VOLUME II

CHAPITRE 27

DR

« Que m’importe que deux peuples soient séparés
par des fleuves, qu’ils parlent des idiomes différents ?

À des nuances près, la France, l’Espagne, l’Italie,
l’Allemagne, l’Angleterre, ont les mêmes meurs,
les mêmes habitudes, la même religion »

(Napoléon à Roederer)

 

Voici Napoléon installé au cœur de la Prusse, à Berlin, avec ses soldats victorieux.

Dans quel climat va se dérouler ce séjour au milieu d’une population, il y a peu, encore méprisante et hostile, et sûre de la supériorité de son armée ?

Les vainqueurs allaient-ils être en butte à l’animadversion des Berlinois ?

Ce fut la surprise.

Car, de haine point. Dans toutes les couches de la société, fussent-elles les plus hautes, une obligeance veule que résume parfaitement ce passage extrait de l’ouvrage d’un historien allemand :

« Napoléon resta un mois à Berlin, et fit preuve, dès le lendemain de son arrivée d’une douceur à laquelle on était loin de s’attendre, mais que les bons Berlinois méritaient à tous égards, car ils rivalisèrent de prévenance et de flagornerie qui inspiraient du mépris au fier empereur lui-même. Les autorités municipales notamment se signalaient par de véritables bassesses. Nulle part, les Français n’avaient été aussi bien secondés par les espions indigènes. Dans toutes les classes de la société dégénérée de Berlin, on trouvait de ces êtres serviles. La population de Berlin faisait preuve d’un tel avilissement de caractère qu’un jour Napoléon dit, en secouant la tête, qu’il ne savait pas s’il devait se réjouir ou avoir honte pour les Berlinois. »

Comment cela se traduisait-il dans la pratique ?

 

LE RÉGIMENT DES DÉSERTEURS

De nombreux indicateurs venaient, contre espèces sonnantes, révéler à l’occupant où se trouvaient, par exemple, les magasins d’habillement et de ravitaillement de l’armée prussienne. L’un d’entre eux, qui s’était adressé ainsi à un fonctionnaire impérial pour lui indiquer l’emplacement des réserves de bois – matériau d’importance stratégique en ce temps – de la couronne, s’attira cette réplique qui eût du le faire rentrer sous terre :

« C’est bien, mais le roi de Prusse ferai bien de garder un peu de bois pour pendre les coquins qui le trahissent. »

Cruelle, mais réaliste, cette caricature française fustige le
revirement des Prussiens,
passés de l’arrogance la plus
extravagante à la plus servile bassesse envers le vainqueur

Des aristocrates prussiens d’ancienne lignée n’hésitaient pas, et sans y être contraints, à se mettre au service de Napoléon. On peut ainsi lire dans un recueil de correspondances, intitulé « Lettres intimes », d’où est extraite l’anecdote précédente, l’histoire édifiante, si l’on ose écrire, de ce prince d’Isembourg qui proposa à l’Empereur de mettre à son service rien moins qu’un… régiment composé d’officiers et de soldats prussiens, déserteurs ou prisonniers.

Comme Napoléon, nonobstant la piètre opinion qu’il dut concevoir du personnage, n’avait aucune raison objective de refuser la proposition, il nomma Isembourg colonel de ce surprenant régiment.

À cette démarche, déjà honteuse, Isembourg mit un comble par la déclaration suivante qu’il fit distribuer à la troupe, et dont il faut apprécier la tartuferie :

« Sa Majesté l’empereur des Français et roi d’Italie m’ayant confié [!!] la formation d’un régiment d’infanterie de quatre bataillons composé d’individus ayant servi dans l’armée prussienne, il est offert à ceux de MM. Les officiers prisonniers de guerre par capitulation qui désirent sortir de cette triste situation pour vouer leurs talents militaires et leur activité au service de notre invincible Empereur, d’être investis dans ce régiment du même grade qu’ils ont occupé dans l’armée du roi de Prusse. Cet emploi honorable assure à tous ceux qui y aspirent la protection du héros adoré qui aime ses soldats comme ses enfants. Accourez vaillants guerriers, rassemblez-vous sous les drapeaux de Napoléon le Grand. Allez avec lui au-devant de la victoire et de la gloire immortelle. [Tous les passages soulignés dans le texte]

« Berlin, le 18 novembre 1806.

