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JACQUES LISFRANC DE SAINT-MARTIN
(1790-1847)


Par Xavier Riaud(*), FINS, Médaille d’honneur de l’INS,
Legion of Merit de l’INS

Jacques Lisfranc de Saint-Marin (1790-1847), © BIUS (Corlieu, 1897).

 

Il naît le 2 avril 1790 à Saint-Paul-en-Jarez. Issu d’une famille de médecins, il trouve vite sa vocation. Très jeune, il entre dans le service de santé militaire. En 1814, il s’installe dans la capitale. Il a laissé son nom à la désarticulation tarso-métatarsienne dont il publie les résultats en 1815. Son travail est intitulé Nouvelle méthode opératoire (dite de Lisfranc) pour l'amputation partielle du pied dans son articulation tarso-métatarsienne. Utilisée pour amputer un pied, il laisse ainsi une plus large base de sustentation. Son nom est aussi associé à une technique de désarticulation de l’épaule (Dupont, 1999). Il devient professeur en 1823, puis chirurgien en chef de la Pitié en 1824. Ses cours de clinique attirent la foule, autant que par son habileté à opérer, qui lui vaut une immense clientèle. Il est fréquemment consulté pour les lésions des femmes. Son Mémoire sur la rhinoplastie est lu à la séance annuelle de l'Académie royale de Médecine en 1828 (http://fr.wikipedia.org, 2012).

Sa Clinique chirurgicale est publiée en 1842 en 3 volumes. Puis, il fait paraître un Précis de Médecine opératoire de 1845 à 1848, en 3 volumes, le troisième étant achevé posthume par Antoine-Joseph Jobert de Lamballe, professeur d’anatomie à partir de 1831, chirurgien, gynécologue, membre de l’Académie de Médecine en 1840 et de l’Académie des Sciences en 1856 (http://fr.wikipedia.org, 2012).

Dans La Débâcle (1892), Émile Zola décrit la désarticulation de l'épaule d'un blessé de Sedan selon la méthode de Lisfranc : « Cette fois, il s'agissait de la désarticulation d'une épaule, d'après la méthode de Lisfranc, ce que les chirurgiens appelaient une jolie opération, quelque chose d'élégant et de prompt, en tout quarante secondes à peine. Déjà, on chloroformait le patient, pendant qu'un aide lui saisissait l'épaule à deux mains, les quatre doigts sous l'aisselle, le pouce en dessus. Alors, Bouroche, armé du grand couteau long, après avoir crié: « Asseyez- le! », empoigna le deltoïde, transperça le bras, trancha le muscle; puis, revenant en arrière, il détacha la jointure d'un seul coup; et le bras était tombé, abattu en trois mouvements. L'aide avait fait glisser ses pouces, pour boucher l'artère humérale. «Recouchez-le!» Bouroche eut un rire involontaire en procédant à la ligature, car il n'avait mis que trente-cinq secondes. Il ne restait plus qu'à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu'une épaulette à plat. Cela était joli, à cause du danger, un homme pouvant se vider de tout son sang en trois minutes par l'artère humérale, sans compter qu'il y a péril de mort, chaque fois qu'on assoit un blessé, sous l'action du chloroforme. »

Il est un des premiers à effectuer l’exérèse du cancer du rectum, la lithotomie chez les femmes et l'amputation du col de l’utérus. Il met enfin au point une technique d’amputation de la mâchoire supérieure. Il meurt à Paris, le 13 mai 1847. Il est enterré au cimetière de Montparnasse. Sa tombe est ornée d’une statue en bronze qui le représente au cours d’une leçon clinique (Dupont, 1999).

 

Références bibliographiques :

Bibliothèque interuniversitaire de Santé (BIUS), communication personnelle, Paris, 2012.
Corlieu Auguste, Centenaire de la Faculté de Médecine de Paris (1794-1894), Alcan – Baillère – Doin – Masson (éd.), Paris, 1896.
Dupont Michel, Dictionnaire historique des Médecins dans et hors de la Médecine, Larousse (éd.), Paris, 1999.
http://fr.wikipedia.org, Jacques Lisfranc, 2012, pp. 1-2.


 

(*) Docteur en chirurgie dentaire, Docteur en épistémologie, histoire des sciences et des techniques, Lauréat et membre associé national de l’Académie nationale de chirurgie dentaire, membre libre de l’Académie nationale de chirurgie.

 

 

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LA MÉDECINE SOUS L'EMPIRE