LEIPZIG

Par Pascal Cazottes

 

 

            Automne 1813, les coalisés resserrent leur coopération afin de se débarrasser de l’ennemi commun : Napoléon. Conscient de l’infériorité numérique de son armée, l’Empereur des Français envisage de se positionner sur le Rhin. Toutefois, il ne peut se résoudre à abandonner l’Allemagne, et surtout les places fortes, telles que Dantzig et Hambourg, occupées par quelque 170.000 soldats français.

            Le 13 octobre 1813, 230.000 soldats ennemis viennent se positionner de manière à couper les principales voies de communication entre la Grande Armée et la France. Ce déploiement a non seulement pour but de priver l’armée de Napoléon de tout secours pouvant provenir de l’hexagone, mais surtout de la capturer dans une véritable manœuvre d’encerclement. A Dresde, ville tenue par le corps de Gouvion-Saint-Cyr, le sort des Français est déjà scellé, les divisions d’Ostermann ayant pris position tout autour de la cité. Napoléon, maintenant dos au mur, n’a plus qu’un seul et fol espoir : battre les alliés à Leipzig. Arrivé en ce lieu le 15 octobre, l’Empereur prend immédiatement ses dispositions pour la bataille qui s’annonce. Au sud de la ville, se présente l’armée de Bohême, aux ordres de Schwarzenberg, qu’il se doit de battre, tandis que Ney sera chargé de contenir, au nord, l’armée de Silésie commandée par Blücher. Une fois l’Autrichien battu, il se rabattra sur Blücher, avant que ce dernier n’ait eu le temps d’être renforcé par l’armée de Bernadotte. Napoléon sait parfaitement bien que le temps lui est compté, car, d’ici peu, le rapport de forces sera d’un contre trois.

            Au petit matin du 16 octobre, les coalisés n’ont pas encore eu le temps de se rallier et ils ne peuvent aligner que 160.000 hommes, ce qui est déjà un nombre considérable face aux 115.000 soldats français. Mais la Grande Armée en a vu d’autres et son chef sait qu’il peut encore remporter la victoire, pourvu que celle-ci se décide dans la journée.

A l’aile gauche française, le maréchal Ney s’apprête donc à contenir les troupes de Blücher. Il a avec lui le 3e corps d’armée de Souham, le 4e corps de Bertrand et le 6e de Marmont. En réalité, le corps de Marmont doit servir de réserve aussi bien pour l’aile gauche que pour l’aile droite. Quant au général Bertrand, il sera appelé à servir sur nos arrières.

L’aile droite française, au sud, apparaît comme beaucoup plus solide, mais il est vrai que c’est sur elle que repose le sort de la bataille. Etablie sur trois lignes, elle se compose de 5 corps d’armée, de la Garde Impériale au complet et de quatre corps de cavalerie. En première ligne, nous trouvons le 8e corps de Poniatowski, le 2e corps de Victor et le 5e de Lauriston. Juste derrière eux sont venus prendre place le 9e corps d’Augereau, la Jeune Garde commandée par Oudinot et Mortier, et le 11e corps de Macdonald renforcé par le corps de cavalerie de Sébastiani. Enfin, les positions de la troisième ligne sont occupées par la Vieille Garde et les corps de cavalerie de Pajol, Kellermann et Latour-Maubourg. Aux commandes de ce dispositif, Napoléon souhaite déborder l’ennemi sur sa droite et l’obliger, ainsi, à étirer sa ligne qu’il enfoncera au centre par une attaque décisive de la Garde. Cependant, son plan se voit contrarié par le retard pris dans la manœuvre de débordement que devaient exécuter Macdonald et Sébastiani, lesquels viennent d’être pris à partie par les Autrichiens de Klenau.

