Volume II

CHAPITRE 29 (2è PARTIE)

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Le mariage d’Eugène de Beauharnais avec la fille du roi de Bavière fut l’un des autres
« outils » de géopolitique employés par Napoléon pour assurer la protection de son Empire

 

Dans le chapitre précédent, nous avons annoncé la « carte d’identité » des États qui constituaient la Confédération du Rhin, créée le 12 juillet 1806 sous la « protection » - telle était la formule – de l’empereur des Français.

Les informations qui suivent sont extraites de documents datant de 1812 et de dictionnaires géographiques de la même époque.

Nous avons, autant que faire se pouvait, respecté l’orthographe d’origine, sauf dans les cas où celle-ci eût risqué de nuire à la compréhension du texte.

Nous en profiterons également pour donner, lorsqu’ils seront disponibles, des aperçus des productions de ces petits États et principautés, dont les noms nous sont, aujourd’hui, pour la plupart, inconnus.

On verra, à cette lecture studieuse, bien loin des chevauchées épiques habituelles, que, pour les écoliers de cette époque, l’apprentissage de l’histoire et de la géographie pouvait se révéler une rude tâche.

(Les chiffres de population et de superficie sont donnés en valeurs arrondies)

 

GRAND-DUCHÉ DE FRANCFORT

Il se compose des villes de Francfort-sur-le-Main (40 000 habitants), qui en est la capitale, et de Wetzlar (7 000 habitants), avec leurs territoires respectifs, de la principauté d’ Aschaffenburg, et de la majeure partie de celle de Hanau et de Fulde (plus certainement Fulda, au nord-est de Francfort, Fulde se trouvant plus au nord, en Basse-Saxe).

Le grand-duché de Francfort, qui a une superficie de cent dix milles carrés (un mille = 1 481,5 mètres), compte 367 000 habitants.

Le contingent qu’il fournit en temps de guerre est de 2 800 hommes.

Charles (Karl von Dalberg), né le 8 février 1744, archevêque et prince primat est grand-duc et prince souverain d’Aschaffenburg, Francfort, Fulde, etc.

Au décès du prince régnant, le grand-duché passera, comme prévu par l’un des articles, sous l’autorité du prince Eugène (beau-fils de Napoléon), vice-roi d’Italie.

 

ROYAUME DE WURTEMBERG

Situé dans la Souabe, entre la Bavière, la Suisse et le grand-duché de Bade, et devenu, lui aussi, royaume en 1806 par la grâce de Napoléon, le Wurtemberg a un territoire de 329 milles carrés et une population de 1 200 000 habitants.

Contingent  : 12 000 hommes.

Capitale  : Stuttgart (25 000) habitants.

Productions  : étoffes de soie, draps, cotonnades, «  ouvrages en or, en argent, en acier », cordages ; excellents vignobles).

Souverain  : Frédéric Guillaume Charles, né le 6 novembre 1754.

Le roi du Wurtemberg

ROYAUME DE SAXE

Ancien Électorat, le royaume de Saxe (ci-dessous) se compose du duché de Saxe proprement dit,


Marie-Amélie, reine de Saxe

de la Misnie (ancien margraviat intégré à la Saxe en 1423), d’une partie de la Lusace (capitale : Bautzen) et de Magdebourg.

Par le traité de Posen (nom allemand de Poznań, en Pologne) conclu, le 11 décembre 1806, entre Napoléon et l’Électeur de Saxe, ce dernier prenait le titre de roi de Saxe et accédait à la Confédération du Rhin.

L’année suivante, par le traité de Tilsit (7-9 juillet), une grande partie de la Pologne appartenant à la Prusse fut, après sa déroute d’Iéna-Auerstedt, réunie à la Saxe sous le nom de grand-duché de Varsovie.

Il en fut de même pour le cercle (division administrative) de Cotbus, en Basse-Lusace, agrandi en 1809, par la paix de Vienne, de la Galicie occidentale, et du cercle de Zamoski (19 000 habitants ; « blanchisseries de cire » et fabriques de bougies) en Galicie orientale.

