Le Maréchal Ney
est-il mort en Amérique ?

par Pascal Cazottes, FINS



Voilà un titre qui va faire bondir tous ceux qui croient que l’Histoire est écrite une bonne fois pour toutes. Mais, à vrai dire, que connaissons-nous véritablement du passé, à part ce qu’on a bien voulu laisser à la vue de tous ? L’Histoire a pourtant ses « dessous », d’une importance capitale puisqu’ils génèrent directement la grande Histoire. Ainsi, nul ne s’étonne de la stupéfiante bataille de Valmy, trouvant tout à fait naturel qu’une armée aguerrie fasse demi-tour après avoir entendu les premiers coups de canon. On oublie un peu trop facilement qu’il ne peut y avoir d’effet sans cause. Partant de ce principe, l’attitude des Prussiens à Valmy apparaît comme complètement incompréhensible… Sauf si l’on sait que le franc-maçon Danton avait organisé cette mascarade avec son « frère » Brunswick, lequel s’était enrichi, au passage, d’un beau diamant provenant de la Couronne de France !

En ce qui concerne la mort du Maréchal Ney, d’aucuns rétorqueront que l’on possède un compte-rendu de son exécution, et que des officiers britanniques étaient présents lorsque le peloton a fait feu. Ah oui ? Et qu’est-ce que cela prouve ? Les témoins ont très bien pu être trompés par une habile mise en scène, comme certains observateurs pouvaient également être dans la confidence de la tromperie organisée.

Le lecteur pourra aussi s’interroger sur les motifs qui nous poussent à croire que le Maréchal n’est pas décédé comme il est dit dans les livres d’Histoire. En vérité, la question ne se serait même pas posée si, aux Etats-Unis, un homme du nom de Peter Stuart Ney n’avait avoué une autre identité, celle du célèbre Maréchal de France.

 

Nous sommes le 15 novembre 1846. Un vieux professeur respecté de tous se meurt dans le comté de Rowan, en Caroline du Nord. Allongé sur son lit de mort, il trouve la force de dire quelques mots aux amis qui l’entourent : « I will not die with a lie on my lips. I am marshall Ney of France » (Je ne veux pas mourir avec un mensonge sur les lèvres. Je suis Ney, maréchal de France). On peut imaginer le trouble, sinon la stupéfaction, qui envahit aussitôt l’assistance. Un mourant vient de leur avouer qu’il n’est pas celui qu’il a toujours prétendu être. Mais qu’a-t-il prétendu au juste ? Et que sait-on vraiment de lui ? En fait, ses origines sont aussi mystérieuses que ses dernières paroles.

Peter Stuart Ney semble être apparu aux Etats-Unis comme par enchantement. Un jour de 1819, un homme âgé de cinquante ans se présente dans le petit village de Cheraw (*), en Caroline du Sud, afin de postuler pour un poste d’instituteur qu’il sait être vacant. De son passé, il conserve le plus grand secret. Il admet simplement avoir été militaire en France, et avoue une grande sympathie pour Napoléon. A côté de cela, les compétences qu’il affiche, notamment en latin, grec et mathématiques, font assurément de lui un candidat idéal. De plus, ce gaillard de grande prestance en imposera sûrement aux élèves. Il est donc engagé, et les espoirs mis dans sa personne sont bientôt satisfaits.

Le Collègue Davidson

Faisant montre d’une immense culture, il fait, en outre, régner dans sa classe une discipline toute militaire. Lorsqu’ils récitent leurs leçons, ses élèves doivent se mettre au garde-à-vous, et gare à celui qui ne s’exécute pas. Ainsi que se l’est rappelé un de ses anciens élèves qui avait eu la malencontreuse idée de rester les talons écartés : « Il vint alors vers moi et me marcha sur le pied avec une telle force que je n’oubliai jamais la leçon. » Mais pour intransigeant qu’il est, Peter Stuart Ney montre également de grandes qualités de justice et d’honneur.

Etant, un jour, conduit à mener une enquête sur le vol de plusieurs melons d’eau, il se livre à l’interrogatoire de quelques élèves soupçonnés du larcin. Aux questions posées à l’un d’eux, il se voit répondre : «  Je connais ceux qui ont fait ça, mais je ne peux pas les trahir ». Bien loin de punir l’élève qui refuse de parler, il le félicite et l’encourage même dans sa prise de position : « Tu as raison. J’espère que tous imiteront ton silence. »

 

Admiré pour ses prédispositions à l’enseignement, Peter Stuart Ney l’est aussi pour ses autres talents. On se plaît à l’entendre jouer de la flûte, instrument qu’il n’oublie jamais d’emporter avec lui, comme on apprécie tout autant son don de dessinateur. Du reste, lorsqu’il aura quitté la Caroline du Sud pour la Caroline du Nord, le Collège de Davidson aura recours à ses services pour la création de son sceau (en 1840). Mais c’est dans le domaine militaire que ses aptitudes sont le plus remarquées. De sorte qu’on ne tarde pas à lui confier l’entraînement de la milice « The Rowan Militiamen ». Le lieu où cette milice s’exerça aux diverses manœuvres, est encore visible de nos jours : situé entre Stateville et Salisbury, il jouxte la grande route n° 10.

