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DES NOUVELLES DES « MEILLEURS ENNEMIS »
DE LA THÈSE DE L'EMPOISONNEMENT
DE NAPOLÉON

Jean-Claude Damamme
Représentant pour la France, Société Napoléonienne Internationale de Montréal



NOS VISITEURS TROUVERONT PLUS BAS LA REPRODUCTION D'UN ARTICLE PUBLIÉ RÉCEMMENT DANS LE FIGARO.FR.
IL S'AGIT D'UN COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE (?) ATTAQUE
DES « MEILLEURS ENNEMIS » DE LA THÈSE DE
L'EMPOISONNEMENT DE NAPOLÉON.

CE TEXTE A ÉTÉ ÉCRIT PAR RESPECT POUR LA MÉMOIRE DE BEN WEIDER

 

Dans ce livre de MM Lentz et Macé – La Mort de Napoléon qui mêle astucieusement ce qui appartient au « démontré » scientifiquement : l’empoisonnement, et au « possible non démontré » : la substitution du corps de l’Empereur – procédé idéal pour tout ramener au farfelu, ou au « loufoque » comme l’a écrit un autre journaliste subjugué par ces deux puits de science (!) – les auteurs, bien connus de nos visiteurs, s’efforcent de réduire à néant tout le travail effectué sous l’impulsion de notre infiniment regretté président Ben Weider. Bien qu’il fût, en outre, un ami personnel et très cher, je souligne que l’amitié n’entre pas en ligne de compte dans mon propos. Ce travail, nos visiteurs le connaissent bien, comme ils savent également l’abnégation et la patience (méritoire) dont il a su faire preuve pour surmonter les avanies et les quolibets, entre autres, de ces messieurs.

La disparition de Ben, à qui je pense quand je constate ce travail de démolition sournoise, a ouvert une large autoroute à ses adversaires, sur laquelle ceux-ci se sont engouffrés toutes affaires cessantes.

En termes plus brutaux, il semble qu’ils aient profité du décès du président de la SNI pour commettre cette mauvaise action, car rien, en effet, ne le empêchait de publier leur supposée réfutation avant son décès. Mais c’est tellement plus simple ainsi. Honorable ? C’est un autre problème.


Ben Weider, O.C., C.St.J., C.Q.
Président Fondateur de la Société Napoléonienne Internationale

Les auteurs n’avaient-ils pas déjà en main tous les éléments pour ce faire, tant leur argumentaire, selon le mot d’un de mes correspondants, « sent le réchauffé » ? Je ne saurais mieux dire.

Le plus navrant de l’affaire, entre autres choses, est moins la mauvaise foi qui exsude de ce livre – nous y sommes habitués – que la complaisance de certains médias envers lui. Car aucun n’a songé – il me semblait pourtant que c’était la base du métier de journaliste – à confronter les affirmations contenues dans l’œuvre de MM Lentz et Macé aux arguments scientifiques développés sur le site de la SNI. J’ai même écrit une longue lettre à un journaliste de l’hebdomadaire Le Point.fr pour lui expliquer que, loin d’être « loufoque » – le mot lui appartient – la thèse de l’empoisonnement était on ne peut plus sérieuse. La qualité des scientifiques qui ont travaillé sur les analyses faites sur demande de Ben Weider eût dû suffire à susciter une certaine curiosité. Que nenni !

Je proposais également à ce journaliste de le rencontrer à sa convenance pour parler de cette thèse « à titre strictement personnel ».

Que croyez-vous qu’il se passa ?

Vous avez deviné juste : rien.

(Voici l’article mentionné en début de texte)

Napoléon,

Un empoisonnement tiré par les cheveux

Blaise de Chabalier

L'Empereur a-t-il été assassiné ? Son corps repose-t-il vraiment aux Invalides ? Thierry Lentz et Jacques Macé, deux historiens tranchent.

Et si Napoléon était mort empoisonné à Sainte-Hélène ? Cette hypothèse fait frémir les amateurs d'énigmes historiques depuis des générations. Tout comme l'éventualité qu'au lieu du corps de l'Empereur, ce soit celui de son fidèle maître d'hôtel Cipriani qui repose sous le dôme des Invalides.

Aux passions déchaînées, aux demandes d'ouverture du tombeau pour enfin savoir la vérité, Thierry Lentz et Jacques Macé opposent leur rigueur d'historiens. Ils passent en revue les positions des uns et des autres, qu'ils soient « empoisonnistes » ou bien « substitionnistes ».

