QUE VALENT LES PAPIERS DE
LA FAMILLE BONAPARTE
AVANT SON ÉLÉVATION?

Par Jean Defranceschi, FINS
Directeur de recherche au C.N.R.S.

 

 

Dès qu’il en eut le pouvoir, ce génie de la communication qu’était Napoléon (voir Jean Tulard, Napoléon ou le mythe du sauveur, Paris, Fayard, 1977,1980,1986,1988) ne recula devant rien pour faire oublier les vraies raisons de sa rupture avec Paoli.

Tous les papiers susceptibles d'en perpétuer le souvenir furent alors jetés au feu et remplacés par d’autres spécialement conçus pour infléchir la vérité dans le sens voulu.

Cela dit, l'Empereur savait pertinemment que sa vie et son oeuvre se suffisaient à elles-mêmes et qu'une part de mystère sur ses origines ne pouvait que donner plus de relief à sa légende. En d'autres termes, s'il brûla beaucoup de papiers, Napoléon ne produisit qu'un nombre limité de faux. La plupart de ces derniers ont été fabriqués sous le règne de son neveu. Il n'est d'ailleurs pas prouvé que Napoléon III fût le commanditaire des faussaires qui prospérèrent sous son règne et l'on peut même se demander s'il n'en fut pas la dupe et si sa faute (puisque gouverner c'est prévoir) ne fut pas d'accepter que les "Mémoires sur l'enfance et la jeunesse de Napoléon" de Nasica lui fussent dédiés. Il n'y a sur ce point qu'une certitude, les faussaires étaient toujours des ultras. C'étaient parfois des fonctionnaires, tel Jal, historiographe de la marine, qui est, à coup sûr, l'auteur de tous les faux conservés dans les divers dépôts d'archives de la marine, mais plus souvent de simples particuliers liés aux Bonaparte, tels les Braccini, sûrement pas Francesco, «l'homme de confiance» qui était mort au moment des faits, mais celui de ses héritiers qui aurait en 1863, remis les susdits papiers à l'Empereur ; les Ramolino, non pas André, l'oncle maternel auquel Napoléon avait légué sa maison de famille, mais son héritier, André-Napoléon Lévie-Ramolino que Madame Mère et le Cardinal Fesch, outrés par le monstrueux abus de confiance auquel il s'était livré, poursuivirent jusque dans la tombe. Libri qui profita, à l'évidence, de la mission que Joseph Bonaparte lui avait confiée en introduisant dans les soi-disant Ecrits de jeunesse d'autres faux, telle la Nouvelle Corse où l'on peut lire ces mots "après les avoir secourus comme hommes, nous les tuâmes comme français" que le lieutenant Bonaparte aurait pu écrire au temps où il rêvait d'être le libérateur de la Corse, mais qui auraient immanquablement conduit Napoléon Ier à jeter ce manuscrit au feu s'il l'avait tenu ne serait-ce qu'un instant entre les mains. Et pour finir Nasica qui fut sans contestation possible, l’un des, sinon le cerveau de l’affaire. C’est ce qui nous est apparu au cours d’une vie de recherches consacrées au milieu social et national dans lequel Napoléon naquit et grandit.

(Pour les détails, voir notre communication Napoléon et la question corse. Revue de l’Institut Napoléon n° 181- 2000-II. Reprise à la salle des Congrès d’Ajaccio, le 6 décembre suivant, sous le titre Bonaparte et Paoli, même combat. Publiée dans la Revue Nabulione, Ajaccio, 2001, à l’occasion du livre de Charles Napoléon : Bonaparte et Paoli. Aux origines de la question corse, Perrin, 2000 ).

C’est ce qui nous a conduit à diviser les susdits papiers en trois catégories, les vrais, les faux, et les insignifiants.

Les premiers ne manquent pas. On les trouve partout, en commençant par les archives nationales où l’on peut consulter le P.V. de l’assemblée électorale tenue à Corte au mois de septembre 1792 que nous verrons plus loin.