Peter Stuart Ney est, en outre, un cavalier émérite, connaissant particulièrement bien les chevaux. Quant au maniement du sabre, celui-ci n’a plus de secret pour lui, comme un professeur d’escrime en fera amèrement l’expérience. Ce dernier, venu enseigner son art aux élèves de Ney, propose à leur enseignant un combat amical dont il sort vaincu. Humilié, mais rempli d’admiration pour son valeureux adversaire, le maître d’armes déclare aux élèves : « Vous avez là un maître, vous n’avez pas besoin de moi ». La réputation d’escrimeur de Peter Stuart Ney s’étant répandue, un officier vient lui présenter son sabre dont il est particulièrement fier. A la vue de l’arme blanche, Peter Ney s’en saisit tout en disant à l’officier : « Jadis, j’avais une lame de Damas tellement souple qu’on pouvait la plier en deux ! » Mais comme il veut joindre le geste à la parole, la lame se brise, au grand dam de son propriétaire.

En l’année 1822, Peter Stuart Ney gagne la Caroline du Nord, où un autre poste de professeur lui est offert dans le petit bourg de Mocksville. Désormais fidèle à cet Etat, il y finira ses jours. Son existence sera néanmoins ponctuée par plusieurs mystérieux voyages dont les destinations demeurent inconnues. Non moins énigmatiques sont les nombreuses lettres reçues et aussitôt dissimulées par Peter Ney. Son comportement intrigue au plus haut point, incitant à l’indiscrétion. Aussi, de temps à autre, quelques curieux viennent à l’interroger sur ses origines, questions auxquelles il répond non sans malice (« L’obscurité est ma gloire », « Je ne suis pas inscrit sur le registre commun des hommes »), laissant ainsi ses interlocuteurs dans la même perplexité que celle où ils étaient auparavant.

 

Finalement, Peter Stuart Ney pousse son dernier soupir en l’an de grâce 1846, à Rowan Mills, dans la demeure d’un de ses amis (Osborne Giles Foard) qui l’hébergeait dans le temps de sa retraite. Malgré ses révélations de la dernière heure, son entourage ne sait trop que penser. On procède au tri de ses affaires, mais on ne trouve véritablement aucune preuve solide venant accréditer ces incroyables propos. Cependant, la visite de sa bibliothèque, particulièrement bien fournie, contribue à épaissir encore le mystère. Sachant que l’homme avait été un grand érudit et un lecteur assidu, il n’y a rien d’anormal à découvrir autant d’ouvrages. Le grand nombre de livres ayant trait à la période du 1 er Empire, apparaît également comme parfaitement logique. Ne s’était-il pas posé en admirateur de Napoléon ? Beaucoup plus étranges sont, par contre, les annotations faites en marge de ces mêmes ouvrages. Ainsi, dans « La Vie de Napoléon » de Sir Walter Scott, un passage prenant place lors de la Retraite de Russie a attiré l’attention de Peter Stuart Ney. Walter Scott rappelait la demande d’un officier russe à l’adresse du maréchal Ney, l’enjoignant à se rendre. Michel Ney ayant répondu qu’un « maréchal de France ne se rend jamais », l’auteur ajouta que l’officier russe se retira après avoir essuyé le refus de Ney. N’étant pas d’accord avec cette conclusion, Peter Stuart Ney écrivit juste en face : « L’officier n’eut pas la peine de se retirer, car, pendant les pourparlers, une volée d’obus fut tirée d’un canon russe et, de ce fait, l’officier fut désarmé et retenu prisonnier à cause de cette violation du court armistice. » Comment Peter Stuart Ney pouvait-il connaître pareil détail ? Etait-il présent aux côtés du maréchal au moment des faits, lui avait-on raconté cet épisode, ou bien en était-il le principal acteur ? Bien plus troublant est le dessin découvert dans l’ouvrage de Laurent de l’Ardèche, « History of Napoléon ». Le livre en question comportant une représentation du maréchal Ney, Peter crut bon d’en ajouter une autre de sa propre main, et toujours dans la marge. A la suite de son croquis, il écrivit ces quelques mots : « Ney par lui-même » et « il fut chauve ». Et n’oublions pas le « Cicero Select Orations » où fut trouvé le nom de « Neubourg » écrit de différentes façons. Or, il s’avère que « Neubourg » est le nom figurant sur le passeport délivré par Fouché au maréchal Ney, juste après Waterloo, lorsque ce dernier avait fait part de son intention de se rendre aux Etats-Unis d’Amérique. Curieuse coïncidence, n’est-ce pas ?

