Napoléon mérite-t-il la gloire

qui entoure son nom ?

 

par Jean-Claude Damamme
Représentant pour la France de la Société napoléonienne Internationale

 

 

C’est une question que l’on pose souvent avec les arrière-pensées d’hostilité traditionnelles que les visiteurs de ce site connaissent bien.

À cette question, je réponds :

Oui, et sans l’ombre d’une hésitation.

Quand Bonaparte prit le pouvoir, la France, économiquement, politiquement, moralement, socialement, était un pays sinistré.

I l a rétabli l’économie, ramené la paix religieuse et sociale, consolidé, en les structurant, les acquis de la Révolution, établi – ce qui constitue une incroyable novation en ce temps – la promotion au talent et à la capacité, et donné à la France des institutions : Code civil, préfectures, lycées, Bourses de commerce, Conseils de prud’hommes, Cour des Comptes, Banque de France, Légion d’Honneur… – sans préjudice des grands travaux : routes, ports, canaux, ponts, etc. – qui firent de la France un État moderne, fort et prospère, et subsistent encore de nos jours.

Il a porté à bout de bras une France en guerre, depuis la Révolution, avec, pratiquement, toute l’Europe monarchique qui ne voulait pas que les Droits de l’Homme, cette idée explosive, fissent école et vinssent enrayer le beau système des monarques de droit divin.

Napoléon, au début de son règne, fit une offre – écrite – de paix au roi d’Angleterre.

Il n’obtint qu’une fin de non-recevoir, et faute d’avoir réussi, lorsqu’il était Premier Consul, à le faire assassiner par les tueurs royalistes soldés par elle, l’Angleterre paya des mercenaires : Russie, Autriche, Prusse, Suède, Espagne, Portugal… pour abattre la France et son chef. Cela lui coûta soixante six millions de livres sterling de l’époque.

Suivirent dix années de coalitions, connues aujourd’hui sous le nom de « guerres napoléoniennes ». Honteuse manipulation sémantique qui fait accroire au grand public, délibérément dupé, que l’homme dont le patronyme a donné naissance à cet adjectif en est le responsable, tout en laissant, dans une ombre complice, les véritables coupables.

Après chaque victoire, Napoléon proposait la paix. On ne faisait mine de l’accepter que pour refaire ses forces et préparer une nouvelle coalition.

Oui, Napoléon, qui, trop souvent, sert de faire-valoir à des individus médiocres persuadés de se hausser en l’abaissant, mérite la gloire entourant son nom, parce que cet homme qu’une poignée d’imbéciles malfaisants en mal de lecteurs et de notoriété [!] comparent volontiers à Hitler, a donné aux Juifs, qui n’avaient alors aucun droit, le statut de citoyens à part entière, en France et dans les pays intégrés à l’Empire.

Son pouvoir fut autoritaire. Sans doute, mais on ne gouverne pas un pays convalescent des atrocités de la Terreur et de l’anarchie du Directoire, cerné d’ennemis et en situation quasi permanente de guerre larvée comme on gouverne une principauté d’opérette.

Des erreurs ? Bien sûr, mais qui, investi de responsabilités aussi gigantesques au milieu de tant d’adversité, n’en eût pas commis ?

On ne saurait terminer une évocation de Napoléon sans citer l’une de ses phrases. Voici, pour moi, la plus belle, celle qui le résume parfaitement :

« Il n’y a plus d’ennemis après la victoire, mais seulement des hommes. »

 

 

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