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ANTHELME BALTHASAR RICHERAND
(1799-1840)

Par Xavier Riaud(*), FINS, Médaille d’honneur de l’INS,
Legion of Merit de l’INS

Anthelme Balthasar Richerand, © BIUS (Corlieu, 1896).

 

Il est né le 4 février 1779 à Belley. D’une famille de notaires, il est orphelin de père très jeune. Elève du collège de Belley, il est condisciple de Récamier. En 1794, il s’inscrit à l’Ecole de santé de Paris nouvellement créée. Son talent de rédacteur le fait remarquer très vite ainsi que la pertinence de ses remarques. C’est à cette époque, qu’à partir des leçons de ses professeurs, il rédige un petit opus intitulé Analyses raisonnées. Démuni, il donne des cours d’anatomie et de physiologie, ce qui lui permet de couvrir tous ses besoins. Il soutient sa thèse de doctorat, le 2 août 1799 (http://fr.wikipedia.org (a), 2012).

Grâce au soutien de proches, il évite l’armée et peut publier en 1801, un ouvrage intitulé Les nouveaux éléments de physiologie qui connaît 10 éditions ultérieures et est traduit dans plusieurs langues. C’est un succès considérable. Pourtant, une polémique est déclenchée auprès des élèves de Bichat récemment décédé puisque ce livre remet en question certains préceptes de son Traité des membranes (1800-1801) (Dupont, 1999). Le 28 frimaire de l’an IX, Richerand affecté à l’hospice du nord (futur hôpital Saint-Louis) en tant que chirurgien adjoint. Un an plus tard, c’est comme chirurgien de 2nde classe. Entre 1805 et 1806, Il publie son traité de Nosographie chirurgicale où il affirme avec véhémence la prépondérance de la chirurgie sur la médecine (http://fr.wikipedia.org (a), 2012).

Le 24 juillet 1806, il est promu chirurgien major de la Garde de la capitale. Un décret impérial signé en 1807 fait de lui, le titulaire de la chaire de pathologie chirurgicale à la future Faculté de médecine. Sa carrière est son unique préoccupation, au point qu’il occulte ce qui se passe autour de lui. Pourtant, c’est à cette époque qu’il rencontre Cabanis et devient son ami (Dupont, 1999).

En 1814, il se distingue durant la bataille de Paris. En août, il est fait chevalier de la Légion d’honneur. A la première Restauration, l’hôpital Saint-Louis est dévolu aux blessés de toutes nationalités. Richerand se dévoue sans compter pour les soigner et combat avec vigueur une épidémie de typhus qu’il enraye (Dupont, 1999). Il reçoit, de Louis XVIII, des lettres de noblesse, le 16 février 1815. Le même roi, le choisit comme son chirurgien personnel (http://fr.wikipedia.org (a), 2012).

Sa réputation n’est plus à faire et ses travaux prolifèrent entre 1815 et 1820. Il est logiquement élu en tant que membre titulaire de l’Académie royale de médecine en 1820, dès sa création (Dupont, 1999).

En 1825, dans son livre Histoire des progrès récents de la chirurgie, il se livre ouvertement à de nombreuses critiques contre plusieurs chirurgiens français, dont Dupuytren qui est déjà en train d’écrire sa légende. La polémique fait rage au sein de l’Académie, de la Faculté de Médecine où les invectives se multiplient et choquent le monde de la médecine. Richerand, dans le même manuscrit, n’hésite pas à afficher son attirance pour les sciences anglaises et ses acteurs, ce qui contribue dans une large mesure à son discrédit public (http://fr.wikipedia.org (a), 2012).

