«  Le crime de Napoléon »
Ou l’exquise modestie de
M. Claude Ribbe

par Jean-Claude Damamme

 

 

M. Claude Ribbe n’est pas de ces personnages qu’il nous est agréable d’évoquer sur ce site.

Rappelons, en effet, à ceux de nos 178 027 visiteurs (statistiques du mois de novembre), qui auraient le tort de l’ignorer, que M. Ribbe est l’auteur du livre – vocable utilisé par considération pour ces mêmes visiteurs – ou, comme l’a si bien écrit le grand historien, académicien français, et membre du Haut Comité des célébrations nationales, M. Pierre Nora, d’un « pamphlet sans queue ni tête » (ce qui est encore fort courtois) : « Le Crime de Napoléon ».

Rappelons aussi que M. Ribbe semble avoir prêté sa plume au général Aussaresses pour qu’il puisse conter sur le papier son passé de tortionnaire au cours de la guerre d’Algérie.

Que l’on nous permette de regretter que l’auteur de ce pamphlet antinapoléonien nauséabond (1) n’ait pas jugé bon de mettre son extrême (et toute désintéressée) sensibilité au service des victimes du général ci-dessus mentionné. Évidemment, M. Ribbe ne faisait, se serait-il « disculpé », que son travail de « rewriter » pour le compte de son éditeur.

Pourtant, dans cette France, héritière du « criminel » Napoléon, chacun a, que je sache, le droit de refuser une tâche qui heurte sa conscience ou ses convictions.

Nous ne reviendrons, ni sur le contenu, ni sur la philosophie (sic) de cet ouvrage, car cela reviendrait à lui faire une publicité bien déplacée sur ce site, et d’autant plus superflue qu’elle ne lui a pas fait défaut, tant il est vrai que, dans ce pays, cracher sur Napoléon est le gage d’un triomphe médiatique assuré.

En fait, il semblerait que l’écriture de ce « livre » ait été décidée afin de faire échec à un projet de loi déposé par un député soucieux de mettre en lumière quelques aspects positifs de la colonisation française, projet peut-être maladroitement ou hâtivement rédigé. Dans ces conditions, s’en prendre à dessein à l’homme qui est justement le plus célèbre de l’Histoire de France, c’était s’assurer une victoire facile, mais peu glorieuse.

 

Sur ce sujet délicat, avancer – prudemment, comme il convient en ces temps de repentance hystérique - que cette période de l’Histoire de notre pays a pu éventuellement avoir quelques effets bénéfiques, ne serait-ce que par tout ce qu’il a laissé dans ses anciennes colonies (décolonisées) : écoles, hôpitaux, routes, ports, aéroports, etc. etc., ce n’est pas obligatoirement faire preuve d’ingénuité. La politique de la terre brûlée n’est pas dans les mœurs de la France.

Dommage ! Cela donnerait à ses détracteurs, dont celui que nous évoquons ici, matière à d’amples envolées.

Alors, si M. Ribbe n’est pas le bienvenu sur ce site, pourquoi parler de lui ?

Parce que nous nous soucions de sa santé morale, son ego semblant ne plus connaître de bornes.

Ainsi, dans une lettre adressée le 8 décembre à M. Jacques Chirac, Président de la République, à propos d’une affaire mettant en cause un animateur de la télévision française, M. Ribbe écrit :

« … J’ose à présent vous dire, Monsieur le Président, que les Ultramarins sont fatigués de ce mépris et de ces amalgames. Ils sont fatigués des réactions frileuses des pouvoirs publics lorsque les vraies questions d’histoire sont posées (ainsi la glorification quasi-officielle de Napoléon jusqu’à ce que j’y mette, par ma seule plume, un point d’orgue il y a un an)… » 

Cette offensive contre la « glorification quasi officielle de Napoléon » – glorification, qui, n’en déplaise à l’auteur de cette lettre, eût été pleinement justifiée – a effectivement débouché sur le « passage à la trappe » de la commémoration d’Austerlitz.

Victoire, soulignons-le, non pas de la tête de Turc de M. Ribbe, mais de la France attaquée - et je souligne attaquée - par deux des monarchies les plus puissantes du temps : l’Autriche et la Russie.

 

« Par ma seule plume », écrit M. Ribbe dans son adresse au Président Chirac.

Quel pouvoir ! Et quelle modestie !

Loin de nous l’idée de vouloir peiner M. Claude Ribbe, mais il nous paraît que sa « victoire » - chacun a les Austerlitz qu’il peut - soit bien davantage l’effet de l’injustifiable pusillanimité du gouvernement français que celui de la puissance de sa « seule plume».

En toute logique, M. Ribbe, pour qui le tortionnaire obscur de la guerre d’Algérie fut moins rentable que Napoléon, devrait donc, en dépit de son désintéressement bien connu, se montrer reconnaissant envers l’auteur du « crime ».

De cette piteuse affaire bien « de chez nous », et qui n’est à l’honneur de personne, on peut tout de même tirer une leçon dont nous espérons qu’elle se révélera profitable à beaucoup.

Que ceux d’entre vous qui seraient éventuellement en quête d’une fonction susceptible de combler une modeste ambition personnelle fassent comme M. Ribbe : crachez sur Napoléon, insultez-le, même, et de préférence, avec des arguments ineptes et bas, et la France ne manquera pas d’exaucer votre vœu en vous nommant à un poste (supposé) flatteur.

Ce fut le cas pour M. Claude Ribbe, qui s’est vu ainsi récompenser de son « anti-napoléonisme » grossier par une nomination par décret au Journal officiel du 10 novembre (2005) à la Commission nationale consultative des droits de l'homme !

 

Jean-Claude Damamme
Écrivain – Historien
Membre de la Société des Gens de Lettres
Membre de l’Association des Écrivains Combattants
Représentant pour la France de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal

 

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(1) Je recommande absolument de lire, sur ce sujet , l’article réellement remarquable de M. Pierre Branda, membre du Souvenir Napoléonien (délégation des Alpes-Maritimes), publié en décembre 2005 sur le site de la Fondation Napoléon : napoleon.org. On peut également bien évidemment prendre connaissance de ce travail sur le site napoleon1er.com

 

 

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