Mais l’essentiel de la documentation se trouve en Corse où tout a commencé. Et d’abord aux archives communales d’Ajaccio où sont conservés tous les actes de baptêmes, de mariages, de sépultures de tous les ancêtres de Napoléon (voir registres paroissiaux de la ville d’Ajaccio, série GG – 1612-1797) sur lesquels nous reviendrons. Mais aussi aux archives départementales où l’on trouve une multitude d’autres documents qui permettent de suivre les ancêtres de Napoléon dans leur participation à la vie, non seulement de leur cité mais de la Corse entière.Une seule catégorie doit nous retenir ici : les mutations de propriétés (ventes, contrats de mariages, testaments) qui nous ont permis de remonter jusqu'aux origines de la propriété des Bonaparte sur le territoire d'Ajaccio. Nul doute possible, la terre des Salines fut concédée par la commmunauté d’Ajaccio à la famille Bonaparte à charge de construire un poste avancé de la ville : la Tour des Salines précisément. L’acte ayant aujourd’hui disparu, il n’est pas possible de donner la date exacte de cette concession (qui, selon toutes les apparences, remonte à la fondation de la ville en 1492, ou pour le moins au début du XVIè siècle) ; mais le fait est attesté par un autre acte du 28 octobre 1584 par lequel la communauté concéda à Geronimo Bonaparte l’étang des Salines entièrement enclavé dans les terres de sa famille. A vrai dire cet acte passé par le notaire Gabriele Staglieno a disparu, lors de l’incendie de la maison Valerio Forciolo où le ceppo du notaire était conservé. Mais Charle, qui possédait une copie en très mauvais état, entreprit les démarches nécessaires pour la faire reconaître. ( Pour les détails, voir notre livre La Jeunesse de Napoléon – Les dessous de l’Histoire-, Paris, Lettrage, 2001. Annexe II – les terres, 1) Le domaine des Salines ).

D’autres actes, trop nombreux pour être cités ici, permettent de suivre l’évolution de cette propriété familiale jusqu’au 18 juin 1763 (notaire G.M. Spoturno), c’est-à-dire jusqu’au jour où les trois frères Bonaparte, Giuseppe Maria Bonaparte (le grand-père de Napoléon), Napoleone et Luciano, se partagèrent les biens hérités de leur père, Sebastiano. On ne saurait donc trop insister sur cet acte qui réduit à néant l’un des mythes fondateurs du culte impérial, la fortune des Bonaparte : “Lafamille Bonaparte possédait, en Corse, une douzaine de mille livres de rentes, parce que depuis un siècle, il n'y avait pas eu de partage...” (Gourgaud, 27 juin 1817). Il suffit pour cela de le mettre en parallèle avec les opérations préliminaires du Terrier (Giornale delle Perizie. Archives communales d’Ajaccio, série HH) pour connaître au denier près la rente du grand-père de Napoléon, 406 livres de Gênes, soit 340 livres de France, c’est-à-dire quarante fois moins que ce que l’exilé de Sainte Hélène disait. Un acte qui prend toute sa signification lorsqu’on sait que la part échue au grand-père de Napoléon (la terre de Maria Stella et le jardin de Lama) fut donnée, trois jours plus tard, en dot à sa fille Gertrude (acte du 21 juin 1763, notaire ibidem). Si bien qu’à partir de ce moment, Giuseppe Maria, ou plutôt son fils, Carlo Maria, qui lui succéda six mois plus tard - comme nous le verrons plus loin - n’avait plus aucun bien provenant de sa famille. Il dut attendre son mariage avec Letizia Ramolino (voir contrat de mariage du 1er juin 1764, notaire Pietro Francesco Costa) pour retrouver un petit patrimoine. Cela est si vrai qu’aussitôt après, Charles fut admis à l’université de Corte fondée par Pascal Paoli, où il fit ses études de droit comme boursier de la nation, c’est-à-dire comme indigent. Cela dit, après s‘être bien battu pour l’indépendance de son pays ( voir notre communication Charles Bonaparte face à la conquête de la Corse Revue de l’Institut Napoléon n° 152 – 1989-I ), le père de Napoléon se mit au travail ( voir notre article “Charles Bonaparte” dans le Dictionnaire Napoléon de J. Tulard ). En effet, après la reconnaissance de la noblesse de sa famille, Charles entreprit de reconstituer le domaine familial tel qu’il était au temps de son lointain ancêtre, Geronimo, en rachetant une à une toutes les terres données en dot aux filles de la famille depuis le début du XVIIè siècle. Si bien qu’à sa mort la propriété familiale couvrait une surface de 35 hectares, et même un peu plus lorsqu’on y ajoute la concession des Milelli dont la famille ne prit possession qu’après sa mort .

Ses héritiers poursuivirent l’oeuvre en faisant passer le domaine familial de 45 hectares en 1789 à 1915 hectares lors du couronnement (pour les détails, voir notre communication “La fortune des Bonaparte de Corse, 1584-1842”. Revue de l’Institut n° 177 (1998-II) : 7 acquisitions au total qui réduisent à néant l’autre mythe fondateur du culte impérial, la trahison de Paoli : “ Lorsque Paoli voulut donner la Corse aux Anglais , disait l’exilé de Sainte Hélène, la famille Bonaparte demeura ferme à la tête du parti français ” ( Mémorial ).

Entendons-nous bien. Il y a dans ce que l’exilé de Sainte hélène disait une part de vérité indéniable, mais il faut pour la voir prendre en considération les faits attestés par les sources en dehors desquelles l’Histoire n’est que mythologie. Nous les rappelons donc.

