Le parcours d’un fidèle de Napoléon :

Etienne Laborde

par Christophe Bourachot, FINS

 

 

« J’ai accompagné l’Empereur à l’île d’Elbe en 1814, mes fonctions d’adjudant-major me mettaient souvent en relation avec lui et, comme il était plein de bontés pour moi, j’ai voué à sa mémoire un culte qui ne finira qu’avec ma vie. »

Etienne Laborde, déclaration faite à Paris le 21 août 1840, devant la Cour des Pairs.

« Le capitaine Laborde, adjudant-major, avait reçu une bonne éducation, en avait profité, et, malgré son exaltation méridionale, tout en lui témoignait d’un bon cœur ainsi que d’une belle âme. Il était brave comme l’épée de Bayard. »

André Pons de l’Hérault.

 

Etienne Laborde est né le 3 décembre 1782 à Carcassonne (Aude)(1). Après s’être enrôlé dans le 85ème de ligne, il est sous-lieutenant en 1809, puis passe lieutenant en 1811. Laborde est nommé capitaine le 8 avril 1813. Il participe aux campagnes d’Allemagne, de Prusse et de Russie. Après avoir été blessé à Viasma, il est appelé comme lieutenant en premier au 2ème régiment de chasseurs à pied de la Garde.

Plus tard, Etienne Laborde participe à la campagne de Belgique avec rang de lieutenant-colonel et le grade de chef de bataillon toujours aux chasseurs à pied de la Garde ; il est présent à Waterloo…

Durant la seconde Restauration, Laborde, est rétrogradé au rang de capitaine et passe dans la Légion du département de l’Aude, puis dans plusieurs compagnies de fusiliers sédentaires On le retrouve en 1830 lieutenant-colonel du 45ème de ligne. Après avoir participé à la campagne de Belgique  de 1831, cette fois, il prend le commandement de la place militaire de Cambrai. Etienne Laborde est admis en 1838 à la retraite.

Mais le personnage va encore faire parler de lui !

 En août 1840, Etienne Laborde participe à la seconde tentative de soulèvement de Boulogne-sur-Mer, dirigée par le prince Louis-Napoléon, dans laquelle on trouve le comte de Montholon, et plusieurs des combattants des guerres de l’Empire. Notamment le commandant Charles-Denis Parquin, auteur de fameux « Souvenirs », et qui avait déjà participé à la tentative de Strasbourg en 1836, le colonel de cavalerie en retraite Jean-Baptiste Voisin, présent à Austerlitz et en Allemagne en 1813(2). Arrêté, avec ses comparses, Laborde est condamné par la Cour des Pairs à une peine de « deux années d’emprisonnement »(3) assortis de deux années de surveillance policière. Après avoir échoué, en 1848, aux élections pour entrer à l'Assemblée constituante, il fut élu, le 13 mai 1849, représentant de la Charente-Inférieure [devenue en 1941 la Charente-Maritime] à l'Assemblée législative. Etienne Laborde prit place dans les rangs de la majorité hostile aux institutions républicaines. La même année il occupe également les fonctions de « Commandant supérieur du Palais de Saint-Cloud ». Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il est nommé Gouverneur du Palais du Luxembourg

 Etienne Laborde s’éteint à Paris le 31 juillet 1865(4).

Revenons sur l’année 1814...

Engagé dans la mémorable campagne de France, Etienne Laborde est nommé capitaine-adjudant-major dans la Garde le 8 mars 1814. C’est avec ce grade qu’il passe le 13 avril, après l’abdication de Napoléon à Fontainebleau, dans le Bataillon Napoléon qui devait suivre le souverain dans son exil de l’île d’Elbe.

Etienne Laborde a laissé des mémoires qui furent publiés la première fois à Paris en 1840(5), dont j’ai donné une nouvelle édition en 2011.

Son récit est vivant, même s’il comporte certaines inexactitudes. Écrit avec sincérité, il permet au lecteur de suivre la Garde Impériale de son départ de Fontainebleau vers l’île d’Elbe, et d’avoir un aperçu sur le séjour de l’Empereur dans cette île. Le retour de Napoléon, son débarquement à Golfe-Juan est de loin un des passages les plus importants de son récit. Sans oublier le vol légendaire de l’Aigle vers Paris…

 

                                                    Christophe BOURACHOT, FINS

 

 

 

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