Le territoire des deux États réunis - il couvre 2 500 milles carrés - a vu sa population portée, par la paix de Vienne, signée le 14 octobre 1809 après la défaite autrichienne de Wagram (6 juillet), à six millions d’habitants.


Frédéric Auguste, roi de Saxe

Contingent  : 20 000 hommes.

Capitale  : Dresde (48 960 habitants).

Souverain : Frédéric Auguste, né le 23 décembre 1750, proclamé grand-duc de Varsovie en 1807.

 

ROYAUME DE BAVIÈRE

Duché avant sa création en royaume par Napoléon en 1806, le royaume de Bavière (ci-contre) se divise en Haute-Bavière, où se trouve Munich, capitale du royaume (38 000 habitants. Spécialités : tapisseries de haute lice, rubans de soie, cartes à jouer, orfèvrerie et brasseries), et en Basse-Bavière.

Le royaume de Bavière s’est accru, au cours des siècles passés, de plusieurs territoires.

Entre autres :

- l’évêché de Bamberg ;

- la principauté d’ Eichstedt (58 000 habitants. Productions : houblon, châtaignes, légumes, lin, chanvre, mines de fer, carrières de marbre) ;

Maximilian Joseph, roi de Bavière

- le margraviat d’ Anspach (15 000 habitants) ;

- l’évêché et la ville d’ Augsbourg (36 000 habitants. Productions : orfèvrerie, manufactures de coton et de toiles peintes) ;

- les villes de Rothenbürg ;

- le margraviat de Burgau ;

- la principauté de Kempten (4 000 habitants ; fabriques de toiles), célèbre par son abbaye ;

- les évêchés de Freisengen (5 500 habitants) et de Passau ;

- le Tyrol allemand ;

- les évêchés de Brixen (im-Thale, dans le Tyrol autrichien), de Ratisbonne (21 000 habitants). Ressources : arsenal, chantiers de construction, commerce de sel et de bière), et de Salzbourg (18 000 habitants). Activités : commerce de sel, de cuivre, de fer, de meules de moulins, de pierres à aiguiser ;

- le « pays de Salzbourg » : 36 lieues de longueur sur 32 de largeur ; 188 000 habitants.

Productions du royaume  : lin et chanvre, mais peu de blé ; l’exploitation de ses mines produit 886 quintaux de cuivre par an, 25 860 de fer, 260 000 de sel, 1 350 marcs d’argent (ancienne mesure de poids valant 244,5 g, qui servait à peser les métaux précieux)…

Superficie  : 800 milles carrés.

Population  : 3 800 000 habitants.

Contingent : 30 000 hommes (50 000 d’après d’autres sources).

Souverain : Maximilien Joseph, né le 27 mai 1756.

 

ROYAUME DE WESTPHALIE

Autrefois l’un des cercles du Saint Empire romain germanique, et érigé en royaume en 1807, cet État comprend :

- les États de Brunswick-Wolfenbuttel,

- une partie de l’Altmark (dans le nord du district de Magdebourg) et du pays de Magdebourg, de celui d’Hildesheim (l’ancien évêché compte 100 000 habitants, dont 12 000 pour la ville même ; l’activité est essentiellement centrée sur un «  grand commerce de toiles et de fil »), d’ Halberstadt (18 000 habitants) ; fabriques de lainages et de gants), et de Hohenstein, dans la Thuringe ( blé, bétail, forêts) ;

- Les territoires de :

Catherine, reine de Westphalie

- Halle ;

- Quedlimbourg (patrie de l’écrivain Friedrich Gottlieb Klopstock ; 6 lieues carrées ; 12 000 habitants ; brasseries renommées) ;

- Corvey (ou Nouvelle-Corbie, sur la Weser, du nom d’une abbaye bénédictine dont l’origine française picarde remonte à l’an 822) ;

- Göttingen (8 500 habitants), Grubenhagen, et Mulhausen.

- Les comtés de:

-Manfeld, Stolberg-Wernigerode, Bietberg-Kaunitz;

- L’État de Hesse-Cassel,

- Le duché de Westphalie et une partie du pays de Hanovre.