Au moment de sa réunion à la France, la Corse était un pays pauvre, si pauvre que la plupart des habitants n’avaient jamais vu une pièce de monnaie, si pauvre que les impôts étaient payés en nature. Le décret d’incorporation eut un effet pervers que personne n’avait prévu. La départementalisation contraignit le pouvoir central à déverser dans l’île, chaque année, la somme fabuleuse de plus de cinq millions de francs-or, c’est-à-dire plus de cinquante fois le montant de l’impôt. Il s’ensuivit une vague de corruption sans précédent. En effet, les fonds nécessaires envoyés de Paris pour payer les ecclésiastiques devenus fonctionnaires, les juges, les gardes ntionaux, etc..., arrivaient rarement à destination

Il est également vrai qu’après avoir longtemps soutenu les Bonaparte et leur avoir permis malgré leur très jeune âge d’accéder aux plus hautes charges de la fonction publique : directoire du département pour Joseph, lieutenant-colonel du IIè bataillon des volontaires nationaux pour Napoléon, vicaire général du diocèse d’Ajaccio pour Fesch - que nous retrouverons plus loin -, Paoli prit ses distances.

L’événement eut lieu au mois de septembre 1792, lorsque les électeurs réunis pour élire les six députés de la Corse à la Convention demandèrent le changement de tous les administrateurs en fonction. Certains même allèrent plus loin en demandant la rupture des liens avec la France. Il fallut toute l’autorité de Paoli pour faire échouer le mouvement ( voir P.V. de l’assemblée électorale du département de Corse tenue à Corte le 12 7bre 1792, l’an quatrième de la Liberté et premier de l’Egalité. A.N. C 178, 1-32). Mais lorsqu’une nouvelle assemblée fut réunie au mois de décembre suivant pour renouveler l’administration départementale, tous les membres sortants (Joseph était du nombre) furent renvoyés à leurs occupations particulières. Le mécontentement était si grand que, pour être élus, leurs successeurs durent promettre d’ouvrir une enquête et de dénoncer tous les abus à la Convention.

On connaît la suite. Pour sauver leur tête, les sortants profitèrent de la guerre avec l’Angleterre pour accuser leurs successeurs d’entente avec l’ennemi. La Convention fit semblant de les croire avec les conséquences aujourd’hui connues ( voir notre thèse La Corse française –30 novembre 1789-15 juin 1794. Paris I - Sorbonne, 1980, Société des Etudes Robespierristes, Bibliothèque d’Histoire révolutionnaire ).

 

Les papiers de la deuxième catégorie se trouvent également partout. Aux archives départementales de la Corse où l’on peut consulter la déclaration des pertes subies par les Bonaparte du fait de l’occupation anglaise, dont la fausseté est attestée par le passage suivant : “une maison située dans la rue Bonaparte toute meublée à quatre étages compris le rez-de-chaussée dévastée” ( A.D. 4L 526, pièces 2 et 3 ) que la mère de Napoléon n’a pas pu écrire pour une raison aujourd’hui connue, la maison Bonaparte ne comptait alors que trois niveaux : un rez-de-chaussée et deux étages. De plus, la moitié du deuxième étage n’appartenait pas aux Bonaparte, mais aux Pianelli ( pour plus d’ informations, voir notre livre La Jeunesse de Napoléon – Les dessous de l’Histoire, déjà cité. Annexe I : La maison, et annexes IX et X ).

Mais d’abord et surtout aux archives nationales où sont conservés tous les papiers de famille que Francesco Braccini, “l’homme de confiance”, aurait, en 93, sauvé de la fureur des paolistes, et dont nous savons aujourd’hui qu’ils ne méritent pas le moindre crédit. (Pour les détails, voir notre communication “Napoléon nous a trompés”. Université de Bâton Rouge. Publiée dans les Selected Papers 1997 du Consortium On Revolutionary Europe .)

Et dans tous les autres dépôts d’archives publiques, y compris à la Bibliothèque nationale où l’on peut consulter “Le Livre de Raison de Charles Bonaparte” dont la fausseté est attestée par le passage suivant : “ la terrasse que j’ai fait construire sur le site de M. Ponte me coûte environ 600 F. Elle a été achevée le 19 mai 1774 ” ( B.N. Cabinet des manuscrits, nouvelles acquisitions françaises, 1958-1968 ) que le père de Napoléon n’a pas pu écrire pour une raison irréfutable : Giacomo Maria Ponte ne lui vendit sa maisonnette de la rue Del Pepe que le 26 janvier 1775. De plus, la vente ne portait que sur le premier étage de la maison ; le rez-de-chaussée, donc le site, demeura pendant bien des années encore la propriété de la famille Ponte sur laquelle les Bonaparte n’avaient aucun droit, pas même celui de passer, à plus forte raison de bâtir. Une clause leur interdisait sous peine de nullité de surélever la maison, au point qu’ils durent attendre vingt-deux ans avant de conclure un nouvel accord qui leur permit de construire la terrasse en question. (pour les détails, voir notre livre La Jeunesse de Napoléon , déjà cité, annexe I : la maison ).

