NAPOLÉON BONAPARTE UN HOMME D'EXCEPTION

PAR PASCAL CAZOTTES, FINS

Qui n'a pas entendu parler de Napoléon 1er, cet illustre personnage dont la célébrité a fait le tour du monde ? Y a t-il un quelconque endroit sur cette terre où son nom ne soit pas parvenu ? Déjà, en 1829, la renommée du « Grand Homme », comme l'appelait le Capitaine Coignet, avait atteint les antipodes de la France, ainsi que put le constater, avec surprise, le naturaliste d'Orbigny qui, en pleine exploration de la Patagonie, fut accueilli par ces paroles d'un grand chef Inca : "Permets que je t'embrasse, puisque tu as vu ce demi-dieu, puisque tu lui as parlé".

Napoléon 1er devrait être, par conséquent, la figure historique la mieux connue. Mais est-ce vraiment le cas ?

Au premier abord, et au vu du nombre considérable d’ouvrages écrits sur le sujet, on pourrait penser qu’il ne reste plus rien à apprendre sur celui qui fut l’Empereur des Français ; comme on ne peut, d’ailleurs, imaginer que sa vie soit ignorée du plus grand nombre. Pourtant, bien peu de nos contemporains ont pris la peine de lire un seul de ces livres, préférant s’en tenir aux bribes tirées d’un milieu scolaire peu porté à faire le panégyrique du plus célèbre des Français.

Et puis, suivant les affinités des uns et des autres, les faits historiques ont souvent été travestis, ou sortis de leur contexte, par des auteurs peu scrupuleux et seulement soucieux de faire passer leur « vérité ». Cette attitude méprisable fut particulièrement de mise ces dernières années, où l’on vit sortir des ouvrages dont le seul but avoué était de salir la mémoire de l’Empereur. Ainsi, votre serviteur eut-il récemment la surprise de tomber sur un titre pour le moins fallacieux, lequel n’hésitait pas à associer le nom de Napoléon avec les mots « raciste » et « antisémite ». Si ces qualificatifs sont totalement mensongers, on peut craindre, toutefois, qu’ils ne génèrent le doute dans l’esprit d’un public non averti. Aussi est-il nécessaire de mettre en lumière, encore et toujours, une réalité historique dont les faits seront autant de soufflets portés à la face de ces désinformateurs.

Cette parenthèse refermée, nous allons essayer de cerner quelque peu la personnalité de Napoléon 1er, notamment par le rappel de quelques citations et de certains faits. En regrettant, toutefois, de ne pouvoir être exhaustif dans le cadre exigu d’un simple article.

Ainsi que l'a écrit Léon Bloy (écrivain maudit né en 1846) : « En réalité, Napoléon nous est peut-être moins connu qu'Alexandre ou Sennachérib. Plus on l'étudie, plus on découvre qu'il est l'homme à qui nul ne ressembla et c'est tout. Voici le gouffre. J'ai beaucoup étudié cette histoire… et j'ai fini par sentir que j'étais en présence d'un des mystères les plus redoutables de l'histoire… »

Il est vrai que le personnage est particulièrement complexe et qu’il lui arrivait même, parfois, de se contredire. Comme il le remarquait lui-même : « Les sots prétendent seuls à l’infaillibilité ».

Doué d’une vive intelligence, touchant au génie, il était particulièrement attiré par les sciences et les arts. Mais force est de reconnaître qu’il excella plus particulièrement dans l’art de la guerre et la gestion des affaires publiques, étant doté d’un sens inné pour l’administration.

Il n’en était pas moins homme, avec ses doutes et ses faiblesses. Un homme qui se posait les questions essentielles, depuis longtemps oubliées par nos contemporains : « Dire d’où je viens, ce que je suis, où je vais, est au-dessus de mes idées, et pourtant tout cela est. Je suis la montre qui existe et qui ne se connaît pas. » Comme il avait également l’intuition de l’existence d’une réalité au-delà des apparences : « Quel fluide magique nous environne et nous cache les choses qu’il nous importe le plus de connaître ? » Sa foi en un Dieu tout-puissant était bien réelle, mais il montrait, par contre, quelque défiance vis-à-vis des religions qu’il considérait, pourtant, comme nécessaires : « Tout proclame l’existence d’un Dieu, c’est indubitable ; mais toutes nos religions sont évidemment les enfants des hommes. » - « Je suis bien loin d’être athée, mais je ne puis croire tout ce que l’on m’enseigne en dépit de ma raison, sous peine d’être faux et hypocrite. » Ces propos tenus par Napoléon démontraient une certaine ressemblance avec Pascal, lequel fuyait deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison.