Macdonald
Il faut se rendre à l’évidence, c’est bel et bien l’armée de Bohême qui a pris l’initiative de l’attaque. Dès neuf heures du matin, les combats font rage devant Dölitz, Wachau et Liebertwolkwitz. Malgré la fureur de l’ennemi, Poniatowski et Victor résistent vaillamment. A cinq reprises, le village de Wachau est perdu et repris, pour rester finalement au pouvoir de Victor. Plus à gauche, la position de Lauriston est plus critique. Après avoir contenu les troupes de Gortschakoff et de Pahlen, le voilà maintenant menacé par Klenau. Macdonald tardant à venir en soutien, l’Empereur se voit obligé d’envoyer Mortier avec deux divisions de la Jeune Garde et deux corps de cavalerie au secours de Lauriston. Une fois la situation rétablie et les troupes de Macdonald parvenues à leurs positions, Napoléon tente une attaque sur le centre autrichien. Les troupes françaises gagnent du terrain, mais ne parviennent pas pour autant à refouler les coalisés. A un moment donné du combat, une brèche se fait jour dans les rangs ennemis, donnant quelque espoir en la victoire. C’est sans compter avec la garde russe qui est très vite venue boucher la trouée.

A onze heures du matin, au nord, Blücher a également lancé ses hommes à l’attaque. Il n’est pas sans progresser et, à treize heures, il arrive face aux troupes de Marmont. Ce dernier est, dans le même temps, appelé par l’Empereur, afin d’apporter son poids dans la balance du combat mené par l’aile droite. Bien entendu, il lui est impossible de répondre favorablement à l’ordre qui lui est donné, étant bien trop occupé à contenir les Prussiens de York, lesquels parviennent même à le faire reculer au-delà de Möckern. Ney a encore le corps de Souham à sa disposition, mais ne réalisant sans doute pas tout l’enjeu de la bataille qui se livre au sud de Leipzig, il tarde à envoyer ce corps d’armée en renfort. Du reste, ce dernier restera bien trop éloigné pour être d’une quelconque utilité à l’aile droite française.

A contrario de Ney, un général français, le général Maison, avait compris qu’allait se jouer, en ce 16 octobre 1813, non seulement le sort d’une bataille, mais l’avenir même du 1er Empire et de la Grande Armée. Au petit matin de ce jour fatidique, il avait déclaré à ses hommes réunis : « Mes enfants, c’est aujourd’hui la dernière journée de la France ; il faut que nous soyons tous morts ce soir. » Effectivement, après un combat héroïque devant Gülden-Gossa, les cinq sixièmes de sa division avaient péri, et c’est à peine s’il restait un millier de survivants. Le général Maison, lui-même, avait reçu un nombre impressionnant de blessures par balles.

Autre héros du jour, le général Latour-Maubourg fut gravement blessé au cours du combat, après qu’un boulet ennemi lui eut littéralement broyé la jambe gauche. Au moment même où on allait l’amputer, et voyant son ordonnance se lamenter, le général lui adressa ces mots devenus célèbres : « Mais cesse donc de pleurer, imbécile ! Cela te fera une botte de moins à cirer. » 

Tandis que l’on se battait au nord et au sud, le général autrichien Guilay essaya de tourner les Français ou, du moins, de leur barrer toute voie de retraite. Mais Napoléon veillait et envoya aussitôt le général Bertrand se porter sur Lindenau. Avec seulement 15.000 hommes, Bertrand culbuta les 20.000 soldats de Guilay et s’assura de la route d’Erfurth. Ainsi, la porte de sortie était préservée.

Au soir du 16 octobre, les combats cessèrent enfin, sans avoir vraiment donné un avantage à l’un ou l’autre des deux adversaires. Les pertes furent très lourdes, s’élevant à 20.000 hommes du côté français et 30.000 du côté des coalisés.

Au cours de la journée, dite de Wachau, le brave Poniatowski se distingua, comme à son habitude, ce qui lui valut le bâton de maréchal, bâton qui lui fut immédiatement remis, à l’endroit même où il avait fait prisonnière la colonne autrichienne du général Merfeld. Ce général autrichien, bien connu de l’Empereur pour avoir servi de négociateur après la bataille d’Austerlitz, fut libéré par Napoléon qui lui demanda d’aller porter aux souverains ennemis ses propositions d’armistice : il fera reculer son armée sur la Saale si les coalisés font de même sur l’Elbe. Ce n’est pas que l’Empereur croyait réellement aux chances de la paix, mais il espérait au moins obtenir une trêve entre deux armées qui n’avaient pu s’arracher la victoire.

