LE MARÉCHAL LANNES,
LECTOURE EN SON TEMPS

par Pierre Migliorini, FINS

Pierre Migliorini avec Ben Weider,
à Montréal, août 2008.

 

Cette année 2009 voit la commémoration du bicentenaire de la mort du Maréchal Lannes, à Lectoure, petite ville de 4000 habitants, blottie dans les coteaux du Gers, département du sud de la France bien connu pour sa douceur de vivre.

 

Ces commémorations ont débuté par un colloque « Le Maréchal Lannes, Lectoure en son temps », qui s’est tenu les 3 et 4 avril 2009.

Les thèmes abordés concernaient Lectoure à l’époque du Maréchal Lannes, sa famille, son entourage militaire, son rôle à Erfurt – a-t-il trahi Napoléon ? – ses combats en tant que jeune officier dans les Pyrénées orientales, le château de Maisons, sa résidence achetée en 1804 ou encore ses représentations en portraits ou bustes dans le Gers… On a ainsi pu écouter de brillants orateurs tels que Ronald Zins, Jean-Claude Dammame ou le très passionné Pierre Vigo. Le texte de Jean Tulard, hélas absent pour raison de santé, a été lu par Didier Foucauld, originaire de Lectoure et professeur d’histoire moderne à Toulouse.

 

Pour les mois prochains, Lannes 1809-2009 Lectoure, nous propose d’autres animations : cérémonies officielles, reconstitutions historiques, bourses aux armes, bureau de Poste 1er jour, expositions et encore festival pyrotechnique sont au programme visible sur le site : http://www.lannes.org/manifestations.html

Jean-Claude Dammame, représentant de la SNI en France,
présentant « Le Maréchal Lannes, un héros complexe et attachant »

 

Didier Foucauld lisant le texte de Jean Tulard « le Maréchal Lannes à Erfurt »

 

Pierre Vigo présentant avec une grande verve, le champ de bataille du Boulou,
1er mai 1794, qui a vu s’illustrer Jean Lannes, alors chef de brigade.

 

Les philatélistes se rappellent les émissions 1er jour commémorant le bicentenaire
de la naissance du maréchal ; les 11 et 12 juillet 2009, Lectoure propose un
bureau de Poste 1 er jour pour le bicentenaire de sa mort.

 

LECTOURE UNE VILLE ETOILÉE !

Évoquer la mémoire du Maréchal Lannes nous donne l’occasion de parler de la petite ville de Lectoure sous la Convention et le 1 er Empire. En effet, qui, en pénétrant dans cette petite ville gersoise de moins de 4000 habitants, peut imaginer qu’elle a vu naître cinq officiers généraux qui ont brillé sur les champs de bataille que nous connaissons bien.

 

Bien sûr, le plus connu et le plus brillant de tous est Jean Lannes, dont la statue blanche se détache sur la promenade du Bastion. Né à Lectoure le 10 avril 1769, la même année que Napoléon, il meurt le 31 mai 1809 des suites de ses blessures reçues sur le champ de bataille d’Essling. Nous ne nous étalerons pas sur le déroulement de sa vie.

Statue de Jean Lannes située à l’entrée de Lectoure

Pour les quatre autres, beaucoup moins connus, voici quelques précisions sur leur vie, témoignant du courage qu’ils ont su développer… Leur portrait est visible dans la Salle des Illustres de l’hôtel de ville de Lectoure, ancienne demeure du maréchal Lannes.

Le général Subervie lors de la Campagne de Russie.

Jacques Subervie est d’abord, comme beaucoup d’officiers de l’Empire, un volontaire de 1792 et sert dans les armées des Pyrénées et d’Italie. En 1797, il devient aide de camp de Lannes et fait près de lui la Campagne d’Egypte. Plus tard, après sa brillante conduite à Ulm et à Austerlitz, il est promu colonel de chasseurs. En 1808, il passe en Espagne, où, à la tête du 10 e régiment de chasseurs à cheval, il se distingue à de nombreuses reprises. Nommé général de brigade, il fait la campagne de Russie en 1812 puis celle de Saxe. En 1814, il est blessé lors de la campagne de France et est nommé général de division. Durant les Cent-Jours, il commande à l'armée du Nord une division de cavalerie légère, et combat à Ligny et à Waterloo.

Pierre Banel est né en 1766. Engagé le 20 juin 1792 dans le 2e bataillon des Volontaires du Gers, il y progresse très rapidement : adjudant- major à son arrivée, lieutenant-colonel le 1er juin 1793. Il est nommé provisoirement général de Brigade le 25 décembre 1793 et confirmé le 13 juin 1795. Le nouveau général passe à l'armée d'Italie sous les ordres d'Augereau en septembre 1795. Commandant de la 3e brigade, il est blessé d'un coup de feu à Lloano, le 24 novembre suivant.

Le général Banel lors de la campagne d’Italie

Après s'être conduit avec une rare bravoure à l'attaque du château de Cassario à côté de ses compatriotes Lannes et Dupin, il est tué le 13 avril 1796, n'ayant pas encore trente ans.

Jean-Baptiste Dupin

Jean-Baptiste Dupin est né en 1772. Sa rencontre avec Bonaparte date du printemps de 1796, alors que ce dernier arrive sur le front. Dupin prend part à de nombreux combats et se couvre de gloire. Il participe à la meurtrière attaque du château de Cosseria et assiste à la mort de son jeune compatriote, le général Banel. Il se distingua ensuite aux batailles de Lodi et de Pavie. Capitaine, il entre à Milan avec Bonaparte, le 15 mai 1796 ; six mois après il contribue à la célèbre victoire d'Arcole ! Le 14 juin 1800, il contribue à la victoire de Marengo et continue de combattre en Autriche. On le retrouve à Austerlitz le 2 décembre 1805. Suite à la conquête de la Prusse e, 1806 et 1807, il est nommé colonel et passe en Espagne en octobre 1808. Plus tard, il entre à Vienne le 13 mai 1809 et assiste le 22 mai à la bataille d'EssIing à la fin de laquelle son compatriote Lannes est mortellement blessé. Il est célèbre pour avoir, le 13 octobre suivant, à Schoenbrunn, sauvé l'empereur au moment où un étudiant autrichien fanatique tente de l'assassiner.

En 1814, il est élevé au grade de général de Brigade et promu au rang de commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur. Lors des Cent-Jours, il prend part à la bataille de Waterloo.

Jérôme Soulès, quant à lui, débute sa carrière militaire en octobre 1793, adjudant-major au 2e bataillon des Volontaires du Gers. Il est nommé commandant presque aussitôt et il fait toutes les campagnes de la Liberté avec ces troupes. Il passe le 3 janvier 1800 dans les grenadiers de la Garde consulaire et, en 1801, il est chef de brigade aux Chasseurs à pied. Blessé deux fois en Italie et il obtint un sabre d'honneur le 17 Thermidor an IX. Lorsque la Garde consulaire devint la Garde impériale, l'empereur qui avait pour lui la plus vive estime, lui confie avec le grade de général, le commandement des Chasseurs à pied. Retraité en 1808, il ne reprend de l'activité qu'en 1809, en commandant une division de gardes nationaux de l'armée du Nord.

Jérôme Soulès

Bibliographie : « Jean Lannes », du général André Laffargue (1975) et " Histoire de Lectoure" avant propos de Maurice Bordes et Georges Courtès - Imprimerie Bouquet (1972).

 

 

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