Philosophe à ses heures, et féru aussi bien d’histoire que de sciences mathématiques, ce touche-à-tout génial était capable de soutenir des conversations avec les esprits les plus distingués de son époque. Et si sa fulgurante renommée lui ouvrirent les portes de l’Institut, on peut être certain qu’il ne dénota point au sein d’une si admirable assemblée, faisant ainsi mentir sa trop grande modestie qui le poussait à se considérer comme un élève au milieu de ses maîtres.

Un instant auparavant, nous évoquions ses faiblesses, et il faut bien reconnaître qu’il en eut : vis-à-vis de sa famille, vis-à-vis de son entourage, et même, quelques fois, envers ses ennemis. S’il couvrit ses frères et sœurs de richesses et d’honneurs, ces derniers furent bien loin de lui montrer toute la reconnaissance qu’il méritait. Tel fut le cas de l’ambitieuse Caroline, plus soucieuse de conserver le Royaume de Naples que d’inciter son mari à rester fidèle à son Empereur. Quant aux « grands » qui gravitaient autour de lui, l’Empereur des Français n’était guère mieux servi. Que dire d’un Bernadotte, ou encore d’un Talleyrand ? Confronté à leurs coups bas, Napoléon entrait dans de violentes colères, n’hésitant pas à employer un langage peu châtié (« la merde dans un bas de soie » dont il qualifia Talleyrand après sa trahison d’Erfurt, est désormais passée à la postérité). Cependant, l’Empereur, peu rancunier, pardonnait bien vite, éprouvant également les plus grandes difficultés à se séparer de ceux qu’il chérissait. Ainsi en fut-il de Bourrienne, son condisciple, qu’il conserva longtemps à son service, malgré les penchants de ce dernier pour la malhonnêteté. Mais, surtout, nous avons l’exemple de Joséphine, à qui Napoléon pardonna bien des frasques amoureuses et des dépenses particulièrement outrancières. Seule la raison d’Etat le poussa à se séparer d’elle. L’Impératrice restera, néanmoins, le grand amour de sa vie, ainsi que sa confidente. Enfin, Napoléon eut la faiblesse de laisser sur leur trône des monarques qui, pour battus qu’ils étaient, n’en restaient pas moins des êtres perfides, prompts à violer la parole donnée à un homme qui croyait encore au sens de l’honneur.

Tout ceci contribue déjà, et très certainement, à lézarder l’image de « l’Ogre » sortie tout droit des cerveaux retors des ennemis de Napoléon 1er, lequel avait fait siens, alors qu’il n’était qu’un tout jeune officier, ces mots si subversifs aux yeux des monarchies européennes : « Liberté – Egalité – Fraternité ».

Et lorsqu’il devint Empereur, cet héritier de la Révolution, bien loin d’adopter les valeurs rétrogrades de l’Ancien Régime, s’efforça, au contraire, de rester l’homme de progrès qu’il était.

Et pourtant, d’aucuns continuent à voir en Napoléon un dictateur sanguinaire, faisant peu de cas de la vie humaine. C’est oublier bien vite toute la sollicitude dont il faisait preuve à l’égard de ses soldats, sans parler de sa magnanimité pour l’ennemi.

En fait, il aimait profondément ses hommes, au point d’éprouver pour eux un véritable sentiment paternel. Un jour qu’il désignait sa Garde, il eut ces mots sortis tout droit du cœur : « ces hommes-là représentent tous les régiments de l’armée ; ils sont mes enfants : je veux, je dois agir avec eux comme un père de famille ».

Et la même sincérité l’habitait lorsqu’il s’exprima le lendemain d’Eylau, devant le champ de bataille encore rempli de morts et de blessés : « Un père qui vient de perdre ses enfants ne goûte aucun des charmes de la victoire ; quand le cœur parle, la gloire même n’a plus d’illusions. »

Et que dire face à ses décisions de libérer des prisonniers sur parole, ou encore d’épargner des armées ennemies en fuite ?


Bataille de Wagram
S’il avait décimé l’armée autrichienne après la bataille de Wagram, comme il en avait la possibilité, il est bien certain que cette armée ne se serait pas présentée de nouveau devant lui à la bataille de Leipzig !

Alors, oui, Napoléon était doué pour la guerre, mais que chacun soit bien imprégné de cette idée qu’il aurait mille fois préféré consacrer son temps à des tâches plus « créatrices » et, surtout, s’éviter la douleur de voir tomber ses chers soldats, et autres amis, autour de lui. Du reste, jamais il ne fut plus heureux que pendant les années de paix du Consulat.