 

Mais il existe bien d’autres faits et points communs qui peuvent nous amener à penser que Peter Stuart Ney et Michel Ney étaient une seule et même personne. En voici quelques-uns livrés à la sagacité du lecteur :

- Peter et Michel avaient le même nom : Ney. Bien entendu, cela ne constitue nullement une preuve, mais on peut imaginer que le Maréchal, une fois réfugié en Amérique, n’avait pu se résoudre à abandonner un nom si prestigieux.

- Lorsque Peter Stuart Ney est décédé, en 1846, il avait soixante-dix-sept ans. C’est exactement l’âge qu’aurait eu le Maréchal homonyme, né en 1769, s’il était décédé à même date.

- Le père de Michel Ney se prénommait Pierre. En anglais, « Pierre » se dit « Peter ». Si le maréchal Ney avait dû changer son prénom en exil, le choix de celui de son père s’imposait tout naturellement.

- La mère du Maréchal avait à plusieurs reprises évoqué une ascendance écossaise. Le prénom de « Stuart » (nom de la fameuse dynastie écossaise) faisait-il allusion à cet héritage génétique ?

- Bien que les cheveux de Peter Stuart Ney se raréfiaient au fil des ans, ils étaient d’un beau roux et Peter les peignait toujours de façon à ce qu’ils recouvrent le côté gauche de sa tête. Le maréchal Ney, bien connu pour sa chevelure rousse, avait pour habitude de se coiffer semblablement, de manière à cacher une cicatrice située au même endroit.

- Lorsque l’épouse d’Osborne Giles Foard procéda à la dernière toilette de Peter Stuart Ney, elle remarqua une affreuse cicatrice sur le bras gauche du défunt : « Sa cicatrice entre le coude et l’épaule était si profonde que la peau semblait adhérer à l’os ». C’est à la bataille de Mayence, le 22 décembre 1794, que Michel Ney reçut sa plus grave blessure… A l’épaule gauche !

- Peter Stuart Ney aimait montrer à ses élèves, sur une grande carte, la région du monde qui l’avait vu naître : La Sarre (ancienne province française rattachée à l’Allemagne entre 1814 et 1815). C’est justement en ce lieu que naquit le maréchal Ney, plus précisément à Sarrelouis.

- On le sait, Peter Stuart Ney était un professeur distingué, excellant tout particulièrement dans les langues, même mortes. Le maréchal Ney, quant à lui, parlait plusieurs langues, dont l’allemand et l’anglais. La bonne éducation qu’il avait reçue pendant son enfance (son père l’avait mis chez les Augustins), nous permet de penser que le latin et le grec ne devaient pas non plus lui être étrangers. En fait, l’image de « sabreur » que nous avons du Maréchal, doit assurément être complétée par une autre image, celle d’un élève intelligent, studieux et appliqué, dont les premiers pas dans la vie active le conduisirent, dès l’âge de treize ans, à travailler pour un notaire (occupant alors le poste de « saute-ruisseau »), puis pour les bureaux du Parquet (en tant que commis aux écritures). Mais un dernier emploi de gratte-papier à la Compagnie des Mines d’Apenweiler eut raison de la résignation du bouillant Michel Ney, lequel partit s’engager à Metz, à l’âge de dix-neuf ans, dans un régiment de hussards.

- Un jour de 1821, un élève de Peter Stuart Ney apporta à son professeur un journal annonçant la mort de l’Empereur à Sainte-Hélène. A sa lecture, Peter Ney s’évanouit et tomba de l’estrade. Une fois ranimé, il fut conduit jusqu’à sa chambre, le médecin, croyant à du surmenage, lui ayant conseillé de se reposer le restant de la journée. Bien qu’affectée, cette force de la nature ne pouvait garder le lit très longtemps, et l’on s’attendait, naturellement, à le revoir à son poste dès le lendemain matin. Mais, le jour venu, les élèves de Peter Ney attendirent en vain leur maître. Parmi les personnes inquiètes de cette situation anormale, se trouvait le colonel Rogers. Ce dernier, ne supportant plus l’angoissante attente dans laquelle l’absence de Peter avait plongé le village tout entier, se dirigea vers la demeure de Peter Stuart Ney et tambourina à sa porte sans pour autant obtenir la moindre réponse. N’y tenant plus, il prit sur lui de forcer la serrure et pénétra à l’intérieur de l’habitation. Là, un terrible spectacle l’attendait : Peter Stuart Ney allongé sur le sol et baignant dans son sang. On fit une nouvelle fois appel au docteur qui répara, non sans mal, cette terrible tentative de suicide. Ramené à lui, Peter Ney dut répondre sur ce qui l’avait poussé à commettre un tel acte. Encore bouleversé par la nouvelle de la veille, il eut ces mots : « Oh… Napoléon est mort. C’est mon dernier espoir qui s’en va… » De quel espoir s’agissait-il ? De celui de pouvoir, un jour, retourner en France ? Si Peter Stuart Ney était bien le maréchal Ney, on comprend mieux le sens de ces paroles.