Chirurgien consultant de Louis XVIII à partir de 1824, puis de Charles X, il reçoit une baronnie par ordonnance royale en date du 29 octobre 1829. Il décide de prendre du recul par rapport à la médecine et se consacre dès lors à la littérature. Il se retire à Villecresnes où il lui arrive de recevoir des membres de l’Académie française (Dupont, 1999). Il décède le 23 janvier 1840 et est enterré à Villecresnes. Selon sa dernière volonté, aucun hommage ne sera prononcé (http://fr.wikipedia.org (a), 2012). Révéillé-Parise, autre médecin l’ayant bien connu, en particulier lors des sessions de l’Académie de médecine, dit de lui, sans aucune nuance : « Doué pour arriver à la célébrité, il a été arrêté de bonne heure par la jalousie vis a vis des chirurgiens occupant le premier rang de la scène scientifique : il n’a recueilli que la mélancolie, le pessimisme et le découragement auxquels on peut attribuer les sentiments peu honorables qu’il a professé sur son pays ; s’il fut un opérateur habile, il ne put jamais atteindre à la grande notoriété chirurgicale ».

Une avenue de Paris porte son nom depuis 1851. Elle est située proche de l’hôpital Saint-Louis (http://fr.wikipedia.org (a), 2012).

Publications (http://fr.wikipedia.org (a), 2012):
- Dissertation anatomico-chirurgicale sur les fractures du col du fémur Paris, Crapelet An VII (1799) ;
- Nouveaux éléments de physiologie, (1801) ;
- Nouveaux éléments de physiologie, (1802) ; 
- Leçons sur les maladies des os (1805) ;
- Des erreurs populaires à la médecine (1809) ;
- Nosographie chirurgicale, ou nouveaux élémens de pathologie, Caille & Ravier, Paris, 1815 ;
- De l'enseignement actuel de la médecine et de la chirurgie (1816) ;
- Ambroise Paré, le Plutarque français, 1815-1825 ;
- Histoire des progrès récens de la chirurgie , Béchet jeune (Paris), 1825 ; 
- Des officiers de santé et des jurys médicaux (1834) ;
- De la population dans ses rapports avec la nature des gouvernements (1837).

Joseph-Henri Réveillé-Parise (1782-1852)
Il est né à Nevers. Il commence ses études de médecine à Paris. Il entame ses études en 1802, mais doit les interrompre pour effectuer son service militaire qui l'entraîne sur tous les champs de bataille d'Europe, jusqu'à Waterloo. Il soutient sa thèse, dans la capitale, en 1816. Puis, il est nommé médecin de l'hôpital militaire du Gros-Caillou à Paris, puis chirurgien-major de la gendarmerie d'élite. En 1823, il est reçu à l'Académie royale de Médecine (http://fr.wikipedia.org (b), 2012). Ses travaux sur les maladies professionnelles sont reconnus (Dupont, 1999).

 

Publications :

- Hygiène oculaire, 1816
- Physiologie et hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit, 1834
- Guide pratique des goutteux et des rhumatisants, 1837
- Étude de l'homme dans l'état de santé et l'état de maladie, 1844
- Traité hygiénique, médical et philosophique de la Vieillesse, 1852

On lui doit également une édition des Lettres de Guy Patin.
 
Références bibliographiques :

Bibliothèque interuniversitaire de Santé (BIUS), communication personnelle, Paris, 2012.
Corlieu Auguste, Centenaire de la Faculté de Médecine de Paris (1794-1894), Alcan – Baillère – Doin – Masson (éd.), Paris, 1896.
Dupont Michel, Dictionnaire historique des Médecins dans et hors de la Médecine, Larousse (éd.), Paris, 1999.
http://fr.wikipedia.org (a), Anthelme Balthasar Richerand, 2012, pp. 1-4.
http://fr.wikipedia.org (b), Joseph Henri Réveillé-Parise, 2012, p. 1.

 

 

(*) Docteur en chirurgie dentaire, Docteur en épistémologie, histoire des sciences et des techniques, Lauréat et membre associé national de l’Académie nationale de chirurgie dentaire, membre libre de l’Académie nationale de chirurgie.

 

 

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MÉDECINE SOUS L'EMPIRE