L'éventualité d'un assassinat est tentante. Napoléon n'avait que 52 ans à sa mort le 5 mai 1821, et les Anglais pouvaient craindre qu'il ne tentât une évasion de l'île de Sainte-Hélène où il était ­détenu depuis octobre 1815. Les Britanniques avaient nommé l'antipathique Hudson Lowe gouverneur de l'île pour prévenir toute fuite. L'officier arriva sur place en avril 1816 et fit tout ce qu'il put pour humilier l'Empereur et durcir ses conditions de détention. « Il parvint immédiatement à se faire détester de Napoléon », écrivent Thierry Lentz et Jacques Macé. Difficile toutefois d'accuser sans preuve Hudson Lowe d'assassinat. D'autant que l'autopsie pratiquée dans les règles, au lendemain de la mort de Napoléon, confirme un décès dû à une grave maladie de l'estomac, un ulcère accompagné probablement d'un cancer.

 

Plutôt une intoxication

Après les rumeurs d'assassinat qui circulèrent dès la mort de l'Empereur, il fallut attendre le début des années 1960 pour que la thèse d'un empoisonnement à l'arsenic soit vraiment défendue. Un médecin suédois, Sten Forshufvud, fut le premier à faire analyser les ­cheveux de Napoléon. Résultat, on y décela un taux d'arsenic dix fois supérieur au taux considéré comme normal. Puis l'homme d'affaires canadien Ben Weider, mort l'an passé, reprenait la même hypothèse en imaginant cette fois-ci, de façon assez farfelue, que l'un des trois généraux présents à Sainte-Hélène, Montholon, était l'assassin.

Il n'en reste pas moins vrai que les cheveux de Napoléon, prélevés à sa mort, contiennent de l'arsenic. Les analyses effectuées en 2001 à la demande de Ben Weider montrent même que cet arsenic est de type minéral, comme la mort-aux-rats, et qu'il a forcément été ingéré. On a cependant également retrouvé de l'arsenic dans des cheveux coupés plus de dix ans avant la mort de Napoléon. Malgré ces éléments troublants, les auteurs ne concluent pas à un assassinat mais plutôt à une intoxication. Par exemple à la liqueur de Fowler, qui contient de l'arsenic, et qui était utilisée à l'époque comme remontant.

Quant à l'hypothèse d'une substitution de la dépouille de Cipriani à celle de l'Empereur, en 1840, au moment du rapatriement en France du corps de Napoléon, les auteurs concluent au terme d'une démonstration riche en anecdotes pittoresques qu'elle est totalement abracadabrante.
Le Mort (sic) de Napoléon de Thierry Lentz et Jacques Macé.

J'ai évidemment immédiatement réagi en envoyant le texte que vous trouverez ci-dessous. La mention que j’ai insérée en tête de ma réaction dit tout (*) .

Cela fait longtemps que les visiteurs de notre site savent qu’il est interdit d’évoquer l’empoisonnement de l’Empereur à Sainte-Hélène et, partant, de porter un regard critique sur les détracteurs de la thèse.

MM Lentz et Macé sont des « intouchables ». Ils sont historiens, mais il semble qu’ils aient également, si j’ose écrire, la « science infuse », puisqu’ils sont à même de démonter une thèse reposant sur des analyses scientifiques de très haut niveau.

Et, citant les auteurs, le journaliste écrit que ceux-ci « ne concluent pas à un assassinat mais plutôt à une intoxication. Par exemple à la liqueur de Fowler, qui contient de l'arsenic, et qui était utilisée à l'époque comme remontant. »

Un remontant à base de mort-aux rats ! Quelle santé !

Comme on le dit plaisamment « Il faut le faire ». « Mon » cher Empereur me surprendra toujours.

Et c’est avec cet ouvrage, qui, étrangement, a reçu tous les soutiens médiatiques imaginables, et dont certains (plusieurs même) ont écrit qu’il « se dévore comme un roman policier » (sic) que MM Lentz et Macé ambitionnent de tordre le cou à la thèse de l’empoisonnement !

Il n’est pas nécessaire d’espérer…

L’auteur de l’article du Figaro.fr écrit dans le sous-titre : « Deux historiens tranchent ».

Une dernière question : depuis quand les historiens ont-ils compétence pour « trancher » dans le domaine scientifique ?