Cette image montre le goût de Jérôme, frère
cadet
de Napoléon, et roi de Westphalie,
pour les tenues flamboyantes

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Capitale  : Cassel (20 000 habitants).

Souverain  : Jérôme Bonaparte, né le 15 novembre 1784, frère cadet de Napoléon.

 

GRAND-DUCHÉ DE BADE

Cet État comprend :

Charles Frédéric,
grand-duc de Bade

- le comté de Bondorf (écrit « Boudort » dans les sources du temps ; aujourd’hui, dans le Bade-Wurtemberg) ;

- l’évêché de Constance (11 000 habitants) et une partie de celui de Spire ;

- les villes de Brunlingen (plus vraisemblablement Bräunlingen), Villingen (dans la Forêt Noire), Duttlingen (plus vraisemblablement : Dettlingen ou Dettingen), Wimpffen, Zell, Offenbourg, Gengenbach, Biberach, Pfullendorf, Überlingen (sur le lac de Constance).

Superficie  : 300 milles carrés ;

Population  : 900 000 habitants ;

Capitale  : Karlsruhe (fabriques d’amidon, tabac, « beaux vases », tabatières, étuis (?), beaux meubles).

Contingent  : 8 000 hommes.

Souverain : Charles Frédéricde Bade, né le 22 novembre 1728.

Lorsque, le 12 juillet 1806, fut signé le traité créant la Confédération du Rhin, Napoléon
était en droit de penser que tous ces petits princes resteraient fidèles à l’Empire.
Mais, au moment des revers, tous déserteront à l’exception notable du roi de Saxe,
qui paiera sa fidélité en étant fait prisonnier par les Coalisés

 

GRAND-DUCHÉ DE HESSE-DARMSTADT

Il se compose de :

- l’ancien landgraviat de Hesse-Cassel ;

- du duché de Westphalie ;

- des comtés de Wittgenstein, d’Erbach, d’une partie de celui de Catzenelleboggen (en fait : Katzenelnbogen) ;

- de l’archevêché de Mayence ;

- de l’évêché de Worms ;

- des villes de Hombourg, Giessen, Fridberg

Population  : 490 000 habitants.

Capitale  : Darmstadt.

Contingent  : 4 000 hommes.

Souverain : Louis X, né le 14 juin 1753.

 

GRAND-DUCHÉ DE BERG ET DE CLÈVES

Le maréchal Murat,
grand-duc de Berg

 

Cet État situé sur la rive orientale du Rhin, dans le cercle de Westphalie comprend :

- le duché de Berg et celui de Clèves ;

- les comtés de Bentheim et de la Marck ;

- les duchés de Nassau-Siegen, de Nassau-Dillenbourg ainsi qu’une petite partie de l’évêché de Munster.

Capitale  : Düsseldorf (10 000 habitants).

À son apogée, le grand-duché compta quelque 880 000 habitants répartis sur un territoire de 12 700 milles carrés.

Ce grand-duché, d’abord donné en toute souveraineté au prince Joachim Murat (1767-1815), passa sous l’autorité de Louis Bonaparte lorsque Murat devint roi de Naples en 1808.

GRAND-DUCHÉ DE WURTZBOURG

Cet État comprend :

- une partie de la Franconie ;

- le duché de Cobourg ;

- l’abbaye de Fulde ;

- l’archevêché de Mayence ;

- le marquisat d’Anspach ;

- l’évêché de Bamberg, et le comté de Vertheim.

Territoire  : 26 lieues de longueur sur 20 de largeur.

Population  : 2 600 000 habitants.

Capitale  : Wurtzbourg.

Souverain  : prince Ferdinand, frère de l’empereur d’Autriche, né 6 mai 1769.

 

PRINCIPAUTÉ DE NASSAU-USINGEN

PRINCIPAUTÉ DE NASSAU-WEILBOURG

- La première est située en Vétéravie (province d’environ 24 lieues carrées entre la Hesse, le Bas-Rhin, la Westphalie et la Franconie, qui fut elle-même l’un des premiers duchés du Saint Empire romain germanique).

