgmestre,
Monsieur Migliorini,
Monsieur le Consul général,
Commandant,

 

Les Amis de Ligny vous remercient d’avoir bien voulu rehausser de votre présence l’inauguration de ce monument offert par Monsieur Ben Weider, président de la Société Napoléonienne Internationale, avec la participation des Amis de Ligny et de l’association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens. Nos remerciements s’adressent également à la municipalité de Sombreffe et à la Région wallonne pour l’aménagement du site où est érigée la stèle. Un grand merci aussi à Monsieur Eric Weider qui a bien voulu honorer la promesse de son illustre père décédé prématurément, en prenant à sa charge l’érection du monument.

Celui-ci est dédié aux valeureux combattants de l’Empereur tombés sur notre sol le 16 juin 1815. Mon propos n’est pas de vous conter l’histoire de cette inoubliable bataille qui s’est déroulée sur cette terre héroïque qui s’étend de Fleurus jusqu’aux abords de Gembloux, Ligny se trouvant à ce que j’appellerai l’épicentre. Les pertes sont difficiles à évaluer tellement elles varient suivant les auteurs mais il est certain que les pertes prussiennes furent de loin plus élevées que celles des Français qui se situent dans une fourchette de 7000 à 12000 hommes.

Le parcours que vous venez d’effectuer est pétri du sang de ces braves qui offrirent à Napoléon sa dernière victoire. Ce sang fut leur dernier cadeau offert à la France.

Allait-on abandonner à l’oubli ces troupes valeureuses ? Pensons à la devise du Souvenir Français : « A nous la mémoire, à eux l’immortalité ». Les brumes matinales qui envahissent ces lieux semblent porter en elles le poids du sacrifice. Le Colonel Marchand, délégué général du Souvenir Français et membre du conseil d’administration des Amis de Ligny honore cette cérémonie de sa présence et nous l’en remercions.

En me souvenant de mes ancêtres qui ont fait les guerres de l’Empire, dont trois sont morts pour la France, arrivant au crépuscule de ma vie, j’ai vivement souhaité que le souvenir des héros de la dernière victoire soit inscrit dans la pierre. Pour concrétiser ce souhait, j’ai été vivement soutenu par notre conseil d’administration – et en particulier par Mr Michel Lefèbvre, notre secrétaire général, et le Commandant Alain Arcq, notre maître de cérémonie et conservateur du musée Napoléon. Les Amis de Ligny qui ne trouvent leurs ressources financières que dans les cotisations de leurs membres ne pouvaient supporter cette charge. J’ai donc pensé à me confier à une personnalité hors du commun, homme de bien par excellence, napoléonien hors pair dont la générosité n’a d’égal que son intelligence. De surcroît, c’est un ancien combattant de la dernière guerre mondiale et nous saluons en lui un héros du fameux débarquement des Canadiens à Dieppe en 1942 et celui de Normandie en 1944. Je veux parler de notre cher ami Ben Weider, décédé récemment. Il n’a pas hésité à donner son feu vert à notre requête et l’A.C.M.N. a immédiatement manifesté son désir de participer à l’entreprise.

C’est ainsi que le nom « Ben Weider » figurera sur cette stèle au cœur même du vaste ossuaire de Ligny au cœur même de la dernière victoire.

Nous le savons, les combats furent atroces et allaient en s’amplifiant jusqu’à 19 heures dans la soirée du 16 juin 1815. Gneisenau n’a-t-il pas dit : « Le combat de Ligny est un des plus sanglants dont fasse mention l’histoire ».

En qualité d’officier belge, il me plaît de rappeler que de nombreux officiers, sous-officiers et hommes de troupe de nos provinces ont participé à cette dernière victoire de l’Empereur. Deux futurs ministres de la guerre de la jeune Belgique ont combattu à Ligny, l’un le général Dupont était lieutenant au 2 e d’artillerie et l’autre le général Willmar au 2 e Génie. Quinze ans plus tard, le Général Gérard revient en vainqueur dans nos contrées pour libérer la Belgique du joug hollandais.

Pensons au général Exelmans qui fut non seulement un artisan de la dernière victoire de l’Empereur mais aussi de la dernière victoire de l’Empire, le 22 juillet à Rocquencourt.

Ayons aussi une pensée pieuse pour le Maréchal Lannes qui, grièvement blessé à la bataille d’Essling, rendit son âme à Dieu le 31 mai 1809. Il y a aujourd’hui 200 ans.