Le 17 octobre au matin, Napoléon s’est levé tôt afin d’aller examiner le champ de bataille. Il sait que l’ennemi attend de très importants renforts avec l’armée de Bernadotte et celle de Bennigsen, portant ainsi à 300.000 hommes les effectifs des coalisés. Pour sa part, l’Empereur n’attend que le 7e corps de Reynier, soit trois divisions. Alors qu’il chevauche à côté de Murat, il se confie à ce dernier : « il ne faut pas s’abuser, il faut songer à la retraite ». Les dernières chances de victoire se sont, en effet, envolées. Non seulement le rapport des forces devient par trop disproportionné, mais les munitions vont aussi bientôt faire défaut. Profitant d’un « cessez-le-feu » tacite, la Grande Armée consacre la journée du 17 octobre à resserrer ses lignes autour de Leipzig. Disposées en arc de cercle, les troupes se préparent à défendre la ville, de manière à ce que la retraite s’effectue dans les meilleures conditions possibles. Ainsi que nous allons le voir, le sort en décidera autrement.

La bataille de Leipzig

La nuit est sur le point de tomber et le général Merfeld, envoyé en tant que plénipotentiaire, n’est toujours pas revenu. Il est clair que les coalisés n’ont pas la moindre intention d’envisager la paix. S’ils n’ont pas encore repris les hostilités, c’est tout simplement parce qu’ils attendent d’être rejoints par les renforts annoncés, nécessaires à l’application de leur plan. Celui-ci, principalement initié par Schwarzenberg, est simple mais efficace : attaquer l’Empereur des Français de toutes leurs forces, au même moment et sur tous les points du champ de bataille, de manière à empêcher de manœuvrer le plus grand stratège de l’histoire.

Anticipant l’issue de la journée qui s’annonce, Napoléon, qui a établi son quartier général à Lindenau, met à profit la nuit pour prendre toutes dispositions utiles. Ainsi ordonne-t-il à Bertrand, à trois heures du matin, de se diriger vers Lützen, avec pour mission de reconnaître et d’ouvrir la route devant servir à la retraite. En plus de son corps d’armée, l’Empereur lui adjoint la division Guilleminot, détachée du 7e corps de Reynier qui ne saurait tarder.

A huit heures du matin, les troupes coalisées s’ébranlent, plus que jamais confiantes en la victoire. Elles savent, en effet, que leur nombre suffira à pallier tout coup du sort, rendant la défaite impossible. Du côté français, les soldats de la Grande Armée, fidèles à leur réputation, n’ont pas l’intention de céder un pouce de terrain et sont toujours capables des plus grands exploits. Ce 18 octobre promet donc d’être une journée particulièrement sanglante. A dix heures, toute la ligne de combat s’est embrasée, les canons déversant leurs flots de fer et de feu de part et d’autre. Au sud, Poniatowski et Victor résistent au-delà de ce qu’il est permis d’espérer. Après avoir repoussé quatre attaques, ils ont même gagné un peu de terrain sur les hommes de Schwarzenberg, pourtant beaucoup plus nombreux. Au centre, la situation est plus critique, et si Augereau parvient à tenir bon sous la mitraille, il n’en va pas de même pour Macdonald qui prend de plein fouet les attaques de Bennigsen. Au nord, Ney et Marmont qui ont, jusqu’à présent, fait belle figure face aux assauts répétés de Blücher, voient la situation très vite compromise avec l’arrivée de l’armée de Bernadotte. Néanmoins, la résistance française se veut héroïque. A trois reprises, les hommes de Blücher parviennent à traverser la rivière Partha, mais ils sont à chaque fois repoussés. Les Français ne peuvent, cependant, conserver le village de Paunsdorf investi par les troupes de Bernadotte. Ce dernier n’avait, du reste, pas manqué de signaler son arrivée à ses anciens compagnons d’armes, en les saluant par une décharge de fusées à la Congrève.