Capitale  : Usingen

Souverain  : Frédéric Auguste prince de Nassau-Usingen, né le 23 avril 1738.

- La seconde se trouve dans le cercle du Haut-Rhin

Capitale   : Weilbourg.

Souverain  : Frédéric-Guillaume, prince de Nassau-Weilbourg, né le 25 octobre 1768.

Les États de la Confédération du Rhin étaient tenus, en échange de la protection par la France de l’intégrité de leur territoire, de fournir un contingent de troupes proportionnel à leur population. Par l’adjonction du grand-duché de Varsovie, celui de la Saxe était l’un des plus importants

Cavalier du régiment
de chevau-légers
lanciers de Berg

 

 

PRINCIPAUTÉ DE HOHENZOLLERN-HECHINGEN

Elle se trouve dans le cercle de la Souabe et a pour capitale Hechingen.
Le souverain est le prince Frédéric-Hermann, né le 22 juillet 1776.

 

PRINCIPAUTÉ DE HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN

Située elle aussi dans le cercle de la Souabe, elle comprend les seigneuries de Trochtelsingen, Jungnau, Strasberg (mines d’argent), le bailliage d’Ostrach et une partie de la seigneurie de Moëskirch.

Capitale  : Sigmaringen.

Souverain  : Aloys-Meinrad-Franz, né le 20 juin 1762.

 

PRINCIPAUTÉ D'ISEMBOURG-BIRNSTEIN

Elle se compose des possessions des comtes d’Isembourg, Budingen, Wœchtersbach et Meerholz.

Capitale  : Offenbach ( productions : bijouteries, voitures et… « tabac râpé »).

Population  : 43 000 habitants.

Contingent  : 291 hommes.

Souverain  : prince Charles Frédéric Louis Maurice, né le 29 juin 1766.


Loin de les tenir pour quantités négligeables, Napoléon se souciait beaucoup de ses relations avec les princes de la Confédération du Rhin. On le voit ici, comme l’indique ce document ancien, en compagnie du roi de Wurtemberg

 

PRINCIPAUTÉ DE LICHTENSTEIN

Située dans la Misnie (province du royaume de Saxe entre l’Elbe et la Saale), elle a pour souverain le prince Charles de Lichtenstein, né le 14 juin… 1803.

Explication de cet âge, particulièrement tendre pour un souverain : Napoléon, qui avait beaucoup d’estime pour le prince Jean (1760-1836), signataire de la paix de Presbourg, l’avait « inscrit d’office » dans la Confédération, lui évitant ainsi la médiatisation de sa minuscule principauté. Ne voulant cependant pas quitter le service de l’Autriche, le prince Jean céda la principauté à son plus jeune fils. Cette décision ne nuisit en rien aux sentiments de l’Empereur pour le prince qu’il retrouva de nouveau devant lui en 1809, comme adversaire, lors de la deuxième Campagne d’Autriche.

 

PRINCIPAUTÉ DE LA LEYEN

Située près de Trèves, elle a pour souverain Philippe-François, né le 1er août 1766.

 

DUCHÉ DE SAXE-WEIMAR

Cette principauté de 16 lieues de longueur sur 8 de largeur comprend les pays de Saxe-Weimar et de Saxe-Eisenach.

Productions  : lin, chanvre, houblon, fruits et vins ; élevage de moutons et de chevaux ; filatures pour les bas ; fabriques de potasse, salpêtre et lainages.

Population  : 116 400 habitants.

Capitale  : Weimar (7 000 habitants).

Contingent  : 8 000 hommes.

Souverain  : Charles Auguste, duc de Saxe-Weimar, né le 3 septembre 1757.

Charles Auguste, duc de Saxe-Weimar

 


DUCHÉ DE SAXE-GOTHA

Il se compose de la principauté de Saxe-Gotha et d’une partie de celle d’Altenbourg. Productions : manufactures de porcelaines et fabriques d’étoffes de laine.

Capitale  : Gotha.

Contingent  : 1 100 hommes.

Souverain  : Auguste, duc de Saxe-Gotha, né le 23 novembre 1772.