- Après ce tragique épisode, Peter Stuart Ney trouva quelque consolation dans la dive bouteille. Ainsi, un soir d’hiver où il avait bu plus que de raison, un de ses voisins, le colonel Houston, le découvrit face contre terre, déjà recouvert par une fine pellicule de neige. Avec l’aide de son serviteur, le colonel souleva Peter et le hissa sur un cheval afin de le ramener chez lui. L’opération, effectuée sans trop de ménagements, eut pour effet de réveiller notre ivrogne qui protesta d’une bien étrange façon : « Quoi, vous mettez le duc d’Elchingen sur un cheval comme un sac ! »

- A Mocksville, Madame Austin rapporta un extrait de la conversation qu’elle et son mari avaient eue avec Peter Stuart Ney, lors d’une visite de courtoisie de ce dernier. Alors que Monsieur Austin, menuisier de son état, était occupé à confectionner un cercueil, Peter Ney frappait à la porte et se voyait aussitôt invité à entrer par la maîtresse de maison. Comme il franchissait le seuil de la demeure, le menuisier l’accueillit par ces mots : « Monsieur Ney, je fais justement un cercueil pour un homme qui a exactement votre taille ! Il vous irait très bien ! » Amusé par la boutade, Peter Ney répliqua : « Ah ! ils ont cru déjà une fois me mettre dans un cercueil, mais ils se sont trompés ! »

- Parvenu à l’âge de la retraite, et quatre ans avant son trépas, Peter Stuart Ney rencontra une jeune femme qui avait assisté à ses cours. Les souvenirs de son enseignement furent, bien entendu, évoqués. Mais Peter Ney se livra également à elle et lui tint des propos dont elle ne comprit pas immédiatement le sens : « Le vieux maréchal va bientôt finir ses jours. Les Bourbons ont gagné. Je ne retournerai jamais ! »

- Lorsque Peter Ney parlait de sa femme qu’il avait dû laisser en Europe, il faisait la description exacte de … la maréchale !

- Enfin, après la mort de Peter Stuart Ney, les langues se délièrent et plusieurs anciens de la Grande Armée, réfugiés aux Etats-Unis, affirmèrent avoir reconnu le Prince de la Moskowa dans l’énigmatique professeur. Ainsi en fut-il de Lehmanowski, ancien colonel de l’armée impériale depuis longtemps établi à Knightown, dans l’Indiana. Aux enquêteurs venus l’interroger, il raconta avoir reçu, une fois, la visite de Peter Ney. Pour lui, il ne faisait nul doute qu’il s’agissait bien du célèbre maréchal.

 

Un peu plus haut, nous parlions d’enquêteurs, et il est vrai que le mystérieux personnage qu’était Peter Stuart Ney fut l’objet de nombre d’investigations.

Les résultats les plus spectaculaires de ces recherches furent, assurément, ceux donnés par deux experts en écritures. Le premier, du nom de David Carvalho, résidait à New York, au 265 Broadway, lorsqu’on vint lui soumettre l’analyse des écritures respectives de Peter et de Michel. La conclusion de son rapport, établi le 5 avril 1895, fut sans équivoque : « J’ai fait maintenant un examen méticuleux de l’écriture du maréchal Ney et de celle de Peter Ney. J’ai à présent l’opinion que le maréchal Ney et Peter Ney sont une seule et même personne. »

Trente-neuf ans plus tard, un autre graphologue fut sollicité pour examiner les deux écritures : Henri Thomas, œuvrant au sein du service secret du Treasure Departement (un de ces si redoutés « T. Men »). Une fois son étude achevée, il arriva à la même conclusion que celle de son prédécesseur : « Après avoir fait une analyse très minutieuse et attentionnée des écritures de Peter Ney et du maréchal de France Ney, je suis parfaitement convaincu que ces deux écritures ont été tracées par le même homme. »

Parmi les éléments qui confortèrent les deux experts dans leur opinion, se trouve la façon identique qu’avaient Peter et Michel d’écrire la lettre « i » : tous deux mettaient souvent un accent grave à la place du point.

 

Ainsi que nous venons de le voir, les indices qui nous amènent à penser que Peter Stuart Ney était bien le duc d’Elchingen, sont particulièrement nombreux. Nous avons également les révélations d’un mourant qui n’avait aucun intérêt à quitter ce monde sur un mensonge. Malgré cela, et faute de preuves irréfutables, les amis de Peter Ney, se perdant en conjectures, ne voulurent pas prendre le risque de prendre parti pour telle ou telle hypothèse. Cette attitude timorée transparaît dans l’épitaphe, très équivoque, figurant sur le mausolée de protection de la sépulture de Peter Ney, dans le cimetière de Third Creek Church :

« IN MEMORIAM
PETER STUART NEY
NATIVE OF FRANCE
AND A SOLDIER
OF THE FRENCH REVOLUTION
UNDER NAPOLĖON BONAPARTE
WHO DEPARTED THIS LIFE
NOVEMBER 15TH 1846
AGED 77 YEARS »

(À la mémoire de – Peter Stuart Ney – né en France – et soldat – de la Révolution française – sous Napoléon Bonaparte – qui a quitté cette vie – le 15 novembre 1846 – à l’âge de 77 ans).