Soucieux de reprendre Paunsdorf, Ney envoie les deux divisions de Reynier, la division Durutte et la division saxonne, à la reconquête du village. C’est alors que va se produire un fait unique dans les annales militaires : la défection, pour ne pas dire la trahison, de la division saxonne, et ce, au beau milieu des combats. En effet, alors que les douze mille Saxons, équipés de quarante canons, s’avançaient vers leur objectif, ils firent brusquement volte-face et ouvrirent le feu sur la division française qui les suivait. Et pendant que la mitraille pleuvait sur les hommes de Durutte, les officiers saxons allèrent se placer sous le commandement de Bernadotte, qu’ils connaissaient bien pour avoir déjà servi sous ses ordres par le passé. A la vue de cette infamie, le roi de Saxe, Frédéric-Auguste, allié de l’Empereur et véritable homme d’honneur, crut mourir de honte. Le résultat n’en fut pas moins catastrophique, provoquant stupeur et désordre au sein des troupes de Ney. Bien évidemment, l’ennemi en profita pour franchir la Partha et faire reculer nos soldats en direction de Leipzig. Se voyant ainsi menacé au nord, Napoléon envoya aussitôt Nansouty, à la tête de la cavalerie de la Garde, rétablir la situation. Les premiers ennemis à tomber sous leurs sabres ne furent autres que ces mêmes Saxons qui venaient de retourner leurs fusils contre leurs anciens frères d’armes. Désireux de leur faire payer très cher leur trahison, les cavaliers de la Garde se livrèrent à un véritable carnage, taillant en pièces ces alliés d’hier. Bientôt, le front se stabilisa, et Ney, lui-même, put stopper l’hémorragie, désormais soutenu par la Garde Impériale. Il fallait le voir, avec ses habits en lambeaux, se battre comme un lion, faisant toujours honneur à sa réputation.

Jusqu’à la fin de la journée, les combats vont faire rage, sans pour autant que l’un ou l’autre des belligérants ne parvienne à progresser. Mais dans la situation des Français, combattant à un contre trois, il s’agissait bien moins d’avancer que de conserver les positions coûte que coûte. Avant que le soleil ne se couche, les coalisés vont risquer une dernière tentative, lançant une attaque générale appuyée par toutes leurs forces. Malgré le choc des masses ennemies, les Français tiennent bon une fois de plus, décourageant leurs adversaires qui finissent par décrocher.

L’obscurité enveloppe désormais le champ de bataille, amenant les armes à se taire. Les artilleurs français font un triste bilan : depuis le début de la bataille, ils ont tiré 220.000 coups de canon, et il ne leur reste plus que 16.000 boulets, juste de quoi maintenir le feu pendant deux heures tout au plus. Dans ces conditions, il n’est même plus pensable de vouloir poursuivre le combat, et seule la retraite s’impose. Celle-ci s’organise pendant la nuit. La Garde Impériale est la première à franchir l’Elster. Mais l’unique pont enjambant la rivière ne permet pas une évacuation très rapide, de sorte que l’on décide d’édifier un second ouvrage. Malheureusement, le temps fait défaut, forçant les pontonniers à bâcler leur travail. Et le résultat ne se fait pas attendre : très vite, le pont cède et ne sera pas remonté.

Napoléon quitte lui-même Leipzig après avoir fait ses adieux au roi de Saxe. Ce dernier a émis le désir d’accompagner l’Empereur dans sa retraite, mais Napoléon pense que Frédéric-Auguste, dont la fidélité ne s’est jamais démentie, doit maintenant se désolidariser de lui s’il veut avoir une chance de conserver son royaume. En fait, Napoléon se trompe lourdement, car, d’ici quelques heures, les coalisés vont se saisir du roi de Saxe et le traiter en prisonnier de guerre.

