D. V. Denon et Le Style Empire 1802–1815 : La représentation par l’intermédiaire de l’art, la propagande politique ou le culte de la personnalité de Napoléon Bonaparte?

Marian Hochel

« L’œil de Napoléon », « Le ministre de l’art de Napoléon Bonaparte », « Le censeur et l’arbitre du goût de la France napoléonienne », Dominique-Vivant Denon (1747–1825) occupa pendant treize ans, du 19 novembre 1802 au 3 octobre 1815, la fonction de directeur général des musées en France et il s’affirma progressivement comme créateur du « Musée Napoléon » au Louvre, décorateur et dessinateur des intérieurs des palais impériaux, conseiller fiable de Napoléon dans le domaine de l’art et en même temps premier organisateur véritable de la muséologie moderne en France. Son activité orientée vers « la cultivation des arts » fut une partie intégrale de la politique culturelle de l’État napoléonien préférant les buts sociaux et pragmatiques de l’art. Les aspirations de Denon en charge de la présentation artistique du nouveau souverain oscillaient entre trois dimensions quant à la projection de la réalité : la représentation par l’intermédiaire de l’art, la propagande politique et le culte de la personnalité de Napoléon dans la mesure des souhaits ou des limites approuvés par l’empereur lui-même. Malgré les aspirations de Denon, la dimension du culte de la personnalité de Napoléon n’est jamais devenue la doctrine esthétique officielle du Consulat et du Premier Empire en France, parce qu’elle avait été refusée par le souverain lui-même et quelle n’était pas projetée sur le plan politique comme c'était le cas dans d'autres espaces géographiques et d’autres régimes au vingtième siècle.

 

Marian Hochel (1982), ancien élève de la Faculté des Lettres de l’Université Comenius à Bratislava (République Slovaque), étudia l’histoire et l’esthétique avec « Napoléon Bonaparte et les conditions de la formation du Style Empire en France » (Bratislava 2005), sujet de son mémoire final. Actuellement, doctorant en histoire à l’Institut de l’Histoire de la Faculté des Lettres de l’Université Masaryk à Brno (République Tchèque) et également Pensionnaire Scientifique International à l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon (France). Son activité scientifique est centrée sur la Révolution française et l’époque napoléonienne, et plus particulièrement sur le domaine de l’histoire de la culture. Il est aussi membre de la Société Napoléonienne Internationale à Montréal et de la Société Napoléonienne Tchécoslovaque à Brno.