Tombeau de Peter Ney à Third Creek Church
(une vue d'ensemble, et la plaque funéraire en gros plan.)

Par ces quelques mots, on reconnaît le passé militaire de Peter Ney, sous la Révolution et l’Empire, mais on se refuse à lui donner l’identité du Maréchal. Il est vrai que la tombe « officielle » de ce dernier est visible au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, depuis 1815. Mais est-ce vraiment le prince de la Moskowa qui est enterré en ce lieu ? Rien n’est moins sûr, depuis qu’un fossoyeur, du nom de Dumesnil, fut amené, un jour de 1903, à ouvrir le cercueil du Maréchal pour le transport de la dépouille jusqu’à un tombeau digne de ce nom (jusqu’au début du XXème siècle, une simple dalle posée au sol marquait l’emplacement de la sépulture). Or, d’après le fossoyeur, le cercueil était tout simplement… vide ! Affirmation que Dumesnil maintiendra jusqu’à la fin de sa vie.

 

L’allégation est de taille et vient accréditer les aveux de Peter Stuart Ney. Dans le même temps, elle suscite tout un tas d’interrogations, touchant notamment à l’exécution du 7 décembre 1815. Mais avant de chercher à comprendre comment le prince de la Moskowa a pu échapper au peloton d’exécution, il nous faut rappeler le parcours qui conduisit le maréchal Ney jusqu’à cette supposée fin tragique.

 

Le 18 juin 1815 a lieu la fatidique bataille de Waterloo, au cours de laquelle le Maréchal Ney commet une grave faute tactique en gaspillant inutilement la cavalerie française sur les carrés anglais. Dans le même temps, il se bat avec une énergie qui suscite l’admiration. Napoléon a retrouvé son lion, mais il est malheureusement trop tard. Ney, lui-même, sent la victoire lui échapper, et multiplie les actes de bravoure dans le but avoué de tomber glorieusement au champ d’honneur. Ainsi déclare-t-il à Drouet d’Erlon : « Tiens bien, mon ami, car toi et moi, si nous ne mourons pas ici sous les balles des Anglais, il ne nous reste qu’à tomber misérablement sous les balles des émigrés ! » Un peu plus tard, cherchant à rallier les hommes de la brigade Brue, il leur lance : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! » Mais, ce jour-là, la mort ne voudra pas de lui.

Le Maréchal Ney

Ayant pu regagner Paris, il se rend à la Chambre des Pairs, le 22 juin, où l’on pense, un instant, pouvoir résister à l’envahisseur. A la lecture d’une lettre du ministre de la guerre faisant état de forces en mesure de reprendre le combat, le maréchal Ney s’insurge et fait part de son sentiment : « Ce rapport est faux, faux de tous points : Grouchy ne peut avoir sous ses ordres que vingt à vingt-cinq mille hommes tout au plus. Il n’y a plus un seul soldat de la garde à rallier : je la commandais ; je l’ai vu massacrée tout entière avant de quitter le champ de bataille (ce qui n’est pas tout à fait exact, NdlA). L’ennemi est à Nivelle avec quatre-vingt mille hommes ; il peut être à Paris dans six jours : vous n’avez d’autre moyen de sauver la patrie que d’ouvrir des négociations. » Et lorsque Flahaut veut ranimer la flamme de la résistance, Ney proteste de nouveau : « Je le répète, vous n’avez d’autre voie de salut que la négociation. Il faut que vous rappeliez les Bourbons. Quant à moi, je me retirerai aux Etats-Unis. » Et c’était bien là son intention première. Ayant en sa possession le passeport remis par Fouché, le duc d’Elchingen finit par se raviser, ne pouvant se résoudre à quitter sa chère patrie. Mais au retour de Louis XVIII, sa situation devient particulièrement délicate. Le roi ayant demandé à Fouché d’établir la liste des traîtres ayant rallié Napoléon pendant les Cent-Jours, le ministre de la Police ne manque pas d’inscrire le nom du maréchal. Comme l’a si bien remarqué Talleyrand : « Il y a une justice à rendre à Monsieur le duc d’Otrante, c’est qu’il n’a oublié sur la liste aucun de ses amis ». Dès lors recherché par la police, le maréchal Ney consent à se cacher et va trouver refuge au château de Bessonies, dans le Lot, où il arrive le 29 juillet. Accueilli par la cousine de sa femme, cette dernière lui recommande la plus extrême des prudences. Que n’a-t-il suivi ce conseil ! En effet, il n’était pas là depuis trois jours que sa présence était déjà remarquée, après qu’il ait malencontreusement oublié, sur un meuble du salon, un sabre égyptien, cadeau de l’Empereur. Ayant fait l’objet d’une dénonciation auprès du préfet du Cantal, il a la désagréable surprise, en ouvrant les volets de sa chambre au petit matin du 3 août, de voir la propriété entièrement encerclée par des gendarmes. Ne se démontant pas, il les interpelle : « Qui demandez-vous ? » A la réponse qui lui est faite : « Le maréchal Ney », il réplique : « Attendez un instant, je vais vous le faire voir. » Après avoir descendu l’escalier, Ney se présente en personne au capitaine du détachement. Une fois sa parole donnée de ne point s’enfuir, c’est libre de tout lien qu’il suit les forces de la maréchaussée. Sur la route qui le conduit jusqu’à Paris, le maréchal reçoit plusieurs offres de le faire libérer, dont celle du général Exelmans qui n’aurait aucune peine à se débarrasser de quelques gendarmes. Heureusement pour ces derniers, le prince de la Moskowa honorera sa parole en refusant tout secours. Arrivé dans la capitale le 19 août, Ney est immédiatement incarcéré à la Conciergerie.