On en trouve également hors de France, notamment à la Bibliotheca Laurentiana de Florence où sont conservés les Ecrits de jeunesse de Napoléon, ceux qu’en 1815, l’empereur aurait confiés au cardinal Fesch qui les aurait conservés sa vie durant. Autrement dit les papiers qui constituent aujourd’hui le fonds Libri.

Et pour finir dans différentes collections privées qui se partagent les papiers provenant du fonds Frasseto (qui n’est qu’une partie du fonds Braccini) aujourd’hui encore aux mains des descendants de “l’homme de confiance”; ceux du fonds Levie-Ramolino, et d’autres encore d’origine inconnue.

C’est ce qui n’a pas échappé à Napoléon III qui, après s’être fait piéger par Nasica, prit les mesures pour y remédier en éliminant de la correspondance publiée sous son règne toutes les lettres antérieures au siège de Toulon.

Nous n’en dirons pas autant des biographes qui, trop souvent plus bonapartistes que Bonaparte ont après Sedan et jusqu’à nos jours, recueilli et publié toutes les lettres de famille dont la fausseté saute aux yeux de quiconque prend simplement le temps de les lire à la lumière des travaux sur la Corse.

Deux exemples extraits du tome premier de la Corespondance en cours de publication suffiront à éclairer le lecteur désireux de savoir ce qui s’est réellement passé :

 

- La lettre à Joseph Fesch, Bastia, 10 (février ou mars) 1790 (1), publiée par T. Lentz dans la Correspondance de Napoléon Bonaparte, t. 1 : Les Apprentissages. En voici la teneur :

Monsieur le vicaire général,

J’espère que vous ne prendrez pas la mauvaise habitude de faire lire vos lettres à personne. Ce qui est de moi à vous n’est pas de moi à un autre.

Il y a des probabilités pour Joseph ; cependant aucune certitude. L’on bourdonne de l’obliger à montrer son extrait baptistaire. Il est donc indispensable que vous fassiez ce que je vous ai chargé. Mettez dans votre confidence Coti (2) qui pourra s’en acquitter mieux que personne. Par ce moyen, lorsque l’on montrera l’extrait baptistaire de Joseph Napoléon, moi je montrerai le mien de 1767 (3), ce qui argumentera en sa faveur. Ne perdez pas un moment.

Je voudrais que vous profitiez de ces jours pour achever l’affaire de Saint Antonio. Que Olivieri parle à (Bocognano) (4) et vous, parlez à Paolina Peraldi (5). Je crois que c’est le moment favorable, il ne faut pas attendre plus longtemps, car si Joseph ne réussissait, tout serait perdu (6).

Si l’on nous sentencie contraire, vous m’enverrez tout de suite l’appel, il n’y a pas un moment à perdre.

Suivez mon conseil ; vous vous en trouverez bien.

Braccini (7) et Coti vous montreront leurs lettres. Vous y verrez les nouvelles du moment. Rossi (8) est à Bastia.

Maestro Matteo de Bogognano viendra pour arranger le moulin. Il a fallu la protection de Bonelli (9) pour l’y faire venir. Ainsi, que Joseph se mette en règle pour que tout soit prêt.

J’attends mes lettres de France avec intérêt.

Embrassez Maman et les petites, sans oublier M. Louis (10)(11)

La fausseté de cette lettre apparaît dans l’intitulé « Monsieur le vicaire général ». Le fait est d’autant plus assuré que ce titre n’existait pas dans le diocèse d’Ajaccio avant la Révolution et qu’il fut introduit en application de la constitution civile votée seulement le 12 juillet 1790, c’est-à-dire quatre ou cinq mois après l’envoi supposé de cette lettre. Fesch était alors archidiacre de la cathédrale d’Ajaccio ; il le demeura jusqu’au 26 décembre 1790, date à laquelle le chapitre fut supprimé (voir P.V. de suppression du chapître d’Ajaccio avec le discours de Fesch et la liste des chanoines présents, 26 décembre 1790. A. D. Corse du Sud 1L 184).

A partir de ce moment, le futur cardinal des Gaules redevenu un simple abbé parmi les autres, ne fut plus qu’un membre de la municipalité d’Ajaccio engagé dans le mouvement révolutionnaire. Nous le voyons intervenir comme tel, le 27 février 1791, pour engager les religieux de la ville, et par delà du district d’Ajaccio, à prêter le serment à la constitution (voir P.V. de prestation du serment civique par tout le clergé de la ville d’Ajaccio, avec le discours de Fesch et la liste des ecclésiastiques présents, 27 février 1791. A. D.Corse du Sud, Ibidem).

