Fanchon, une chanson
des soldats de la Grande Armée


Par Xavier Riaud (FINS, médaille d’honneur de l’INS) (*)

 

Historique :


Fanchon est l'une des chansons les plus célèbres de la première épopée napoléonienne. Elle aurait été composée par le général de cavalerie La Salle. La légende dit qu'il l'aurait entonnée pour la première fois le soir de Marengo (1800). Les soldats de la Grande Armée l’ont chantée au bivouac, dans toute l’Europe du XIXème siècle, la veille des combats. Ce qui est en revanche certain est que l'air est plus ancien. Il proviendrait de la chanson Amour, laisse gronder ta mère, qui remonterait peut-être au XVIIe siècle.

Bientôt très populaire, Fanchon a été un temps le chant des valeureux Marie-Louise et perdure jusqu'en 1870 dans le répertoire militaire. Malheureusement, comme beaucoup d'autres, elle est tombée peu à peu dans le domaine des chansons populaires festives, voire des chansons paillardes. Elle constitue un bel hommage aux cantinières et aux vivandières, femmes des armées courageuses maintes fois citées et décorées. Certaines d’entre elles ont reçu la Légion d'honneur notamment.

Aujourd’hui, elle est reprise en cœur par les étudiants français au cours de leurs soirées et par les sportifs lors de leurs 3èmes mi-temps qui se souviennent encore de la jolie Fanchon.



Paroles:

Amis il faut faire une pause
J'aperçois l'ombre d'un bouchon
Buvons à l'aimable Fanchon
Chantons pour elle quelque chose



Refrain :


Ah! Que son entretien est doux,
Qu'elle a de mérite et de gloire.
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous,
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous,
Elle aime à rire, elle aime à boire,
Elle aime à chanter comme nous.
Oui, comme nous!

Fanchon préfère la grillade
A d'autres mets plus délicats.
Son teint prend un nouvel éclat
Lorsqu'on lui verse une rasade



Refrain

Fanchon quoique bonne chrétienne,
Fut baptisée avec du vin.
Un Bourguignon fut son parrain,
Une Bretonne sa marraine.



Refrain

Fanchon ne se montre cruelle,
Que lorsqu'on lui parle d'amour
Mais moi si je lui fais la cour
C'est pour m'enivrer avec elle.


Refrain

Un jour le voisin, La Grenade,
Lui mit la main dans le corset,
Elle répondit par un soufflet
Sur le museau du camarade.

Antoine-Charles-Louis de La Salle (1775-1809), général de division, hussard, Grand officier de la Légion d’honneur, comte d’Empire, est mort à Wagram
(domaine public).

 

 

 

 

(*) Docteur en Chirurgie Dentaire, Docteur en Epistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques, Lauréat et membre associé national de l’Académie nationale de chirurgie dentaire.

 

RÉAGISSEZ À L'ARTICLE...

 

 

 

Retour à la rubrique:

LES HÉROS DE LA GRANDE ARMÉE