« Charles, prince d’Isembourg. »

 

UNE « COLLABORATION » DYNAMIQUE

Cet Isembourg, vrai collaborateur avant la lettre, fut-il le seul à flatter aussi servilement le vainqueur ?

Pour l’honneur de l’aristocratie allemande du temps, on eût aimé pouvoir le penser, mais le « cas Isembourg » n’est pas isolé.

Regardez ce prince électeur de Hesse. Certes, il a figuré dans les rangs de l’armée prussienne, mais ce n’était pas pour combattre Napoléon, comme l’écrit à l’Empereur la princesse Augusta de Hesse, le 1er novembre 1806, de Berlin :

« S’il [son mari, le prince électeur de Hesse donc] a pris part à la guerre de Prusse, c’est uniquement parce qu’il a cédé au désir, naturel dans un homme jeune, d’apprendre cet art difficile. »

Cela ne saurait s'inventer !

 

DES VAINCUS FLAGORNEURS

La tante du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, elle, ne barguignait pas à quémander en ces termes une faveur de ce Napoléon, « qui, rappelons-nous, n’était pas digne d’être caporal dans l’armée prussienne », et qu’à l’instar de tous ceux de son espèce elle traînait dans la boue :

« C’est avec la confiance qu’inspire un bienfait déjà reçu que j’implore aujourd’hui la grande âme de Votre Majesté Impériale. Sire, vous n’êtes pas seulement le plus grand des souverains, vous êtes bon frère, bon fils. Nous bénissons à jamais Votre Majesté Impériale, dont la bonté adoucit les infortunes. »

Berlin, où Napoléon resta jusqu’au 25 novembre, est décrite dans un
dictionnaire géographique de l’époque, comme une grande et belle
ville dont la population était estimée à 164 000 habitants

 

Continuons de les égrener, ces citations de la honte.

Écoutez ainsi ce duc de Saxe-Cobourg-Gotha (futur contingent : 400 hommes) charger son chambellan de « mettre aux pieds de Sa Majesté Impériale et Royale ses très humbles félicitations sur le succès de ses armes » et d’y joindre « le tribut de sa juste admiration. »

Simple entrée en matière avant la sollicitation qui suit :

« Et si vous daignez, Sire, mettre le comble à vos bontés en m’accordant la faveur d’oser exprimer de vive voix à Votre Majesté Impériale et Royale mes sentiments de vénération pour sa personne sacrée, et si Votre Majesté daigne me faire indiquer le lieu et le jour où Elle me permettra de lui offrir de vive voix toutes mes soumissions et mes hommages respectueux, j’y volerai avec un empressement égal à ma vive gratitude pour les marques de sa généreuse protection. »

Une dernière citation mettra fin à ce déballage indécent de propos amphigouriques et d’une révoltante bassesse. Nous la devons à la princesse régente de la principauté de Lippe :

« Dans ce moment où plus que jamais le bonheur et la conservation des peuples reposent dans les mains puissantes et généreuses du plus grand des héros, la princesse régente de Lippe ose solliciter l’avantage, longtemps désiré, d’être reçue dans la Confédération dont le plus grand monarque est l’illustre protecteur. Elle ose espérer qu’il lui sera permis d’aspirer à ce bonheur, en raison de la confiance sans bornes et de l’attachement inviolable dont son cœur a toujours fait profession pour l’immortel Napoléon. Les succès brillants, presque miraculeux des armées impériales, ont comblé l’attente de la princesse. »

Au vrai, pourquoi toute cette flagornerie envers le vainqueur de la Prusse  ?