Par contre, on peut lui reprocher d’avoir toujours écarté les inventions touchant à l’armement. Estimant que les guerres étaient déjà bien assez meurtrières, il ne pouvait se résoudre à équiper son armée d’armes aux performances sans cesse améliorées. Ainsi, refusa-t-il le fusil à aiguille mis au point par un chercheur suisse. Si ce sentiment était tout à son honneur, et faisait état d’une grande noblesse, on constatera que ses ennemis n’eurent pas autant de scrupules, notamment les Prussiens qui n’hésitèrent pas à adopter le fusil en question.

D’autres encore ont voulu présenter Napoléon comme un monstre d’intolérance. Or, jamais, peut-être, on a vu un homme plus respectueux de son prochain : « Je respecte la volonté du peuple et les consciences. Nous ne savons ni d’où nous venons, ni où nous allons. Il faut respecter l’opinion que chacun se fait et embrasse. » Toujours dans le même esprit, Napoléon disait, en s’adressant au général Leclerc : « Recommandez aux soldats de faire honneur à la nation française, non seulement par leur bravoure, mais encore par leur discipline et leur respect pour les coutumes et les préjugés des pays qu’ils traversent. » Et n’oublions pas la fameuse proclamation que le général Bonaparte adressa à tous ses navires, juste avant de poser le pied sur la terre d’Egypte : « … Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans. Ayez pour les cérémonies que prescrit le Coran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eue (en Italie) pour les couvents et les synagogues, pour la religion de Moïse et de Jésus-Christ. Les légions romaines protégeaient toutes les religions. »

Mais plus que les mots de Napoléon, nous avons ses actes.

Soucieux du bien-être de son peuple, il créa constamment pour lui de nouvelles réformes, toutes destinées à améliorer son quotidien et à le conduire sur la voie de la modernité.

En travailleur infatigable qu’il était, capable de travailler quinze heures d’affilée et sur plusieurs dossiers à la fois, il ne cessa de s’investir personnellement dans toutes les affaires de la France. Même lors de ses nombreuses campagnes, l’administration de notre pays resta en bonne place parmi ses préoccupations premières. De manière à rester actif dans ce domaine, quoiqu’éloigné qu’il pût être de la France, il avait fait aménager sa berline de voyage, ainsi qu’une tente jumelée à la sienne, en véritable « bureau de campagne » doté d’une riche bibliothèque.

De ces heures passées à mettre au point des projets aussi nombreux que divers, sont nées des lois, et autres institutions, qui ont traversé plus de deux siècles pour parvenir jusqu’à nous, et, bien souvent, sans prendre une seule ride. Napoléon était particulièrement fier de son Code Civil, qui porta, d’ailleurs, son nom à partir du 13 novembre 1807 : « Ma vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code Civil ! » Sous l’ancien Régime, les lois différaient souvent d’une province à l’autre, sans parler de la prédominance du droit coutumier au nord de la Loire. A ce fatras, il convenait d’y mettre bon ordre, ce à quoi allait s’employer Napoléon alors qu’il n’était que Premier Consul. Par son arrêté du 12 août 1800, il convoqua une commission de quatre juristes, tous choisis parmi les plus éminents spécialistes de l’époque. A ces hommes incomba l’immense tâche de rédiger le projet du Code Civil, sous l’impulsion et la ligne fixée par Napoléon Bonaparte, lequel souhaitait que la loi soit écrite de la façon la plus claire possible, afin que chaque citoyen soit à même de la comprendre et ne puisse plus l’ignorer. L’application de la même loi sur tout le territoire national devait également permettre une parfaite égalité des citoyens devant la justice. Au bout de quatre mois d’efforts, une première ébauche du Code Civil fut enfin achevée, puis présentée à la commission législative du Conseil d’Etat. Cent deux réunions, dont cinquante-sept présidées par Napoléon Bonaparte en personne, furent encore nécessaires pour mettre au point le Code Civil qui vit finalement le jour le 21 mars 1804. Y figuraient 36 lois et 2.281 articles, dont certains sont toujours d’actualité !

Autre réforme remarquable de Napoléon : le Concordat. Désireux de ramener la paix civile en France, après les désastreux excès de la Révolution, Napoléon va établir le principe de la liberté des cultes et de la tolérance. Entre les Jacobins hostiles à toute religiosité et les éminences catholiques pesant de tout leur poids pour faire de leur religion la religion d’état, Napoléon devra trouver un juste milieu et amener les uns et les autres à faire des concessions. L’enfantement du Concordat ne se fera pas sans douleurs, mais sera finalement signé le 15 juillet 1801. Il sera complété par deux décrets de 1808, par lesquels Napoléon fonde le judaïsme français et reconnaît officiellement la religion juive.

Napoléon restaurateur des cultes
Représentants des différentes religions se
prosternent devant Dieu et remercient l'Empereur de leur avoir rendu le libre exercice de leur culte.