Il le demeura jusqu’à l’élection de l’évêque constitutionnel en la personne d’Ignazio Francesco Guasco, retardée jusqu’au 8 mai 1791, et plus précisément même jusqu’à la consécration de ce dernier par l’archevêque d’Aix, son retour en Corse, et la mise en place du nouvel évêché, pour voir Fesch accéder à cette fonction, le 27 septembre 1791 (voir lettre de Ignace François Guasco, évêque du département, au vicaire général Fesch, 27 septembre 1791. A. D. Corse du Sud 2L 255) c’est-à-dire dix-huit ou dix-neuf mois après l’envoi de la lettre en question.

A partir de ce moment, le nom de Joseph Fesch est toujours accompagné du titre de vicaire général pour le district d’Ajaccio (voir à titre d’exemple P. V. Circoscrizione delle Parrocchie – Distretto di Ajaccio, 12 mars 1792.. A. D. Corse du Sud Ibidem).

 

La date de cette lettre, dit-on, est incertaine, mais on ne voit pas comment la changer sans remettre en cause l’ensemble de la lettre, en commençant par les cinq lignes allant de « Il y a des probabilités pour Joseph… » jusqu’à «Ne perdez pas un moment» qui font état d’un événement bien connu : l’élection de la municipalité révolutionnaire d’Ajaccio, le 12 mars 1790, à l’occasion de laquelle le frère aîné de Napoléon fut élu conseiller municipal, alors qu’il n’avait pas l’âge requis et malgré l’opposition de certains membres qui l’obligèrent à faire venir de Corte son acte de baptême (voir P.V…per l’elezione delle nuovi ufficiali municipali della città d’Ajaccio, 12 mars 1790. A.D. Corse du sud 1 L 84), pour une raison bien facile à comprendre d’ailleurs, Joseph était alors le seul membre de la municipalité révolutionnaire qui connût parfaitement les deux langues : «A cette époque, disait-il au soir de sa vie, j’étais membre très actif de la municipalité, et mon temps était absorbé par des détails qui me permettaient cependant d’être au courant de tout ce qui se passait à Paris, étant le seul municipal qui connût parfaitement le français. C’est par mon canal que la municipalité recevait la connaissance des lois nouvelles qui devaient nous régir désormais, et dont nous étions tous très enthousiastes. Le maire de la ville, véritable organe de l’opinion populaire, homme vénéré à juste titre, ne parlait pas le français  » (Mémoires du roi Joseph, t. I, p. 39).

Cela est si vrai que, lorsqu’au mois d’octobre 1790, Joseph Bonaparte fut élu président du district d’Ajaccio, et qu’il dut en raison du non cumul des mandats démissionner du conseil municipal, Fesch, l’autre ajaccien capable de s’exprimer dans les deux langues, lui succéda.

Si nous n’avions que ces reproches à lui faire, nous pourrions encore douter, non sans mauvaise foi d’ailleurs, de cette manière de voir les choses. Mais il y a tout le reste. Par exemple, la recommandation qu’il fait de Coti n’a pas de sens à la date indiquée du 10 février ou du 10 mars, puisque ce dernier ne fut élu procureur-syndic du district d’Ajaccio qu’au mois de septembre 1790.

La remarque s’applique à Rossi qui n’arriva à Bastia que dans les premiers jours de novembre 1790. ( Voir sa présentation au Département, séance du 7 novembre).

Elle s’applique encore à « Maestro Matteo de Bogognano viendra pour arranger le moulin » pour une raison non moins simple : les Bonaparte n’avaient pas alors de moulin (voir notre livre La Jeunesse de Napoléon – Les dessous de l’Histoire, déjà cité, annexe II – Le moulin).

Et finalement à tout le reste, en commençant par le signataire et le destinataire de cette lettre qui habitaient de part et d’autre de la rue Saint Charles, c’est-à-dire à cinq mètres l’un de l’autre, et n’avaient aucune raison de s’écrire.

II – La lettre de Napoléon à Joseph a été publiée par A. Du Casse (Mémoirs et correspondance politique du roi Joseph. Paris, 1858-1854, t.1, p. 160), puis insérée dans la Correspondance de Napoléon Ier publiée sous le règne de Napoléon III, Paris 1853-1870.

 

Napoléon à Joseph. Vérone, le 26 août 1796. 

Je reçois ta lettre du 30 sans aucune nouvelle détaillée de la Corse. Tu trouveras ci-joint une lettre pour les administrateurs du département de Liamone qui m’ont écrit. Il faut tenir, puisque c’est le vœu de la loi, à l’organisation des deux départements.

La paix avec Naples est faite ; un traité avec Gênes a été conclu. On a dû conclure également une ligne offensive et défensive avec la Prusse. Les affaires vont un peu mieux au Rhin. Moreau a battu l’ennemi. Kléber remplace Beurnonville : tout prend une tournure assez bonne.

Je désire beaucoup avoir des nouvelles de suite de la Corse, et savoir ce qui se fait et en quelle situation est Ajaccio.

Ma santé est assez bonne. Rien de nouveau à l’armée (sic).