Pensant à Gouvion-Saint-Cyr, Napoléon lui fait parvenir un message dans lequel il lui explique la situation et lui demande de sortir de Dresde, de se frayer un passage dans les lignes ennemies, et de ramasser toutes les garnisons situées sur la route d’Hambourg, lieu où il doit faire sa jonction avec Davout. Malgré toutes ses tentatives, Gouvion-Saint-Cyr ne parviendra pas à échapper à l’étau qui s’est refermé sur lui, et devra se rendre à l’ennemi. Emmené en captivité en Russie, il sera le seul maréchal d’Empire à avoir été fait prisonnier.


Enfin, dans l’organisation de la retraite, Napoléon a ordonné que l’on mine le pont enjambant l’Elster, et de le faire sauter après le passage du dernier soldat français.

Le jour pointe et la brume commence à se dissiper, offrant aux coalisés le spectacle de la Grande Armée battant en retraite. Les files de soldats sont encore longues devant le pont, et il faudra sans doute encore deux ou trois heures avant que ce flot n’ait pu s’écouler. L’état-major ennemi ordonne aussitôt l’attaque, lançant toutes les troupes disponibles à l’assaut de Leipzig. A l’arrière de l’armée française, et chargés de protéger la retraite, sont restés les hommes de Reynier, Lauriston, Macdonald et Poniatowski. Ces unités combattantes voient un flot de soldats ennemis se ruer sur elles. Elles restent toutefois impassibles. Ayant resserré leurs rangs, il leur sera possible de se replier vers le pont tout en combattant, les faubourgs offrant une première ligne de défense. La pression des coalisés se faisant de plus en plus forte, on se bat bientôt au corps à corps jusque dans les rues de Leipzig. Néanmoins, nos valeureux soldats résistent, ne cédant du terrain que pied à pied et permettant ainsi au mouvement rétrograde de se poursuivre en bon ordre. Un grand malheur va cependant se produire, faisant s’envoler les légitimes espoirs des défenseurs. Comme il a été dit plus haut, le pont de Leipzig, sur l’Elster, a été miné et doit exploser lorsque le dernier combattant français aura pris pied sur l’autre rive. La décision de faire sauter le pont, pour interdire tout passage à l’ennemi, était bien évidemment naturelle en cette circonstance. Par contre, on peut se demander s’il était judicieux de confier cette tâche à un simple caporal du génie. De fait, celui-ci voyant approcher des tirailleurs russes le long de l’Elster, cède à la panique et, sans réfléchir, ordonne la mise à feu des charges, alors que 15.000 défenseurs français sont encore dans la ville. Le pont se volatilise littéralement, et la détonation se fait entendre à plusieurs kilomètres à la ronde. De chaque côté de la rivière, on saisit immédiatement le drame de cet événement. A Leipzig, les Français vont continuer à se battre pendant quelque temps, vendant chèrement leur peau, pour finalement se rendre, submergés par le nombre. Reynier et Lauriston sont faits prisonniers, alors que Macdonald parvient à s’enfuir en traversant la rivière à la nage. Poniatowski veut l’imiter en jetant son cheval à l’eau. Mais ayant reçu plusieurs blessures, ses forces l’abandonnent lors de cette dernière épreuve, et celui qui venait d’accéder au maréchalat finit par se noyer, emporté par les eaux.

Poniatowski va trouver la mort en se jetant dans la rivière

Peu de temps après, le feu cesse, et la Grande Armée, amputée de nombre de braves, peut se retirer sans être poursuivie.

Ainsi s’achève la bataille de Leipzig, celle que les Allemands surnommeront « la Bataille des Nations ». La défaite est française, bien que l’ennemi ait perdu un plus grand nombre d’hommes (51.000 sur les trois jours de combats), et ses conséquences sonnent déjà le glas de l’Empire Français. Non seulement Napoléon se voit obligé d’abandonner l’Allemagne, mais encore va-t-il devoir affronter l’ennemi sur son propre territoire.