CONGRÈS 2008 DE LA SOCIÉTÉ NAPOLÉONIENNE INTERNATIONALE
|
Par le Général Michel Franceschi
Conseiller Historique Spécial de la SNI
|
|
Portant symboliquement son choix sur la ville natale de l’Empereur, la Société Napoléonienne Internationale a tenu son congrès 2008 au Palais des Congrès d’Ajaccio, du 7 au 11 juillet, sous la direction conjointe de David Markham, Vice-président, et de votre serviteur.
Une cinquantaine de participants provenant de dix pays des cinq continents ont assisté dans une ambiance amicale à la présentation de seize communications diverses sur l’histoire de Napoléon 1er, détaillées par ailleurs, et prononcées en traduction simultanée dans les langues française et anglaise.
Des visites guidées ont entrecoupé les conférences : la Maison Bonaparte, les monuments napoléoniens du Casone et de la place de Gaulle, la vieille ville d’Ajaccio, les îles Sanguinaires et pour certains, Bonifacio. La journée du 11 juillet a été consacrée à la visite de l’île d’Elbe, généreusement offerte par le président Ben Weider.
Les institutions locales - Collectivité Territoriale de Corse, Conseil Général de la Corse du Sud et surtout municipalité d’Ajaccio- ont réservé un chaleureux accueil aux congressistes et contribué substantiellement à la réussite matérielle de l’événement.
Les congressistes se sont fait un devoir de déposer une gerbe au Monument aux Morts d’Ajaccio, ainsi qu’à la stèle du Roi de Rome, érigée devant la maison natale de Napoléon. Ils ont sacrifié au rite du ravivage de la flamme de la Légion d’Honneur, implantée au pied de la statue du Premier Consul. Suivie par toute une foule, cette manifestation a été rehaussée par la présence d’un rutilant détachement de la Garde Impériale, paradant avec sa musique.
Parmi les temps forts du congrès, on doit retenir, après le vin d’honneur du Conseil Général, la somptueuse réception des congressistes par la municipalité d’Ajaccio et son maire, le député Simon Renucci, présent à tous les rendez-vous importants du congrès. Dans ses majestueux salons napoléoniens, le premier magistrat de la ville a fait citoyen d’honneur de la cité David Markham et votre serviteur, et leur a décerné la médaille d’or d’Ajaccio.
La Collectivité Territoriale de Corse n’a pas été en reste. Le dîner de gala qu’elle a offert aux congressistes dans l’imposant Hôtel de Région a constitué le point d’orgue du congrès. Insigne honneur et privilège sans précédent, l’Assemblée de Corse a bravé le risque d’un autre 18 Brumaire en invitant les congressistes à siéger pendant une demi-heure sur les bancs de son auguste hémicycle. Et pour finir, les invités ont assisté à un inoubliable concert vocal. Sur une musique originale évoquant les Cents Jours, une soprano, un baryton et le compositeur de la musique, originaires de Seattle, ont magistralement interprété une œuvre spécialement créée pour le congrès. Maints auditeurs ébahis en ont été bouleversés.
Et c’est avec une profonde satisfaction que les congressistes ont regagné à regret leurs pénates respectifs.
Mais, au-delà de l’éclatant succès de ce congrès, l’essentiel de l’événement réside sans doute dans la formidable leçon qui s’en dégage.
A l’instar de tous ceux qui l’ont précédé, le congrès de la Société Napoléonienne Internationale d’Ajaccio est marqué du sceau d’un cosmopolitisme affirmé. Ce caractère foncier doit faire s’interroger les contempteurs patentés de Napoléon 1er.
Comme le pensent certains, Napoléon n’est-il plus qu’un souvenir obsolète, entretenu par des nostalgiques de grandeur nationale et de gloire militaire ?
Force est d’admettre que deux siècles après son règne, sa mémoire continue de rassembler des hommes de bonne volonté à travers le monde. Jetant des ponts au-dessus des océans, tissant des liens d’amitié entre les nations des cinq continents, Napoléon le Grand perpétue ainsi l’idéal de paix qu’il incarna de son vivant. En vérité, il représente encore une immense espérance humaniste pour tous les peuples de la planète.
N’en déplaise aux esprits chagrins ou haineux, ce Titan moderne a marqué d’une empreinte indélébile l’Histoire universelle. Il l’a domine d’une hauteur inégalée, ce qui le rend inaccessible aux médiocres. Le culte qui lui est voué jusqu’aux confins de la terre alimente une flamme vivante destinée à brûler à tout jamais. Les détracteurs de Napoléon n’ont pas fini de l’endurer !
Il serait temps que tous ceux qui ne veulent plus s’en laisser compter sur l’Histoire de Napoléon se libèrent enfin de la funeste influence d’une certaine intelligentsia fourvoyée dans ses fantasmes « napoléophobes ». Les Français, notamment, doivent se réapproprier la légitime et exaltante fierté de receler dans leur patrimoine national une inappréciable pépite historique nommée Napoléon que le monde entier leur envie.
Alors, Napoléon une valeur passéiste ? Non, une idée d’avenir !
|