Ben souhaitait inaugurer lui-même cette stèle et c’est de Là-Haut accompagné des artisans de la victoire qu’il assiste en ce moment à cette cérémonie du souvenir.

 

Merci Monsieur Migliorini d’avoir fait ce long voyage pour marquer votre amitié à Ben Weider. Ongi Ettori ! (Cordiale bienvenue)

Merci à Monsieur le Consul général de France pour l’intérêt que vous réservez à Ligny et pour le plaisir que vous nous avez fait en nous assurant la participation de la Marine française.

Je remercie de la présence, grâce au Consul Général, du lieutenant de vaisseau Marge Cuvier et de son équipage. C’est avec un énorme plaisir que nous accueillons les sympathiques pompons rouges. Ils ne sont pas étrangers eux aussi à cette bataille car les marins de la Garde ont combattu à Ligny. Et de plus, les fusiliers marins de l’amiral Ronarch aux côtés du 1 er de Ligne belge interdirent le passage de l’Yzer à l’ennemi, le 10 novembre 1914 grâce à leur acharnement. De plus, Commandant, je vous adresse un message de sympathie d’un de vos grands anciens, le Capitaine de vaisseau en retraite Richard de Touchet, membre de notre conseil d’administration.

Enfin, lorsque cette stèle sera découverte, dites-vous qu’il en existe huit du même type sur le champ de bataille de Waterloo réalisées par le même maître artisan, monsieur Rousseau, sous les auspices de l’Association Franco-Européenne de Waterloo dont le président et par ailleurs administrateur des Amis de Ligny, monsieur Philippe de Villelongue, est ici présent.

Recueillons-nous en pensant à ces braves grognards qui rendirent leur dernier soupir sur cette terre sacrée.

Je vous remercie pour votre bonne attention.

 

Ligny, le dimanche 31 mai 2009

 

 


DISCOURS DE PIERRE MIGLIORINI


Monsieur le Consul général,
Monsieur le Bourgmestre,
Commandant,
Mesdames et Messieurs les organisateurs,
Mesdames et Messieurs,

 

Je souhaiterais d’abord vous raconter un souvenir personnel : en juillet dernier, alors que j’étais avec ma famille chez Monsieur Ben Weider, à Montréal, en fin de rencontre il nous dit : « L’année prochaine, je dois venir en Europe pour l’inauguration d’une stèle que j’ai financée à Ligny… » Nous avions évoqué alors la possibilité de nous rencontrer à Biarritz, à la maison … Hélas, le destin en a décidé autrement et, le 17 octobre, le monde napoléonien apprenait avec une immense tristesse la perte de l’un de ses leaders attentif, chaleureux et, bien sûr, passionné et connu de tous.

 

Aujourd’hui, sa famille, bloquée à Montréal par la pose de la pierre tombale sur son tombeau, cérémonie prévue de longue date, sa famille m’a chargé, par l’intermédiaire de Rowayda Guirguis, assistante de monsieur Ben Weider, de les représenter ainsi que la Société Napoléonienne Internationale.

A cette occasion, je précise aussi que David Markham, nouveau président de la SNI, supervise les derniers préparatifs du 7e Congrès Napoléonien International, qui se tient la semaine suivante à Montréal… J’ai donc l’honneur de le représenter ici.

 

J’ai lu que Léon Ruquoy, bourgmestre de Ligny de 1965 à 1977, disait avec un certain humour : « Si vous recevez des amis français, ne commettez pas l’impair de leur faire visiter Waterloo sous peine de vous brouiller avec eux. Etonnez-les plutôt : avec beaucoup de tact, emmenez-les aux confins de la province du Namur, à Ligny, où le 16 juin 1815, soit deux jours avant Waterloo, Napoléon emporta sa dernière victoire. »

C’est ce même Léon Ruquoy qui sortit la bataille de Ligny de l’oubli !

 

Gageons que Monsieur Ben Weider, qui, comme me le rappelait au téléphone avant-hier, son assistante Rowayda Guirguis, était très heureux d’associer son nom à l’hommage rendu aux Grognards ayant remporté la dernière victoire sous les yeux de Napoléon lui-même, gageons donc, qu’après Léon Ruquoy, Ben Weider continuera ainsi à faire connaître encore d’avantage cet épisode de l’épopée impériale qui s’est tenu ici, à Ligny.

En ce jour de Pentecôte, ayons une pensée pour lui, il est avec nous.

 


Bref historique

Le projet d’érection d’une stèle aux vainqueurs de Ligny est aujourd’hui à sa phase finale. Malgré le décès du donateur, monsieur Ben WEIDER, président de la Société Napoléonienne Internationale (Canada), l’inauguration devrait pouvoir avoir lieu le dimanche 31 mai 2009.

