GRANDS GUERRIERS Les fantassins de la Vieille Garde de Napoléon par Jerry Merolock Traduit par Lise Trudeau
La Garde impériale, issue de la garde du corps personnelle de Napoléon, n’est à l’origine qu’une petite équipe. Toutefois, pendant la Campagne de Russie en 1812, son effectif atteint les 100 000 soldats. Les hommes sont triés par âge et durée de service dans la Jeune Garde, la Garde Moyenne et la Vieille Garde. Les membres de la Garde impériale reçoivent des privilèges comme une solde supérieure, de meilleurs soins médicaux, un armement et des équipements qui leur sont propres et meilleurs. De plus, le grade d’un homme de la Garde est d’un cran supérieur à celui de son équivalent qui ne fait pas partie de la Garde (par exemple, le corporal de la Garde impériale est l’équivalent d’un sergent non membre de la Garde). Bien que chaque homme de la Garde soit choisi personnellement pour ses aptitudes exceptionnelles au combat, les membres de la Vieille Garde jouissent du statut d’élite – ils sont les meilleurs des meilleurs. Pour devenir un homme de la Vieille Garde, un soldat doit mesurer au moins cinq pieds cinq pouces (beaucoup de grenadiers, les vieux de la Vieille, étaient beaucoup plus grands), avoir complété quatre années de service actif et avoir participé à au moins deux campagnes. En campagne, les hommes de la Vieille Garde, comme tous les fantassins de Napoléon, marchent 15 miles par jour et combattent souvent dans des batailles rangées à la fin d’une dure journée. Bien que des premiers efforts pour fournir aux troupes des aliments en conserve commencent sous Napoléon (des bouteilles de verres sont utilisées car les aliments en boîte n’ont pas encore été mis au point), les hommes de la Garde comme les soldats ordinaires font des raids pour trouver leur nourriture, vivant essentiellement des produits du territoire. Comme la plupart des campagnes de Napoléon sont menées hors de France, les pillages de ses armées servent le double objectif de nourrir les troupes françaises tout en privant ses ennemis de ressources. Au combat, les fantassins de la Vieille Garde emploient les ‘tactiques napoléoniennes’, marchant en rangs serrés jusqu’à portée de tir des lignes ennemies pour ensuite expédier des salves nourries des fusils à silex (habituellement appuyées par les coups intensifs et dévastateurs de l’artillerie mobile au point d’attaque) avant de déferler pour achever leurs opposants à la baïonnette. Aucun fantassin de cette époque n’exécute mieux ces tactiques de combat rapproché que les hommes de la Vieille Garde de Napoléon, ce qui leur vaut la crainte et le respect des ennemis de l’Empereur. À n’en pas douter, c’est pour cette raison que Napoléon garde souvent en réserve la Vieille Garde jusqu’à ce que la bataille atteigne son point critique, choisissant avec soin le moment de lancer l’attaque formidable de cette unité afin d’obtenir l’impact maximal. À Waterloo (1815), le dernier affrontement de Napoléon, l’Empereur lance la Vieille Garde dans une dernière tentative désespérée pour renverser le cours de la bataille après que l’armée anglo-hollandaise aux abois du Duc de Wellington ait reçu le renfort opportun des Prusses de Gebhard von Blücher. (Voir Hard Choices, septembre 2008 ACG.) Pourtant même les troupes les plus sûres de Napoléon ne peuvent l’emporter devant un nombre aussi écrasant. Repoussée et forcée de retraiter, la Vieille Garde se rallie en carrés défensifs pour une dernière résistance alors que leurs rivaux les conjurent de se rendre. Encerclée, lourdement écrasée par le nombre et faisant face aux bouches de canon de l’artillerie, la fine fleur de l’armée de Napoléon répond fièrement : « La Garde meurt, mais ne se rend pas! » Les fantassins de la Vieille Garde de Napoléon resteront vraisemblablement dans nos mémoires pour toujours, car rares sont les grands guerriers de l’Histoire qui auront autant dominé une époque entière de guerre. Jerry D. Morelock
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