Bonaparte.

 

La fausseté de cette lettre est attestée par ce simple constat : tous les faits relatés sont postérieurs à la date d’envoi. C’est ce qui n’a pas échappé aux responsables de la « Correspondance de Napoléon Ier publiée par ordre de l’empereur Napoléon III » qui, pour la rendre crédible, n’ont pas hésité à la dater du 4 brumaire, c’est-à-dire du 25 octobre 1796.

Heureusement pour la vérité, les travaux sur l’Histoire de la Corse qui en étaient alors à leurs balbutiements ne leur ont pas permis de corriger le passage suivant : « Tu trouveras ci-joint une lettre pour les administrateurs du département du Liamone qui m’ont écrit » que le général Bonaparte n’a pas pu écrire pour une raison aujourd’hui connue de tous les spécialistes de l’histoire révolutionnaire et impériale. Lorsque la loi du 11 août 1793 divisant la Corse en deux départements fut promulguée, l’île était insurgée contre la Convention montagnarde, mais aussi coupée du continent par la flotte anglaise qui ne laissait rien passer ( voir notre thèse « La Corse française –30 nov. 1789-15 juin 1794, déjà citée ). C’est dire qu’elle demeura lettre morte jusqu’au retour de l’île dans l’unité de la République, et pour être précis jusqu’à l’arrivée de Miot qui procéda à l’organisation des deux départements : du 13 au 27 pluviôse an V (1 er au 15 février 1797) pour le département du Liamone qui doit seul nous retenir ici. Et même un peu plus tard, puisqu’après avoir nommé tous les administrateurs, le commissaire du Directoire exécutif quitta la Corse en laissant « les assemblées primaires confirmer ou annuler par leurs choix les nominations qu’il avait faites ». Ce qu’elles firent, le I er germinal an V (21 mars 1797), c’est-à-dire plus de cinq à sept mois après l’envoi supposé de cette lettre. (Voir Mémoires de Miot de Melito, t.1, p. 138-155. Voir aussi Conseil des Anciens, séance du 24 prairial  an V qui confirme le fait : « Les élections du département du Liamone en Corse sont déclarées valables et les députés admis. Le frère aîné du général Bonaparte est du nombre » dans le Moniteur Universel du 29 prairial -17 juin 1797).

La vérité est que la plupart des Corses n’avaient jamais entendu parler de la loi du 11 août 1793. L’exemple le plus instructif à cet égard nous est fourni par le général en chef de l’armée d’Italie qui, même après Lodi, continuait à parler du département de la Corse, comme si la loi du 11 août n’existait pas :

 

Aux citoyens Braccini et Paravicini.

Quartier général, Milan, 2 prairial an IV (21 mai 1796).

 

Vous resterez à Gênes pour correspondre avec les patriotes corses et me tenir informé de tout ce qui se passe dans ce département et lui envoyer des secours.

Le citoyen Balbi, banquier de la République, vous remettra 15000 livres. Vous achèterez, avec cette somme, cent fusils, trois cents paires de pistolets, trois mille pierres à fusil, cinq à six mille livres de poudre et huit à dix mille livres de plomb, que vous remettrez au citoyen Bonelli. Je donne des ordres pour qu’on vous fasse passer de Nice six cents fusils de chasse que vous ferez passer successivement.

Le ministre de la République à Gênes est instruit de votre mission. Vous vous présenterez à lui, afin qu’il vous donne tout ce dont vous pourriez avoir besoin.

Vous jouirez de 300 francs d’appointements par mois, tant que durera votre mission.

Bonaparte.

Collection Napoléon

(Correspondance générale de Napoléon Ier publiée par ordre de l’empereur Napoléon III)

 

Cette lettre, dira-t-on, n’est pas une preuve suffisante du bien fondé de cette manière de voir les choses. Nous en conviendrions s’il n’y avait quatre autres lettres dans lesquelles Bonaparte mentionne le département de la Corse à sept reprises. Deux fois dans la suivante :

 

Au Directoire exécutif.

Quartier général, Roverbella, 18 messidor an IV (6 juillet 1796).

 

Depuis plusieurs mois, Citoyens Directeurs, les patriotes de la Corse sont en insurrection contre les Anglais. Je leur ai envoyé quelques fusils de chasse et quelques barils de poudre, avec une vingtaine de Corse réfugiés, habitants des cantons qui ont montré le plus d’énergie. Aujourd’hui que nous sommes maîtres de Livourne, il est très-facile de chasser les Anglais de la Corse, sans y envoyer un seul homme de troupe, mais seulement en y faisant passer les réfugiés. Si cela est conforme à votre intention, prenez un arrêté qui me charge de prendre tous les moyens pour donner secours aux patriotes corses, et restituer ce département à la République. Je ferai venir aussitôt à Livourne tous les réfugiés corses et je les ferai passer, vingt par vingt, dans cette île. J’y enverrai successivement 8 ou 10000 fusils de chasse et cinq ou six milliers de poudre. Je ferai imprimer quelques brochures dans le style convenable, et dès l’instant où l’on sera bien préparé, je crois qu’il serait nécessaire d’y faire passer le citoyen Saliceti, commissaire du Gouvernement. C’est un moyen infaillible d’avoir ce département sans qu’il nous en coûte un homme.

