Donald Horward, distingué professeur d’histoire napoléonienne à la Florida State University (FSU), est prêt pour la retraite



par Barry Ray, Juin 2005

Professeur Donald Horward

 

Il a consacré la plus grande partie de sa carrière à étudier l’un des plus grands personnages de l’histoire et, ce faisant, il est lui-même passé à l’histoire. Aujourd’hui, 44 ans plus tard, après avoir rédigé et corédigé des douzaines de volumes et d’articles, après avoir enseigné à des milliers d’étudiants et reçu bon nombre d’honneurs, le professeur d’histoire de renommée mondiale de la FSU, Donald D. Horward, quitte la FSU pour la retraite.

 

« Ce fut une carrière extraordinaire », affirme le Dr Horward, éminent chercheur universitaire de la chaire Ben Weider en histoire napoléonienne et directeur de l'Institut d'histoire napoléonienne et de la Révolution française de la FSU. « J’ai enseigné à quelque 16 000 étudiants ici. J’ai adoré travailler avec eux et recevoir tant d’honneurs. »

 

Dr Horward a presque à lui seul forgé la notoriété de la FSU : l’université est aujourd’hui la plus importante de toute la nation pour son étude de la Révolution française et de l’histoire napoléonienne. Lorsqu’il est arrivé à la FSU en 1961, le Dr Horward a dit que la bibliothèque scolaire comptait moins de 200 volumes sur la Révolution française et sur Napoléon Bonaparte, magistral général et empereur des Français décédé en 1821. Avec les années, le Dr Horward a fait de cette collection l’une des plus exhaustives aux États-Unis avec presque 20 000 titres différents réunis sous les thèmes de Napoléon et de la Révolution française à la bibliothèque Strozier de la FSU. « Lorsque les chercheurs désirent effectuer une recherche sur ce sujet, d’où qu’ils soient dans le monde, ils viennent à la FSU », mentionne-t-il.

 

Avec le Dr Horward comme principal bailleur de fonds, l’Institut d'histoire napoléonienne et de la Révolution française a formellement été mis sur pied en 1990 à la FSU. Depuis, ce département d’étude a décerné presque deux fois plus de doctorats que celui de l’université la plus près.

 

« Sans aucun doute, notre programme Napoléonien est le plus dynamique aux États-Unis », affirme Joseph Travis, doyen intérimaire du College of Arts and Sciences de la FSU. « Et cela est en grande partie grâce au travail du Dr Donald Horward. » Mais, pourquoi Napoléon? Pourquoi ce personnage décédé depuis près de deux siècles captive-t-il autant le Dr Horward et ses étudiants?

 

« Son héritage est immense. Il a changé la guerre. La guerre qui sévit aujourd’hui en Iraq est celle développée par Napoléon, dit-il. Les étudiants des collègues militaires aux États-Unis étudient encore les stratégies militaires de Napoléon. »

 

« En plus de ses exploits militaires, Napoléon a contribué, de mille et une façons, à la formation du monde moderne, ajoute le Dr Horward. Il était un brillant politicien et administrateur. Le Code Napoléon (système de droit), notre système éducatif, nos transports (systèmes routiers???) et nos services sociaux modernes sont tous des innovations de Napoléon et elles ont eu un impact extraordinaire sur le monde d’aujourd’hui. Il n’était pas qu’un conquérant, mais aussi un homme qui comprenait la vie. »

 

La carrière du Dr Horward a elle-même été marquée par les honneurs et les réalisations. Il a reçu sept prix universitaires de la FSU, y compris son premier prix Distinction en enseignement (1990), trois prix d’Excellence en enseignement (1988, 1994 et 1997) et son premier prix Mentor exceptionnel en faculté supérieure (2005). Il a également occupé 15 chaires universitaires dans les universités américaines; il a prononcé plus de 220 conférences et allocutions dans diverses universités et sociétés savantes aux États-Unis, en France, en Angleterre, au Portugal, en Espagne, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en République tchèque, en Hongrie, en Russie et en Iran; il a rédigé, corédigé ou collaboré à la rédaction de 30 volumes et a publié plus de 50 articles dans des revues spécialisées; il a cofondé le Consortium sur l’Europe révolutionnaire, la principale société savantes dans ce domaine, et y a exercé la fonction de directeur pendant 35 ans. De plus, il a dirigé un nombre record de mémoires de maîtrise et de thèses de doctorat, soit 97, plus ceux qui seront complétés cet été.

 

Décoré par le président du Portugal et reconnu par d’autres pays, le Dr Horward chérit plus que tout l’honneur d’avoir été nommé Chevalier de la Légion d’honneur, le titre civil le plus élevé en France instauré par Napoléon lui-même en 1802. Lorsqu’il a reçu la médaille de la Légion d’honneur en 2002, il a dit « C’est le moment le plus marquant de ma carrière. C’est le plus grand honneur que les Français puissent donner. » Un titre que seuls quelques rares professeurs américains partagent.

 

« Ce sera une retraite active », affirme le Dr Horward en parlant de ses plans pour l’avenir. Sa première tâche sera de terminer son dernier livre ainsi que d’enseigner des cours d’histoire militaire tous les mois d’août au Collège U.S. Marine War College à Quantico, en Virginie, et de donner des conférences périodiques à l’Académie militaire américaine de West Point, à New York. Sa femme Annabel et lui prévoient partager leur temps entre leur maison de Tallahassee et celle de l’Ohio.