En fait, le Concordat est le reflet exact des paroles prononcées par Napoléon Bonaparte au cours de l’année 1800 : « Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l’être. C’est là, je crois, la manière de reconnaître la souveraineté du peuple. C’est en me faisant catholique que j’ai gagné la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple juif, je rétablirais le temple de Salomon. »

D’autres institutions vont s’attacher les sollicitudes de Napoléon. Tel est le cas de l’instruction publique que le Premier Consul n’hésitera pas à placer au sommet de toutes les structures. Par une loi du 1er mai 1802, Napoléon Bonaparte réorganise tout l’enseignement secondaire, en créant collèges et lycées. Un peu plus tard, en 1806, l’Empereur qu’il est devenu fonde l’université et lui donne les moyens de mener à bien sa mission par la création d’un corps d’enseignants tout à fait aptes à éduquer les nouvelles générations.

Nous lui devons également la création de la fonction de préfet et la constitution du futur corps des soldats du feu (le décret du 18 septembre 1811 crée le premier bataillon de sapeurs).

S’inquiétant également des problèmes de santé publique, Napoléon 1er ne tarde pas à créer « la société pour l’extinction de la petite vérole en France par la propagation de la vaccine ». En ce début de XIXème siècle, la vaccination n’en est encore qu’à ses balbutiements ; et pourtant, l’Empereur, en visionnaire de génie qu’il a toujours été, a de suite compris l’intérêt de cette invention médicale. Ayant mis à la tête de cette « société » des scientifiques aussi prestigieux que Lacépède, Cuvier ou Bertholet, il va, de surcroît, lui allouer des fonds qui permettront de mettre en place de véritables campagnes de vaccination dans chaque département.

Enfin, Napoléon se fit architecte et bâtisseur pour le plus grand bonheur de la capitale de la France. En effet, Paris, qui manquait cruellement d’eau, vit, avec une joie non dissimulée, l’édification de quinze fontaines publiques aux dimensions monumentales. Toujours dans le but de ravitailler en eau sa capitale, Napoléon fit amener l’eau de la rivière Ourcq par la construction d’un canal. Il fit également assainir la vieille cité par la réalisation d’égouts et de trottoirs, et facilita la traversée d’une rive à l’autre par la mise en place de trois ponts, dont deux en fer (véritable innovation pour l’époque) : le Pont des Arts et le Pont d’Austerlitz.

La France lui doit d’autres bienfaits, mais il est impossible de les citer tous ici.

Comme nous venons de le voir, Napoléon fut davantage un père pour son peuple qu’un dirigeant tyrannique ; et les allégations mensongères de « raciste » et « d’antisémite » évoquées plus haut se sont effondrées sous la foudre d’une vérité qu’il n’est plus possible de dissimuler. A ceux qui ont tenu ces propos, sans la moindre connaissance du sujet et avec la seule intention de salir la mémoire d’un homme qu’ils n’arriveront jamais à atteindre, nous aimerions leur rappeler un événement survenu pendant la terreur blanche. Nous sommes à Marseille, dans le vieux port. Des Royalistes ivres de haine s’en sont pris à une femme de couleur qu’ils ne tardent pas à éventrer à coups de couteau. La pauvre victime est ensuite jetée à l’eau. Bien qu’agonisante, elle trouve la force de passer la tête hors de l’eau et d’hurler à ses bourreaux ces deux mots sublimes : « Vive l’Empereur ! »

Fort heureusement, les auteurs honnêtes qui ont vu en Napoléon l’être exceptionnel qu’il était, sont en plus grand nombre et comptent dans leurs rangs des noms passés à la postérité, tel Victor Hugo à qui nous laissons les mots de la fin :

« Au commencement de ce siècle, la France était pour les nations un magnifique spectacle. Un homme la remplissait alors et la faisait si grande qu’elle remplissait l’Europe. Cet homme, sorti de l’ombre, était arrivé en peu d’années à la plus haute royauté qui jamais peut-être ait étonné l’histoire. Une révolution l’avait enfanté, un peuple l’avait choisi, un pape l’avait couronné. Chaque année, il reculait les frontières de son Empire… Il avait effacé les Alpes comme Charlemagne et les Pyrénées comme Louis XIV ; il avait construit son Etat au centre de l’Europe comme une citadelle, lui donnant pour bastions et pour ouvrages avancés dix monarchies qu’il avait fait entrer à la fois dans son Empire et dans sa famille. Tout dans cet homme était démesuré et splendide. Il était au-dessus de l’Europe comme une vision extraordinaire. »

Pascal Cazottes, FINS

 

 

 

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