 

RÉACTION « CENSURÉE » PAR LES MODÉRATEURS DU FIGARO.FR

Je me suis déjà exprimé ailleurs pour dire ce que je pensais du dernier ouvrage de MM Lentz et Macé sur ce sujet (je ne parle pas de la thèse de la substitution pour laquelle je n’ai pas de compétence). Quand l’auteur de l’article évoque leur « rigueur d’historiens » pour démonter cette thèse de l’empoisonnement, cela ne peut que me faire sourire.

En effet, je connais parfaitement le dossier scientifique pour m’en être occupé plusieurs mois pour le compte de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal, et j’ai pu très souvent apprécier la « rigueur » des historiens évoqués plus haut, avec leurs théories à « géométrie variable ». Je n’entrerai pas dans les détails, préférant renvoyer les lecteurs du Figaro à cette adresse : www.societenapoleonienne.com (rubrique « Empoisonné » ; visite très instructive).

Quand, en outre, on saura que l’un des deux auteurs a affirmé un jour que l’arsenic minéral (mort-aux-rats) présent dans les cheveux de Napoléon trouvait sa source dans l’eau de la baignoire, et qu’il serait passé dans les cheveux par capillarité, un seul adjectif, que j’emprunte au critique d’un autre journal tout aussi dithyrambique, me vient : loufoque.

Et lorsqu’on lit entre autres dans l’ouvrage, que les « bandes de Mees », effectivement caractéristiques d’une intoxication arsenicale, n’ont pas été observées lors de l’autopsie de ce malheureux Napoléon, on ne peut que s’interroger sur cette rigueur d’historiens évoquée dans l’article, car les bandes de Mees (du nom du « chercheur-trouveur »hollandais) ont été découvertes, sauf erreur, vers la fin du 19è siècle. À Sainte-Hélène, les médecins chargés de l’autopsie devaient travailler, avec un œil sur une boule de cristal ou sur le marc de café ! Il est d’autres exemples.

Il est regrettable que les auteurs de ces articles écrivent sans rien connaître de l’ensemble du dossier scientifique, se contentant de n’écouter qu’un son de cloche, répercuté avec une belle unanimité par de nombreux médias. C’est sans doute le but recherché.

M. de Chabalier écrit que l’on a retrouvé de l’arsenic dans des cheveux coupés dix ans avant le décès de l’Empereur : il ne précise pas de quel arsenic il s’agit. Il oublie aussi de préciser – mais peut-être l’ignore-t-il – que ce n’est qu’en 2003 que l’université du grand-duché du Luxembourg a pu, pour la première fois, « visiter » l’intérieur des cheveux de Napoléon.

Avant cette analyse qui a déterminé sans aucune ambigüité que le poison se trouvait en leur centre même, on peut effectivement trouver des traces d’arsenic sur des cheveux coupés dix ans avant le décès de Napoléon, voire sur ceux du petit Bonaparte.

Cet article m’a cependant appris la présence d’arsenic minéral pouvait s’expliquer par la liqueur de Fowler, présentée comme un « remontant ». Elle devait donc être à base de mort-aux-rats, puisque tel est le toxique qui a été décelé dans les cheveux de Napoléon. Étrange remontant. Il est vrai que les auteurs précités nous ont habitués à d’autres contorsions historico-scientifiques.

Je note qu’il semble que l’on ait attendu le décès du président de la Société Napoléonienne Internationale, Ben Weider, qui a financé les recherches et les analyses, pour publier opportunément ce livre et lancer une offensive de grande envergure.

La manœuvre était donc sans risque. Sans élégance non plus, mais ceci n’est pas une nouveauté.

Une dernière précision : ceux que MM Lentz et Macé surnomment les « empoisonnistes » ne prétendent pas que, le 5 mai 1821, Napoléon est directement mort du fait du poison, mais ils ont démontré que, pendant tout le temps de sa déportation à Sainte-Hélène, il a été victime de ce que les scientifiques nomment « intoxication chronique », en termes vulgaires, empoisonnement.

Comme je signe de mon nom, donc sans me cacher derrière un pseudonyme, j’espère que « Le Figaro.fr » aura l’amabilité de bien vouloir passer cette réaction sans la couper.

 

Jean-Claude Damamme

Écrivain, représentant pour la France de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal

 

_________________________

(*) Je tiens à souligner que L’Express.fr a eu l’honnêteté de publier ma réaction. Cela est suffisamment rare pour qu’il en soit fait mention.

 

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