Parce que 1806 marquait la naissance de la Confédération du Rhin – nous en ferons prochainement le portrait d’après des documents d’époque – et que cette naissance constituait, pour ces principicules, l’annonce de bienfaits que l’homme, alors le plus puissant du moment, ne manquerait certainement pas de leur prodiguer.

 

LA SOLLICITUDE DE NAPOLÉON ENVERS LES BERLINOIS

Nous le savons tous, car on ne cesse de nous le répéter : Napoléon n’est rien d’autre que le chef d’une horde sauvage : sa Grande Armée.

Napoléon resta presque un mois à Berlin, du 27 octobre au 24 novembre,
travaillant dans le cabinet qui avait été autrefois celui du
Grand Frédéric, et passant de superbes revues dans et en dehors de Berlin

Pendant son séjour berlinois, qui dura du 27 octobre au 24 novembre 1806, quels furent donc le comportement de l’Empereur, et celui de ses lieutenants, envers la population civile ?

Les archives du temps rapportent que Napoléon prit à cœur de se soucier des pauvres de la ville en faisant frapper de la menue monnaie, des groschen, qui faisaient défaut. Faute de cette petite monnaie, qui rendait douloureuse aux nantis l’acte de charité, les plus démunis des Berlinois avaient bien du mal à acheter leur pain quotidien. Grâce à cette mesure prise par l’Empereur, les nécessiteux de Berlin purent exiger – chose nouvelle pour eux ! – une livre de pain pour la modique somme d’un groschen maximum. Enfin, tous les fonctionnaires, les pensionnés et les invalides reçurent les arriérés de traitement qui leur étaient dus.

 

UN GOUVERNEUR MILITAIRE BIENFAISANT:
LE GÉNÉRAL HULIN

Les maréchaux eux-mêmes donnaient le bon exemple en incitant leurs hommes à signaler tout traînard ou pillard éventuel. Ainsi, le maréchal Ney promettait-il une récompense à tout grenadier qui arrêterait l’un de ces individus peu recommandables, et nuisibles à l’image de l’armée d’occupation.

Grâce aux ordres très stricts donnés par Napoléon et parfaitement
exécutés par le général Hulin, gouverneur militaire, ni Berlin, ni la Prusse
ne souffrirent d’autres maux que ceux inévitables d’une occupation.
De nombreux récits prussiens attestent de la bonne conduite des troupes françaises

Pour soulager autant que faire se pouvait la gêne que représentait, pour les habitants, l’obligation de loger les officiers, Napoléon prescrivit de les installer dans des demeures appartenant à des personnages de la Cour qui s’étaient absentés de Berlin.

Pour faire régner harmonie – et discipline – Napoléon avait trouvé un auxiliaire précieux en la personne du général Hulin, déjà cité.

Mieux encore que ses campagnes, dont celles d’Italie, et du Rhin avec le général Moreau, et tout récemment de Prusse, Hulin pouvait se prévaloir de deux actes d’humanité qui, tout en lui faisant honneur, permettent de comprendre pourquoi il était, à Berlin, l’homme de la situation dans ce poste de gouverneur militaire : lors de la prise de la Bastille, il avait tenté de sauver, au péril de la sienne, la vie du gouverneur de la Bastille, M. de Launay, et au cours du procès du duc d’Enghien, Hulin, qui présidait le conseil de Guerre chargé de statuer sur son sort, écrivait à Bonaparte pour lui faire part du souhait du duc de s’entretenir avec lui, quand, dit-on, la plume lui fut arrachée des mains par un personnage trop zélé à faire exécuter la sentence. D ’aucuns ont dit, avec quelque raison semble-t-il, qu’il s’agissait de Savary, alors commandant de la gendarmerie d’élite, et futur ministre de la Police après la disgrâce de Joseph Fouché en 1810.

A-t-on jamais vu occupant encourager les habitants de la ville occupée à venir exposer leurs doléances ?

C’est pourtant ce que faisait Hulin.