Un conseil de guerre, chargé de le juger, est constitué non sans peine. Préalablement pressenti pour présider ce conseil, le maréchal Moncey refuse avec énergie : « .. qui, moi ? J’irais prononcer sur le sort du maréchal Ney ? Mais, Sire, permettez-moi de demander à Votre Majesté où étaient les accusateurs tandis que Ney parcourait les champs de bataille ? » ce qui lui vaudra, en plus d’être destitué, une peine de trois mois de prison. Finalement, Ney comparaît devant un conseil de sept maréchaux et généraux, au nombre desquels se trouvent Jourdan, Augereau, Masséna et Mortier. Les connaissant parfaitement bien, il a peur de quelque mauvais coup de leur part et convainc ses défenseurs de récuser la compétence de ce tribunal. Après tout, il est pair de France et a, par conséquent, le droit de demander à être jugé par la Chambre des pairs, où il espère trouver davantage de magnanimité. Cruelle erreur car, comme l’a si bien remarqué Lamartine : « Les maréchaux et les généraux pouvaient se souvenir de ses exploits : les pairs ne connaîtraient que son crime. » Sautant sur l’occasion qui leur est offerte de se soustraire à une tâche bien embarrassante, les membres du conseil de guerre, tel Ponce Pilate en son temps, se dessaisissent de l’affaire par cinq voix contre deux.

Le 20 novembre 1815, le maréchal Ney est transféré au palais du Luxembourg où il occupera une petite pièce sous les combles, en guise de cellule, tout au long de son procès. Celui-ci, commencé dès le lendemain et achevé le 6 décembre, se déroule sans surprise. La Chambre des pairs, toute acquise aux royalistes, reconnaît la culpabilité de Ney et le condamne à la peine de mort. Le 7, à trois heures du matin, le secrétaire-archiviste de la Chambre des pairs vient annoncer la sentence au maréchal sans que celui-ci ne montre la moindre émotion. Avant son exécution, prévue d’ici quelques heures, il lui est permis de recevoir son notaire, sa femme et ses enfants, ainsi qu’un prêtre. A la proposition de s’adjoindre les services d’un confesseur, Ney répond tout d’abord : « Vous m’ennuyez avec votre prêtraille ! », puis accepte finalement de s’entretenir avec le curé de Saint-Sulpice. Après le départ du prêtre, dernière personne à être reçue par le maréchal, Ney se montre particulièrement détendu et demande à être laissé seul. Ayant passé le reste de la nuit à dormir du sommeil des justes, il est réveillé, à 8 heures 30, par le même prêtre qui l’accompagnera jusqu’au lieu d’exécution. Un premier détail nous interpelle : au lieu de revêtir son habit de maréchal, Ney s’affuble d’un costume de bourgeois que vient compléter un chapeau de même facture. En quittant le palais du Luxembourg, il ne manque pas de saluer les troupes du service d’ordre, et affiche un calme qui déconcerte plus d’un témoin. A l’instant de monter dans la voiture, il dit au prêtre : « Montez monsieur le curé, tout à l’heure je passerai premier. » Le convoi se dirige alors vers la barrière de Grenelle où l’exécution a été prévue. Mais au lieu de se rendre en ce lieu, le cortège s’arrête au bout de quelques centaines de mètres. On fait descendre le maréchal et on le conduit devant le mur d’un enclos en construction proche de l’avenue de l’observatoire. Faisant face au peloton, Ney, dont les yeux n’ont pas été bandés, ni les mains attachées (comme le veut l’usage), commande lui-même le feu : « Soldats, droit au cœur ! », ces derniers mots étant accompagnés d’un geste du bras qu’il rabat violemment contre sa poitrine. Les fusils ayant répondu à l’ordre donné, le maréchal s’effondre sur le sol, sans un cri, sans même un soupir. Quentin Dick, parlementaire anglais qui assiste à la scène, est étonné de ne voir aucun soubresaut du corps. Autre circonstance surprenante : le commandant de Saint-Bias, responsable de l’exécution, ne daigne s’approcher du corps pour donner le coup de grâce. Aucun médecin n’est là non plus pour s’assurer de la mort. Seuls quelques témoins anglais, en quête de souvenirs, s’approchent de la dépouille pour recueillir un peu de sang répandu sur le sol, à l’aide d’un mouchoir ou de simples cailloux. Au bout d’un quart d’heure, le corps du maréchal est finalement emporté jusqu’à l’hospice de la maternité où une sœur est chargée de sa dernière toilette. L’enterrement est censé avoir lieu très peu de temps après, dans la plus grande clandestinité. La Maréchale est invitée à y assister, mais elle refuse de se rendre au cimetière du Père-Lachaise. Pourquoi une femme qui, jusque là, a toujours rempli ses devoirs avec la plus grande ferveur, refuse-t-elle de rendre un dernier hommage à son défunt époux ? Comme on peut également s’étonner devant son obstination à refuser tout remariage (la jeune et séduisante veuve qu’elle était devenue, repoussa tout nouveau parti).