Il serait nécessaire aussi que vous m’autorisiez à assurer aux insulaires un pardon général ; je ferai usage de cette faculté au moment où cela serait à propos.

Bonaparte.

Collection Napoléon (Ibidem).

 

Suivie par celles : - au général Vaubois (2 thermidor an IV – 20 juillet 1796) , une fois ; - au citoyen Sapey (2 thermidor an IV –20 juillet 1796), deux fois ; - au Directoire exécutif (4 thermidor an IV – 22 juillet 1796), deux fois (Ibidem).

 

La vérité est qu’il faut attendre l’effondrement du royaume anglo-corse pour le voir découvrir les départements du Golo et du Liamone ( voir sa lettre du 17 octobre 1796 au général Gentili ). Cela dit, les susdits responsables ne tardèrent pas à comprendre que bon nombre de lettres publiées étaient démenties par les travaux des historiens de la Corse (Sur cet aspect du problème, voir notre communication : « La Corse et la Révolution française. Essai de bibliographie critique », Colloque « La Storia della Storiografia Europea Sulla Rivoluzione Francese ». Université de Pise, Istituto Storico Italiano Per l’Eta Moderna e Contemporanea. Roma, 1990.) et qu’il leur fallait réagir au plus vite. Devant l’impossibilité de corriger les documents déjà publiés, l’idée s’imposa alors de les justifier en modifiant les manuscrits qu’ils étaient censés reproduire. Autrement dit, en faisant endosser aux sous-fifres la responsabilité de ce qui pouvait apparaître comme des erreurs de transcription.

Pure hypothèse, dira-t-on. C’est vrai, mais on ne voit pas d’autre explication aux différences entre les documents publiés sous le Second empire et les manuscrits déposés par la suite aux archives nationales ( 400 AP 10 ), et moins encore au silence de T. Lentz qui remplace le mot « administrateurs » par celui de « patriotes », sans faire la moindre allusion au débat ouvert par les travaux sur la Corse qui contestent leur authenticités.

La remarque s’applique à Vincent Haegele qui conforte la position de T. Lentz en publiant le texte du manuscrit conservé aux archives nationales, sans faire d’allusions aux susdits travaux. (« Napoléon et Joseph. Correspondance intégrale, 1784-1818 ». Edition établie par Vincent Haegele (Paris, Tallandier, 2007 )

 

Les papiers de la troisième catégorie se trouvent également partout. Ils sont de beaucoup les plus nombreux. Heureusement pour l’Histoire, vrais ou faux, la plupart n’apportent rien à la légende napoléonienne. Les  Notes tirées de la géographie de Lacroix , par exemple, où l’on peut lire ces mots : « Sainte-Hélène, petite île… ». C’est dire que leur seul intérêt (si l’on peut dire) est de faire fantasmer les ultras bonapartistes, et par là même d’assurer de substantiels profits à ceux qui les fabriquent et à ceux qui les publient.

Tous les historiens de la Corse ne partagent pas cette manière de voir les choses. La preuve, dira-t-on : l’un d’eux s’est porté garant de toutes les lettres antérieures au siège de Toulon insérées dans la correspondance en cours de publication : « Les annotations des lettres de jeunesse sont largement l’œuvre de M. Florian Louis. L’ensemble a été revu et complété par le professeur A.M. Graziani (IUFM de Corse) grand spécialiste de l’histoire de la Corse, à qui nous adressons ici nos remerciements » (Introduction du tome I : Les apprentissages de la Correspondance générale de Napoléon Bonaparte, p. 34 note (6).

C’est vrai, mais que valent les garanties de « ce grand spécialiste de l’histoire de la Corse » qui ne craint pas de reprendre à son compte les travaux de ses prédécesseurs lorsque ça l’arrange (sur cet aspect du problème, voir notre C.R. sur son livre « Paoli, père de la patrie corse » dans les Annales Historiques de la Révolution Française (n°330 – Oct.-déc. 2002 ), ou de les passer à la trappe dans le cas contraire. Les responsables de cette publication ne le disent pas, mais la réponse se trouve dans le livre « Les Bonaparte de Corse » qu’il a co-signé avec F Demartini où nous le voyons revenir sur l’un des mythes les plus éculés de la légende napoléonienne : l’Empereur descendrait de Charlemagne, en oubliant les travaux qui relèguent ce genre de « littérature » à sa juste place. Ceux de J. Valynseele, par exemple, qui ne remonte pas au-delà de la fin du XVIè siècle, en ajoutant : « De nombreux auteurs ont publié des généalogies remontant beaucoup plus haut, et le plus souvent, donnant aux Bonaparte des ancêtres d’un rang considérable. Il ne s’agit là, de façon générale, que d’affabulations inspirées par la courtisanerie » ( Joseph Valynseele, Généalogie des Bonaparte. Dictionnaire Napoléon sous la direction de Jean Tulard ).