Relevons l’anecdote de cette Berlinoise venue se plaindre que l’officier logé chez elle exigeait, aux repas, du champagne et du bourgogne qu’elle était incapable de lui offrir, et à qui Hulin remit une carte sur laquelle le destinataire put lire que s’il désirait du champagne « il devait aller le réclamer auprès du général. » Le vin ordinaire fit dès lors les délices de l’officier gastronome.

Peu après, le gouverneur publia un ordre prescrivant que « chaque soldat ou fonctionnaire logé chez l’habitant est tenu de partager le repas ordinaire que celui-ci peut fournir d’après son état de fortune ; sous aucun prétexte, on ne doit demander davantage. »

 

LE BON ACCUEIL DES CIVILS AUX OFFICIERS FRANÇAIS

Des incidents, il y en eut pourtant, mais, soulignons-le, ils ne furent pas le fait des soldats français de la Grande Armée. Les coupables ? Notamment des soldats italiens, bavarois et wurtembergeois, qui, langue commune oblige pour les deux derniers, eussent dû faire montre de davantage de considération pour leurs voisins prussiens.

Affirmation française sans preuve ? Voici ce que le commandant en chef des troupes wurtembergeoises écrivait à son souverain :

« Quoiqu’il me serait bien agréable de faire à Votre Majesté les louanges de son armée, je ne puis lui dissimuler qu’un esprit de sauvagerie tend à se communiquer, principalement dans la cavalerie qui est souvent abandonnée à elle-même.

J’ai eu des exemples d’une avidité sans limite qui a eu pour conséquence des excès déplorables et des mauvais traitements commis sur de malheureux paysans sans défense. »

Infanterie bavaroise

 

Cavalerie wurtembergeoise

Les officiers français, qui ont laissé des Mémoires disent tous qu’ils ont été, bien qu’ennemis, courtoisement reçus par ceux qui avaient en charge de les héberger.

C’est le cas, entre autres, de cet officier d’artillerie, le capitaine en second Pion des Loches, logé chez le ministre des Finances du roi de Prusse :

« Mon ministre et sa famille étaient les hôtes les plus affables et me traitaient en enfant de la maison ; tout le monde pleurait quand je partis et je pleurai aussi pour faire chorus. »

Il reçut le même bon accueil à Erfurt chez le fonctionnaire chargé de la vente des « grains publics ; c’était un bon vieillard qui avait une très belle famille, deux fils et trois filles. Je fortifiais celles-ci dans la langue française et elles me perfectionnaient dans la langue allemande. Je passai l’hiver assez agréablement, comme dans ma propre famille ; nous avions de temps en temps des bals de société et, quoique que Erfurt soit une pauvre ville, nous n’y trouvâmes pas le temps long. »

 

HOMMAGE DE LA POPULATION CIVILE À
NAPOLÉON ET À SES SOLDATS

Récits de complaisance, destinés à présenter les soldats de Napoléon sous un jour flatteur, alors que nombre d’auteurs, minces le plus souvent, les présentent, eux et leur chef, Napoléon, comme des brutes sanguinaires ?

Il suffit, pour avoir la réponse, de se tourner vers des documents prussiens.

Le 12 mars 1807, le Berliner Nachrichten publiait la nouvelle suivante :

« M. Roussel, officier des grenadiers du 14è régiment de ligne et commandant d’armes de la ville de Brandebourg-sur-l’Havel, rappelé par son souverain, remporte avec lui les regrets des magistrats et de tous les habitants de cette ville pour avoir, par sa sagesse, son amitié, son intégrité et sa justice, su concilier les intérêts de son souverain à ceux deshabitants de cette cité qui n’oublieront jamais les bienfaits de ce brave officier, honorable tant par sa conduite que par son désintéressement. Puisse ce brave homme être aussi heureux dans sa carrière qu’il le mérite ! Les habitants de Brandebourg apprendront toujours avec joie ce qui lui arrivera d’heureux. »