Tombeau du Maréchal Ney au cimetière du Père La-Chaise en France

Toutes ces questions, et autres incompréhensions, trouvent néanmoins une réponse si l’on admet que le maréchal Ney a été épargné par les balles du peloton d’exécution.

 

Reste à savoir, maintenant, comment il a pu échapper à cette mort programmée.

 

Qui dit parodie d’exécution, dit mise en scène et complicités à un très haut niveau. Or, à l’époque, une seule organisation était suffisamment puissante pour mettre en place le sauvetage du maréchal Ney : la franc-maçonnerie !

 

Michel Ney, comme beaucoup d’officiers de son époque, était lui-même franc-maçon. Initié, en 1801, dans la loge Saint-Jean-de-Jérusalem à Nancy, il avait très vite gravi les grades maçonniques pour atteindre celui de maître. Du côté ennemi, on trouvait des francs-maçons non moins célèbres avec le maréchal Blücher, vénérable de la loge « Friedrich zu den drei Balken » de Münster, et Wellington, dont l’appartenance à la loge irlandaise de County Meath est parvenue à notre connaissance. En temps de guerre, ces frères accomplissaient leur devoir sans état d’âme. De sorte que la bataille de Waterloo fut considérée comme une véritable bataille de maçons. Mais dès que les canons cessaient de tonner, la fraternité des francs-maçons reprenait aussitôt le dessus. Ainsi, est-ce à bras ouverts que Goethe accueillit, à Weimar, les généraux maçons français, juste après la bataille… d’Iéna !

La solidarité entre frères n’étant pas un vain mot, Wellington, sur les instances de la femme du maréchal Ney, alla trouver Louis XVIII pour lui réclamer la grâce du prince de la Moskowa. Sa démarche se solda malheureusement pas un échec, le comte d’Artois ayant dissuadé le roi d’accéder à cette requête. S’il n’avait pu obtenir satisfaction, Wellington avait néanmoins assez de pouvoir pour favoriser une évasion. N’était-il pas le maître des armées alliées ? Dans ses mémoires, il est vrai sujettes à caution, Ida Saint-Elme, ancienne maîtresse de Ney, explique comment elle avait participé à la supercherie du 7 décembre, avec la complicité de trois officiers britanniques : Bruce, Hutchinson et Sir Robert Wilson. Ces trois hommes, s’ils n’avaient obéi expressément aux ordres de Sir Arthur Wellesley, avaient, du moins, agi avec sa bénédiction.

Une fois le plan mis au point, tout se déroula sans la moindre anicroche. Juste avant l’exécution, le maréchal Ney se vit remettre une vessie pleine de sang, provenant de quelque animal, qu’il dissimula aussitôt sous sa chemise. Au moment de crier « Soldats, droit au cœur ! », il creva cette poche par le coup porté sur son thorax. Les soldats du peloton d’exécution, tous anciens de la Grande Armée, avaient, quant à eux, reçu l’ordre de tirer à côté. Le simulacre d’exécution accompli, il ne restait plus qu’à transporter le maréchal jusqu’à l’hospice de la maternité où sœur Thérèse attendait d’entrer, à son tour, en action. Cet épisode fut confirmé par R. A. Henderson, notaire à Topeka, dans le Kansas, dont le grand-père britannique, témoin visuel de l’exécution, accrédita la supercherie : « Ney n’a pas été fusillé… cette exécution était une farce ! »