Elle se trouve plus encore dans la suite de ce livre où l’on apprend que, devenu veuf, Guiseppe Maria Bonaparte (le grand-père de Napoléon) « aurait épousé en secondes noces le 20.10.1750 Maria Virginia Alata, née à Ajaccio le 5.2.1725 (acte non retrouvé dans les registres paroissiaux d’Ajaccio à la date indiquée), fille de Domenico Alata, et sœur de Gaetano (archives de la famille Alata. Communication de M.J. Campi. Une lacune des registres paroissiaux d’Ajaccio ne permet pas de corroborer la véracité de cette seconde alliance) » (sic) ( F. Demartini et A.M. Graziani, Les Bonaparte en Corse. Edit. Alain Piazzole, Ajaccio, 2001, p. 110 )

Elle se trouve également dans la Correspondance générale de Napoléon Bonaparte où l’on peut lire à propos d’une lettre datée de Brienne, le 12 ou 15 septembre 1784, dans laquelle Napoléon demande à son père de « présenter ses respects à Minana Saveria » : « On ne peut dire avec précision de qui il s’agit. Si Minana veut bien dire « grand-mère » dans une bonne partie de la Corse et si la grand-mère de Napoléon s’appelait bien Maria Saveria Pallavicini, elle était décédée en 1749 ou 1750. Son époux, Giuseppe Maria Bonaparte, s’est remarié en 1750 à Maria Virginia Alata. Il s’agit plus vraisemblement d’un emploi « affectueux », comme dans « ziu » ou « zia » (oncle et tante) pour une personne proche  » (tome I : Les apprentissages, p. 46 note 9 ). C’est pourquoi nous terminerons en posant crûment la question : que valent les garanties d’un auteur qui n’a pas craint d’associer son nom à une généalogie des Bonaparte sans même avoir pris le temps de consulter les susdits registres paroissiaux de la ville d’Ajaccio qui n’autorisent aucun doute : Saveria Paravisini, c’est-à-dire la grand-mère de Napoléon, n’est pas morte avant le 20.10.1750, comme il ressort des archives de la famille Alata sur lesquelles il s’appuie, mais quarante-cinq années plus tard, le 29.1.1795 ( Arch. Com. Ajaccio, OO4/GG/63 . Décès ) ; et qu’après la mort de sa femme, le grand-père de Napoléon ne s’est remarié ni avec Maria Virginia Alata, ni avec personne d’autre pour une raison irréfutable : Guiseppe Maria était mort et enterré depuis trente et un ans déjà ( voir acte du 13.X.1763. Arch. Com. Ajaccio, OO4/GG/37 – Décès ).

Autrement dit  : peut-on accorder le moindre crédit à des « historiens » qui prennent autant de libertés avec les usages de la communauté scientifique ?

 

Jean DEFRANCESCHI, FINS
Directeur de recherche au C.N.R.S.

 

 

Notes :

1- Date présumée.
2- Procureur –syndic du district d’Ajaccio.
3- Bonaparte parle de son acte de baptême de 1767 alors qu’il est né en 1769 et a été baptisé en 1771. Cette confusion de date s’explique par la candidature de Joseph Bonaparte à la municipalité d’Ajaccio. En effet, Joseph (baptisé sous le prénom de Joseph Nabulion le 8 janvier 1768) n’a pas l’âge légal (25 ans) pour être élu. Il semble qu’avec la complicité de Coti, les Bonaparte aient fait faire de faux actes de baptême pour le vieillir, peut-être en utilisant ceux de leurs frères et sœurs morts en bas âge (notamment celui d’un premier Napoléon Bonaparte mort en bas âge en 1765) ou d’autres copies (on sait par exemple qu’il existe une copie de l’acte de baptême de Joseph daté de juillet 1782 où figure seulement son deuxième prénom, Nabulion). Cette affaire a entraîné une controverse sur la date de naissance du « vrai » Napoléon, notamment à cause de cette mention à son « acte baptistaire de 1767 » daté de …1768.
4- Ecrit « Bugonano ».
5- Ecrit « Peraldy ».
6- Nous n’avons pas pu en découvrir davantage sur cette affaire de Saint-Antonio.
7- François Braccini, marchand à Ajaccio, proche des Bonaparte.
8- Antoine-François ou son frère Camille ou leur cousin.
9- Ange-Mathieu Bonelli.
10- Louis Bonaparte, alors âgé de 12 ans.
11- Expédition autographe. Archives nationales, 400 AP 137.

 

 

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