La réalisation du monument et son installation ont été confiées aux Etablissements Didier ROUSSEAU, sis à Genval.

Le financement de la stèle a été pris en charge par Eric WEIDER, fils de Ben WEIDER. L’Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens et les Amis de Ligny ont apporté leur participation à cette réalisation.

Protocole

Mise en place et accueil

11h00 (X) Sortie de la messe en l’église de Ligny. Formation du cortège. Mise en place pour le cortège : Musique de la Garde en tête, suivie des drapeaux, du 1 er Régiment des Chasseurs à Pied de la Garde (Ligny), d’un détachement de reconstituants (à déterminer si existant), d’une délégation de la Marine française (bâtiment « le Géranium »), des autorités et invités constituant le cortège.

X + 05’ Départ du cortège avec en tête la Musique de la Garde.

Mise en place de deux gardes d’honneur pour présenter les armes aux autorités (si présent à fournir par le 24 e Régiment d’Infanterie Légère).

X + 10’ Halte aux Monument aux Morts des deux Guerres mondiales. Musique : Brabançonne et Marseillaise.

X + 15’ Mise en route du cortège vers le monument du Bicentenaire.

X + 20’ Halte, dépôt de fleurs et commémoration au Monument du Bicentenaire.

X + 25’ (11h20/25’) Accueil des VIP se garant près du monument (réserver un parking VIP). Deux administrateurs des Amis de Ligny au moins accueilleront les VIP et les présenteront aux autorités communales à l’arrivée du cortège. Accueil des autorités par le président, les membres du conseil d’administration et les personnalités collaboratrices.

Ces prévisions se déroulent alors que le cortège est au monument du Bicentenaire.

X + 25’ Mise en place de la Musique de la Garde et des drapeaux par le Maître de cérémonie), suivant le plan en annexe.

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité garde à vous »

Après exécution, commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Veillons au Salut de l’Empire »

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité reposez armes »

 

Inauguration de la Stèle aux vainqueurs de Ligny

 

X + 30’ Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Garde à Vous »

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité : Garde à vous »

Allocutions des diverses personnalités devant prendre la parole, en commençant par le Président des Amis de Ligny, suivi du délégué de la famille WEIDER, + (Liste ultérieure)

A la fin des discours…

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité : Présentez Armes »

Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Ouvrez le Ban »

Dévoilement de la Stèle par délégation B. WEIDER et consul général de France

Musique « Marche Consulaire »

Dépôts de fleurs par Consul général de France et Amis de Ligny

Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Aux Morts »

Minute de recueillement demandé par le Maître de cérémonie

Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : La Marseillaise »

Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Fermez le Ban »

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité : Portez Armes »

X + 45’ Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : en place pour le défilé »

Commandement par le Maître de cérémonie : « par unité : en place pour le défilé »

(Protocole du défilé : Musique, Drapeau du 1 er Régiment de Chasseurs à Pied de la Garde (Ligny) avec son escorte, suivi du détachement de l’unité, cortège des personnalités, second détachement (à déterminer si existant) pour clôturer le cortège officiel)

Le Maître de cérémonie invite les autorités à former le cortège.

Commandement par le Maître de cérémonie : « Musique : Pour le défilé en Avant … Marche »

X + 1 Hr Arrivée du cortège au lieu de l’apéritif. Fin des activités protocolaires.

 


Discours de Jean-Claude Damamme  

Au nom de Ben Weider

 

Normalement, je devais être des vôtres aujourd’hui pour me faire l’ambassadeur de mon ami Ben. Des raisons personnelles, dont j’ai fait part à M. Michel Lefebvre, m’en empêchent, et j’en suis fort triste. C’est la raison pour laquelle je l’ai prié de vous lire en mon nom ce petit texte, car, même éloigné, je voulais être présent par la pensée.

Triste, je le suis pour au moins deux raisons.

- La première, parce que Ligny, aux yeux du napoléonien « pur » que je suis – et l’on m’en fait souvent reproche – est un lieu qui m’est cher, même si, bien évidemment, je n’ai garde d’oublier que des hommes s’y sont battus férocement, et parmi eux des soldats belges et leurs camarades français. On ne s’amuse pas sur un lieu qui a vu la souffrance, car je n’apprendrai à personne ici que l’Empereur a remporté sur cette terre sa, hélas, dernière victoire, qui aurait dû être suivie d’une autre, décisive celle-là, deux jours plus tard.