 

Après avoir fait ses adieux à sa famille, Ney fut conduit jusqu’à Bordeaux et embarqua sur le City of Philadelphia, en compagnie de Pascal Luciani et Lefebvre-Desnouettes. Au bout de quelques semaines de navigation, Ney posait enfin le pied sur le sol américain. Ainsi que se l’est rappelé le vieux Pietri, passager à bord du même navire, la première préoccupation du maréchal Ney, qu’il avait bien entendu reconnu, fut de se rendre dans une boutique d’instruments de musique. Pietri, qui l’avait suivi jusqu’à cet endroit, le vit ressortir, quelques instants après, une flûte à la main ! Cela ne nous rappelle-t-il rien ? Ces propos, recueillis par un journaliste, furent publiés, en 1874, dans le Dayton Journal.

 

L’implication de la franc-maçonnerie dans la fuite du duc d’Elchingen fut confirmée par un article écrit par Colyer Farrington, en 1920, et paru dans The New England Craftsman : « Les francs-maçons sont bien au courant de l’évasion de Ney et les membres du Grand Orient de France connaissent bien cette histoire… c’est l’esprit de la maçonnerie, et ce que les maçons peuvent faire pour leur frère maçon. »

Et n’oublions pas que Michel Ney avait pour habitude de faire suivre sa signature des trois points propres aux francs-maçons, de même que… Peter Stuart Ney !

 

Enfin, un dernier élément en faveur du rapprochement «  Peter Ney – Michel Ney » doit être ici rappelé : A la mort de Peter Stuart Ney, un certain docteur E. M. C. Neyman se présenta à Third Creek pour réclamer le corps de son père. L’homme parut aussi énigmatique que pouvait l’être le défunt professeur. Et pour cause, son histoire n’avait pas grand chose à envier à celle de Peter Ney. Le docteur prétendait être le troisième fils de Michel Ney, issu de l’union du maréchal avec Aglaé-Louise Auguié (à noter que le troisième fils du prince de la Moskowa se prénommait Eugène Michel, et que les initiales de ces deux prénoms correspondent très exactement à celles du docteur). Alors qu’il était tout jeune homme, il avait décidé d’aller rejoindre son père aux Etats-Unis, mais s’était inscrit à la Faculté de Médecine de Bal timore dès son arrivée, suivant ainsi les conseils du « maréchal-professeur ». Par la suite, il s’était toujours efforcé de maintenir le secret sur ses origines, de manière à ne causer aucun embarras à sa mère et à ses frères restés en France. Le docteur Neyman finit ses jours à Saltillo, dans l’Indiana, où il décéda le 4 février 1909, à cent ans passés. Contrairement aux amis de Peter Ney, ceux du docteur Neyman adhérèrent pleinement à la version donnée par le vieux médecin, ainsi qu’en témoignent ces mots inscrits sur sa pierre tombale : « E. M. C. Neyman. Originaire de France. Fils du maréchal Ney. »

 

Devant tant de points communs, d’indices révélateurs et de faits troublants, comment ne pas croire en la véracité des derniers mots de Peter Stuart Ney ? Bien entendu, nous manquons, dans cette affaire, de preuves irréfutables. Pour être définitivement fixés, il faudrait ouvrir les deux tombeaux, celui de Third Creek Church et celui du Père-Lachaise, afin de procéder à des analyses ADN (en admettant qu’il y ait matière à analyse dans la tombe du maréchal Ney, au Père-Lachaise, puisque cette dernière, comme nous l’avons vu, a de fortes chances d’être… vide !). Mais pouvons-nous décemment demander une telle opération ? Les morts ne méritent-ils pas de dormir en paix ? Et puis, n’avons-nous pas suffisamment de témoignages pour accréditer la thèse selon laquelle Peter Ney et Michel Ney étaient bel et bien un seul et même homme ? Et que l’on ne vienne pas nous dire que les dires de témoins n’ont aucune valeur, car, tous les jours, des personnes sont condamnées sur la foi de simples témoignages. S’interroger sur la validité de ce mode de preuve reviendrait à remettre en question l’intégralité de notre système judiciaire. Ce à quoi, bien sûr, nul n’oserait songer ! Pour en revenir à ce qui constitue, désormais, l’affaire « Ney », et dans l’hypothèse absurde où l’on ferait fi de toutes les preuves testimoniales, il reste que le cas de Peter Ney nous amène à réfléchir sur ce que l’on croit tenir pour acquis, ainsi que sur la fragilité d’une science peut-être un peu trop « humaine » (avec tout ce que cela sous-entend). Face à un domaine tel que l’Histoire, une seule attitude semble être souhaitable : chercher, et chercher sans cesse, en ayant un seul objectif : la quête de la vérité.

 

Pascal Cazottes, FINS

 

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(*) : ou Brownsville, d’après d’autres sources.

 

 

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