 

DUCHÉ DE SAXE-MEININGEN

Il comprend une partie de la principauté de Cobourg et de celle de Henneberg.

Capitale  : Meiningen (3 600 habitants).

Contingent  : 300 hommes.

 

DUCHÉ DE SAXE-HILDBURGHAUSEN

Située dans le comté d’Henneberg, cette principauté a pour capitale Hildburghausen.

Elle fournit un contingent de 200 hommes.

Souverain  : Frédéric, duc de Saxe-Hildburghausen, né le 29 avril 1763.

 

DUCHÉ DE SAXE-COBOURG-SAALFELD

Cette principauté, qui fait partie du cercle de la Haute-Saxe, se trouve en Franconie.

Son territoire fait 16 lieues de longueur sur 8 de largeur.

Population  : 65 000 habitants.

Productions  : élevage et pelleteries.

Contingent  : 400 hommes.

Capitale  : Cobourg (7 000 habitants).

Souverain  : Ernest Frédéric Antoine, duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld, né le 2 janvier 1784.

Le 1er octobre 1806, à Aschaffenburg (Bavière), le prince primat
Karl von Dalberg accueille Napoléon

 

PRINCIPAUTÉ D’ANHALT-DESSAU

PRINCIPAUTÉ D’ANHALT-BERNBOURG

PRINCIPAUTÉ D’ANHALT-COETHEN

Ces trois principautés, situées dans le cercle de la Haute-Saxe, font partie du pays d’Anhalt (18 lieues de longueur sur 2 à 3 de largeur).

Ressources principales : brasseries, mines de cuivre, d’argent, de fer et de plomb.

- La première a pour capitale Dessau. Le prince d’Anhalt-Dessau est Léopold-Frédéric, né le 10 août 1740.

- La seconde a pour capitale Bernbourg ; le prince régnant est Alexis-Frédéric, né le 12 juin 1767.

- La troisième a pour capitale Cœthen ; le prince d’Anhalt-Coethen est Auguste-Chrétien, né le 18 novembre 1769.

Fidèle à la politique voulue par l’Empereur, le roi
de Bavière distribue des récompenses aux
serviteurs de son royaume

 

PRINCIPAUTÉ DE LIPPE-DETMOLD

PRINCIPAUTÉ DE LIPPE-SCHAUMBOURG

Toutes deux sont situées en Westphalie.

- La première a pour capitale Lippstadt, qu’une source d’époque dit être bâtie au milieu de « marais malsains ».

Le prince de Lippe-Detmold est Paul-Alexandre-Léopold, né le 6 octobre 1796.

- La seconde a pour capitale Rinteln.

Le prince de Lippe-Schaumbourg est George-Guillaume, né le 28 décembre 1784.

 

PRINCIPAUTÉ DE REUSS

Dans le Voigtland, territoire situé dans le cercle de Saxe entre l’Ertzeburge, la Bohême, le duché de Saxe et la Bavière (mines de topaze, de fer, de cuivre et d’ étain ; filatures de coton et de laine), la principauté de Reuss (76 300 habitants) est partagée entre quatre princes : Henri XIII, prince de Reuss-Greitz, né le 16 février 1747, Henri XLII, prince de Reuss-Schleitz, né le 27 février 1752, Henri II, prince de Reuss-Ebersdorf, né le 16 mai 1791, et Henri XXXV (?), prince de Reuss-Lobenstein.

 

PRINCIPAUTÉ DE SCHWARZBOURG-SONDERSHAUSEN

PRINCIPAUTÉ DE SCHWARZBOURG-RUDOLSTADT

Elles sont toutes deux situées dans le landgraviat de Thuringe.

- La première a pour capitale Sondershausen, et pour prince souverain Gunther-Frédéric-Charles, né le 5 décembre 1770.

- La seconde a pour capitale Rudolstadt, et pour souverain Frédéric-Gunther, né le 6 novembre 1793.

Monnaies d’Autriche
et de Bavière

Monnaies anciennes de Prusse et de Brunswick

 

PRINCIPAUTÉ DE WALDECK

Située dans le cercle du Haut-Rhin, entre la Hesse, la Westphalie et l’évêché de Paderborn, elle a une superficie de 16 lieues carrées.

