Le décès du Dr David Chandler

(15 janvier 1934 - 10 octobre 2004)


par Ben Weider, C.M., C.Q., SBStJ, Ph. D.



Ben Weider (à droite) et Dr David Chandler en 1970, devant l’Académie militaire de Sandhurst, en Angleterre.

 

Le 10 octobre 2004, David Chandler, un des plus grands spécialistes de l’histoire napoléonienne, est décédé à l’âge de 70 ans. La nouvelle de son décès a rapidement fait le tour du monde et la Société Napoléonienne Internationale (SNI) a reçu des centaines de messages de condoléances d’amis et de collègues du Dr David Chandler.

 

À la fin des années 1950, il a servi son pays en Afrique occidentale, en tant qu’officier de l’Armée britannique. Après avoir quitté l’armée en 1960, il a commencé à enseigner à l’Académie militaire royale de Sandhurst, en Angleterre. Nommé chef du département de polémologie en 1980, il est resté à ce poste jusqu’en 1994.

 

C’est en 1970 que j’ai rencontré David Chandler pour la première fois. En raison de notre passion et intérêt communs pour Napoléon, nous sommes rapidement devenus amis.

 

Au début des années 1970, de nombreux historiens étaient convaincus que Napoléon était mort du cancer. Refusant cette théorie, j’ai mené des recherches intensives avec mon collègue Sten Forshufvud, dans le but de prouver que Napoléon n’était pas mort du cancer, mais avait été empoisonné sur l’île Sainte-Hélène. J’ai essayé à maintes reprises de rallier monsieur Chandler à la thèse de l’empoisonnement, mais il refusait obstinément d’accorder la moindre crédibilité à ma théorie.

 

En 1975, il nous a invités, moi et mes fils Louis, Eric et Mark, à visiter Waterloo. Il nous a lui-même servi de guide dans une visite du champ de bataille qui restera pour moi l’une des expériences les plus exaltantes de ma vie.

 

Durant ces quelques jours merveilleux en Belgique, j’ai commencé à convaincre graduellement Dr Chandler que la thèse de l’empoisonnement avait quelque fondement.

 

Mon expérience auprès des historiens napoléoniens m’a appris que rien n’est plus difficile que de les faire changer d’idée lorsqu’ils en sont déjà arrivés à une conclusion. Cependant, plus je lui fournissais de données scientifiques à l’appui de la thèse de l’empoisonnement, plus il remettait en question ses propres conclusions. Éventuellement, il s’est rallié à cette thèse et l’a annoncée publiquement.

 

Avec beaucoup d’affection, je me souviens du jour où Dr Chandler m’a invité à l’Académie militaire royale de Sandhurst pour donner une conférence devant le Général Sir Anthony Farrar-Hockley, l’un des plus importants généraux d’Angleterre, et plusieurs centaines d’officiers militaires et de simples soldats. Mon exposé portait sur l’empoisonnement de Napoléon. Lorsque David Chandler m’a présenté aux officiers britanniques, ceux-ci m’ont réservé un accueil exceptionnel que j’ai grandement apprécié.

 

David a reçu de nombreuses distinctions témoignant de sa place dans le milieu de l’histoire napoléonienne. Notre Société admirait tellement Dr Chandler que le comité de la SNI, présidé par monsieur Donald D. Horward de l’Université d’État de la Floride, a accepté de lui remettre la médaille de la Légion du Mérite de la SNI (la plus prestigieuse distinction de notre Société), à l’Académie militaire royale de Sandhurst.

De plus, cette distinction a été présentée à monsieur Chandler devant des dizaines de ses amis et collègues.



Ben Weider présente au Dr David Chandler la médaille de la Légion du Mérite de la Société Napoléonienne Internationale, la plus prestigieuse distinction que la SNI puisse accorder à un historien napoléonien.

 

 

En tant qu’historien, Dr Chandler a rédigé de nombreux ouvrages, y compris Les Campagnes de Napoléon (The Campaigns of Napoleon), publiés en plusieurs langues et toujours utilisés dans les collèges militaires aux quatre coins du monde.

 

Dr Chandler était très fier de me présenter sa charmante épouse, Gill. Très dévouée envers son époux, elle a fait tout son possible pour veiller à son confort, le rendre heureux et le garder actif.

 

Tous les historiens du monde admiraient Dr Chandler, un grand pédagogue. Il a toujours conservé une allure humble et fait preuve de respect envers ses amis et les personnes qu’il rencontrait. J’ai eu l’honneur et le plaisir de connaître Dr David Chandler pendant 34 ans. J’ai été bouleversé d’apprendre son décès; il me faudra plusieurs années pour m’en remettre. Aujourd’hui, je me joins à ses nombreux amis et collègues de partout dans le monde pour exprimer ma grande tristesse et mes sincères condoléances à son épouse Gill et à leurs trois fils.

 

Il restera à jamais gravé dans nos coeurs comme un enseignant inspirateur et enthousiaste et l’un des plus grands spécialistes de l’histoire napoléonienne.




Ben Weider reçoit Dr David Chandler à sa maison de Montréal, au Canada. Ben laisse David tenir son chapeau de Napoléon, porté pendant la première partie de la Campagne de Russie.



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