Tous les témoignages du temps concordent : les Berlinois, et principalement
les Berlinoises, réservèrent le meilleurs accueil aux soldats de la Grande Armée ,
et, au moment du départ, les adieux furent pénibles

Nommons aussi, car tous ces témoignages sont importants pour gommer l’image sordide que « l’on » donne toujours de manière opiniâtre des soldats de la Grande Armée , ce général Gastine, que les autorités de Landsberg saluent de cette manière :

« Landsberg-sur-la-Warthe, le 10 mai 1807

« Plus de cinquante mille Français de la Grande Armée ont passé par cette ville. Nous en avons logé la plus grande partie dans l’enceinte de nos murs. Nos bourgeois, nos habitants se sont prêtés à tous les sacrifices qui ont dépendu d’eux pour recevoir et traiter ces troupes de leur mieux. Elles, de leur côté (nous leur devons cette justice), se sont comportées jusqu’à présent en ennemis généreux et nous n’avons eu que le fardeau inévitable des passages et des logements militaires, sans avoir à nous plaindre d’aucun excès ni d’aucun acte de violence. Parmi ceux qui se sont arrêtés le plus longtemps dans nos murs, nous devons particulièrement faire la mention la plus honorable de M. le général de Gastine, commandant la place par ordre de Sa Majesté l’Empereur et Roi. D’un côté, M. le général de Gastine a rempli ce poste important avec un zèle et une exactitude sans égale ; d’un autre côté, il a traité les habitants de cette ville, sans exception les petits comme les grands, avec une délicatesse qui est l’apanage de celui dont l’esprit et le cœur ont reçu un degré de culture supérieur. Il s’est gagné par là l’amour, la confiance et la vénération de la ville tout entière. Nous ne saurions passer sous silence le rare désintéressement de M. le général de Gastine et la noble générosité avec laquelle il a nourri plus de cent femmes et enfants de soldats prussiens... Nos vœux les plus ardents l’accompagnent. Puisse la Providence le protéger et conserver ses jours au milieu des dangers de la guerre…

« Signé : La municipalité et le corps des bourgeois »

Un hommage similaire sera rendu au général Hulin, lorsque celui-ci, le 20 août 1807, quittera ses fonctions pour prendre le commandement de la place de Paris.

Encore plus révélatrice, si besoin en était, est cette correspondance adressée, le 18 août 1807, par l’ambassadeur d’Autriche à Berlin, le baron von Binder, à son supérieur, le ministre des Affaires étrangères, le comte Johann Philipp von Stadion :

« Le général Clarke est nommé ministre de la guerre ; il doit être, dit-on, remplacé par le général Victor. Le général Hulin est promu général de division ; on lui destine la place de Paris. Il sera remplacé par le général Saint-Hilaire. Le gouverneur général ainsi que le commandant de la place emportent les sentiments d’estime et de reconnaissance des habitants du pays et de la capitale en particulier. La douceur qu’ils ont apportée à l’exécution des ordres sévères que nécessitait l’état de guerre, la tranquillité parfaite qu’ils ont fait régner, le désintéressement qu’ils ont montré dans toutes les occasions justifient ces sentiments. »

Il nous faudra bien nous souvenir de ces témoignages des civils prussiens, qui honorent la mémoire de Napoléon et celle de ses soldats, lorsque, en 1814, puis en 1815, cette exécrable brute de Blücher envahira la France, accompagné de ses soudards, avec lesquels même les Anglais, dans leur marche vers Paris après Waterloo, refuseront de frayer.

DR

Le 18 novembre, des représentants du sénat français arrivèrent
à Berlin
pour présenter à Napoléon les félicitations du peuple français

 

Quant à l’Empereur, fort de cette tranquillité qui régnait dans la ville conquise, il travaillait d’arrache-pied à un grand projet qui lui tenait particulièrement à cœur, et dont il attendait beaucoup pour réaliser, en Europe, cette paix à laquelle il aspirait…

À suivre