Population  : 52 000 habitants.

Richesses  : mines de fer et de cuivre ; forêts et pâturages.

Capitale  : Korbach.

Souverain : Frédéric , prince de Waldeck, né le 25 octobre 1743.

 

DUCHÉ DE MECKLEMBOURG-SCHWERIN ET STRELITZ

Situé en Basse-Saxe, et constitué de sept provinces, cet État est divisé en deux parties : le duché de Mecklembourg-Schwerin et celui de Mecklembourg-Strelitz, gouvernés par deux princes de la même famille.

Leurs capitales respectives sont Schwerin et Strelitz.

Leur territoire fait 64 lieues de longueur sur 36 de largeur.

Le duc de Mecklembourg-Schwerin est Frédéric-François, né le 10 décembre 1756, et le duc de Mecklembourg-Strelitz est Charles-Louis-Frédéric, né le 10 octobre 1741.

 

L’HOMMAGE DU PEUPLE WURTEMBERGEOIS À NAPOLÉON

 

Dans l’établissement de la Confédération du Rhin, nombre d’historiens de toutes nationalités n’ont voulu voir que la volonté de l’Empereur de « pressurer » ces roitelets et autres petits princes pour son plus grand bénéfice.

Nous avons, dans le chapitre précédent, rendu un hommage mérité à la conduite noble et courageuse du roi de Saxe, le seul des membres de la Confédération qui fût resté fidèle à Napoléon jusqu’à la chute de l’Empire, et qui en paya le prix fort, puisque ces Alliés, si chers à nos royalistes français, le firent prisonnier en 1813.

Une exception qui, selon la formule bien connue, ne fait que confirmer la triste règle.

En effet, lorsque vint le temps des revers, tous s’empressèrent de tourner casaque.

 

Tel ce roi de Wurtemberg, qui, en 1806 justement, après avoir abreuvé Napoléon de protestations de fidélité – « Elle [Sa Majesté Impériale, Napoléon donc] s’est assuré un allié qui sera invariable dans ses sentiments, et dont l’attachement lui est acquis à jamais [!] » - donnera, le 27 octobre 1813, l’ordre à son armée d’abandonner celle de Napoléon, alors aux abois, et

l’année suivante, il mettra sur pied, au profit des mêmes Alliés, une armée de 24 000 hommes, c’est-à-dire infiniment plus qu’il n’en mît jamais à la disposition de celui qui l’avait fait roi.

Cela se vérifie en France comme ailleurs : c’est auprès du peuple qu’il faut aller chercher la vérité.

Si le Wurtemberg, comme les autres États confédérés, avait souffert de son alliance avec Napoléon, nous n’eussions jamais pu lire les lignes suivantes.

Elles ont été écrites à son ministre de tutelle par le baron de Montalembert, ambassadeur de Louis XVIII à Stuttgart, le 14 octobre 1816 (nous laissons volontiers au personnage la bassesse de ses formules car, et c’est réjouissant, on le devine courroucé par la « claque » assénée par les Wurtembergeois au peu fringant successeur de Napoléon) :

« Je ne puis pas dissimuler à Votre Excellence que tout ici dénote des regrets pour l’usurpateur, de l’indifférence pour notre souverain et de la haine pour notre gouvernement. Souvent, les indices les plus faibles découvrent le fond de la pensée, et j’ai cru la deviner tout entière dans la manière indécente [!] et l’espèce d’adoration avec lesquelles les domestiques du château montrent aux voyageurs le lit et la chambre occupés par le “Grand Napoléon” [ces guillemets sont de l’auteur de la lettre], disent-ils, pendant son séjour ici. Tout dans cet appartement semble être conservé avec une sainte adoration. »

C’est à la lecture de tels écrits – jamais cités ! – que l’on comprend mieux pourquoi ils sont si nombreux, royalistes français en tête, à se donner tant de mal, et depuis si longtemps, pour écrire l’histoire de Napoléon. À leur manière.

 

 

 

À suivre