Le caractère ultime de cette victoire de Ligny lui confère une grandeur tragique.

- La deuxième, parce que, en ma qualité de représentant de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal, mais plus encore en tant qu’ami personnel de celui grâce à la générosité duquel ce monument a pu être érigé, j’aurais dû, comme je l’ai dit, être ici parmi vous. Pour vous parler de Ben. Peut-être le ferai-je un jour si l’occasion s’y prête.

Ben et moi avons souvent discuté de ce monument, dont il m’avait envoyé les plans pour connaître mon opinion. Il se faisait une joie de participer avec vous à ce moment d’émotion, car il était très heureux et très fier de vous offrir et d’offrir aux héros du 16 juin de 1815 ce que, dans sa générosité, il ne considérait que comme un tribut de reconnaissance envers ceux qui s’était battus pour et aux côtés de l’homme pour lequel lui-même s’était beaucoup battu: Napoléon.

Profitant de toute évidence du décès de Ben, deux adversaires emblématiques de la thèse de l’empoisonnement viennent de publier un livre dans lequel – je l’ai lu par devoir non par plaisir – ils ridiculisent à leur manière habituelle cette thèse qui dérange. Je ne vous rappelle donc que pour mémoire cette lutte que Ben a menée avec persévérance pour démontrer, par les voies de la science servie par les plus grands toxicologues, que l’Empereur déporté à Sainte-Hélène avait été empoisonné à l’arsenic, lutte dont je me suis fait en quelque sorte le porte-voix, ici même notamment.

Ces gens refusent que cette thèse soit acceptée et reconnue. Pourquoi? Telle est la question à laquelle Ben et moi, et tous ceux qui la connaissent n’ont jamais obtenu de réponses, sauf sous la forme de sarcasmes et d’analyses biaisées reprises avec un ensemble touchant par les médias. C’est ce qui se produit en ce moment pour cet ouvrage. En revanche, pour la vérité, règne la loi du silence, et mes réactions ont toutes été censurées.

J’ai senti la colère monter en moi lorsque M. Lefebvre m’a appris que l’un des auteurs allait donner une conférence à Waterloo pour étaler avec aplomb et complaisance ses mensonges et ses manipulations ordinaires.

J’y vois une grave insulte faite, déjà aux scientifiques qui ont procédé aux analyses, mais surtout à la mémoire du défunt président-fondateur de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal et de son combat désintéressé. Leur démarche n’est ni élégante ni courageuse – le contraire m’eût étonné – car, privée de son âme, la SNI et son site dont les dernières statistiques faisaient état de plus de 270 000 visiteurs par mois, ont perdu leur force et leur puissance de combat. C’est donc une autoroute qui s’ouvre devant ces détracteurs, qui ne pourront abuser que ceux qui ne connaissent pas le dossier. Mais c’est malheureusement le cas de la plupart.

À ce sujet, je tiens à remercier très chaleureusement, en mon nom et, je puis le dire, au nom de Ben, les « Amis de Ligny » d’avoir eu, eux, le courage et l’élégance de refuser d’associer leur nom à cette opération.

Ben, je le sais car j’étais très proche de lui, vous aimait beaucoup, et il me parlait souvent de vous. Il respectait infiniment votre dévouement à la mémoire de Napoléon, votre droiture et votre désintéressement.

Aux yeux du Français que je suis, contraint de constater avec aversion toutes les formes du mercantilisme napoléonien le plus éhonté, vous constituez une exception rare, et ce pléonasme est délibéré.

Pour m’en tenir à lui, mais ceci s’adresse à tous les « Amis de Ligny », j’en remercie chaleureusement le colonel Couvreur que je suis heureux de saluer, fût-ce d’une manière lointaine.

Bien sûr, Ben est, en ce jour, invisible, mais, j’en suis certain, lui vous voit et vous entend, de même que moi j’entends sa voix aux riches accents québécois vous dire: « Merci, mes amis », et, avec ses mêmes accents, je vous transmets ces mots qu’il me disait souvent, lorsque, parfois, le découragement me gagnait devant la perfidie de nos peu honorables adversaires:

« Jean-Claude, il ne faut jamais baisser les bras ».

Je continue de suivre sa recommandation, et je sais qu’ici, à Ligny, elle sera pieusement suivie.

Merci à tous au nom de la mémoire de Ben.

 

Jean-Claude Damamme.



Ben Weider, O.C., C.St.J, C.Q., Ph.D.

 

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« Stèle aux vainqueurs de Ligny »

 

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