« Vers le soir, un ordre du jour annonça la bataille à l’armée. Une phrase surtout acheva d’électriser les troupes, c’était celle par laquelle l’Empereur proclamait que, si elles justifiaient ses espérances, il se bornerait à diriger les mouvements, mais que dans le cas contraire il s’exposerait aux plus grands dangers. Cet ordre à peine lu à tous les corps, l’Empereur passa incognito et sans escorte sur le front de plusieurs régiments ; de suite reconnu, il devint l’objet du plus grand enthousiasme. Au moment où il se trouva devant le 28e de ligne, un soldat de ce corps lui cria : « Nous te promettons que demain tu n’auras à combattre que des yeux. » S’étant arrêté devant la brigade Ferny, composée du 46e et du 57e, il demande à des soldats si leurs cartouches étaient complètes. « Non, répondit l’un d’eux, mais les Russes nous ont appris dans les Grisons qu’il ne fallait contre eux que des baïonnettes, et nous te montrerons ça demain. »

Général Baron Thiébault

 

AUSTERLITZ

LA BATAILLE DES TROIS EMPEREURS

Par Pascal Cazottes, FINS

 

 

Après la victoire d’Ulm, la Grande Armée s’est aventurée jusqu’en Moravie où l’armée russe a pris position, secondée par des troupes autrichiennes.

A 1.600 kilomètres de sa capitale, Napoléon a le sentiment que la situation risque de lui échapper. Ses lignes de communication sont étirées à l’extrême, les Autrichiens de l’archiduc Charles et de l’archiduc Jean menacent toujours ses arrières, et la Prusse est tentée de rejoindre la coalition. Il n’a donc plus le choix, il lui faut impérativement remporter une victoire décisive le plus rapidement possible. Mais, pour cela, il faut que ses adversaires acceptent le combat. Il va donc s’ingénier à faire croire aux Austro-Russes qu’il se trouve dans une position de faiblesse. Schulmeister, le célèbre espion de l’Empereur, se rend chez l’ennemi pour lui faire part de la fragilité de l’armée française, laquelle se trouve être en infériorité numérique. Quant à Napoléon, il envoie Savary au Tsar afin de lui présenter des propositions de paix. Pour l’état-major ennemi, il ne fait désormais plus de doute que le moment est venu de passer à l’action. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il va porter son attaque à un moment et dans un lieu choisis par l’Empereur des Français.

 

Le 30 novembre 1805, Napoléon emploie cette journée à parcourir, à cheval, les plateaux en avant d’Augezd, de Pratzen et de Girzikowitz. Il s’avance même si loin qu’il s’est rapproché des lignes ennemies, au point qu’une troupe de cosaques profite de l’occasion pour le charger. Il ne devra son salut qu’à la bravoure de son escorte composée de chasseurs à cheval.

Puis, en parlant du plateau de Pratzen, l’Empereur a ces paroles : « si je voulais empêcher l’ennemi de tourner ma droite, je me placerais sur ces belles hauteurs, où je n’aurais qu’une bataille ordinaire. J’aurais, il est vrai, l’avantage du poste. Mais outre que je pourrais courir les risques d’avoir un engagement sérieux le 1 er, l’ennemi nous voyant ainsi à découvert, ne pourrait guère commettre que des fautes de détail. Avec des généraux peu experts dans la grande guerre, nous devons chercher à profiter des fautes capitales. »

 

Chaque belligérant consacra le 1er décembre à une première mise en place de ses troupes et à reconnaître les positions de l’adversaire. La grande masse des Français occupait une ligne allant de Wellatitz jusqu’aux lacs de Kobelnitz, Napoléon ayant délibérément dégarni sa droite afin d’inciter les Austro-Russes à l’attaquer sur ce point précis. En face, l’armée ennemie se montrait de tous côtés. Sa droite était appuyée à Posorzitz, son centre, au village de Blaziowitz, et sa gauche occupait toutes les hauteurs de Pratzen, laissées libres à dessein. Vers trois heures de l’après-midi, l’ennemi amorça un mouvement sur sa gauche. Ses intentions étaient claires, et son objectif, deviné et même souhaité par l’Empereur, était bien de tourner la droite française par les villages de Telnitz et de Sokolnitz. Pour effectuer cette manœuvre, les Austro-Russes étaient obligés de dégarnir le plateau de Pratzen, et c’est justement à cet endroit que Napoléon allait porter son attaque. Mais pour que son plan réussisse, fallait-il encore que la gauche ennemie soit stoppée suffisamment longtemps. C’est à Davout que devait incomber la tâche de la contenir. Or, son corps d’armée, basé à Nikolsbourg, avait une longue distance à parcourir avant de rejoindre le champ de bataille. Toutefois, son avant-garde avait déjà atteint le couvent de Raygern.

 

A neuf heures du soir, l’Empereur visita les bivouacs de son armée. C’était la veille de l’anniversaire de son couronnement. Auparavant, il avait fait lire aux troupes la proclamation suivante :

« Soldats !

L’armée russe se présente devant vous, pour venger l’armée autrichienne d’Ulm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrünn, et que vous avez poursuivis constamment jusqu’ici.

Les positions que nous occupons sont formidables. Pendant qu’ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.

Soldats ! je dirigerai moi-même tous vos bataillons. Je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis. Mais si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre Empereur s’exposer aux premiers coups. Car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée surtout, où il y va de l’honneur de l’infanterie française, qui importe tant à l’honneur de toute la nation.

Que sous le prétexte d’emmener les blessés, on ne dégarnisse pas les rangs ; que chacun soit bien pénétré de cette pensée qu’il faut vaincre ces stipendiés de l’Angleterre, qui sont animés d’une si grande haine contre notre nation.

Cette victoire finira la campagne. Nous pourrons reprendre nos quartiers d’hiver, où nous serons joints par les nouvelles armées qui se forment en France. Alors, la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi. »

Il est difficile de dépeindre l’enthousiasme des soldats à la vue de leur Empereur circulant au milieu d’eux. Aussitôt, et spontanément, plusieurs milliers de perches s’élevèrent avec, à leur sommet, des bottes de paille enflammées, et aux cris de « Vive l’Empereur ! ». Il semblait que tout le camp français s’était embrasé ; de telle façon que les généraux ennemis crurent que les français brûlaient leur campement dans le projet de battre en retraite.

Toute l’armée française s’était portée au-devant de Napoléon et l’acclamait à son passage. L’Empereur, qui connaissait parfaitement bien la composition de chaque régiment, en profita pour adresser quelques paroles à ses braves qu’il savait, mieux que quiconque, toucher au cœur. Ainsi, en passant devant le 28e de ligne composé principalement de conscrits du Calvados, Napoléon eut ces mots qui enflammèrent tout le régiment : « J’espère que les Normands se distingueront aujourd’hui ». Quant au 57e, il eut droit à un véritable éloge de la part de son suzerain : « Rappelez-vous qu’il y a bien des années, je vous ai surnommé le terrible ». Mais le moment le plus émouvant reste celui où un vieux grenadier s’avança devant Napoléon pour lui dire : « Empereur, tu n’auras pas besoin de t’exposer. Je te promets, au nom des grenadiers de l’armée, que tu n’auras à combattre que des yeux, et que nous t’amènerons demain les drapeaux et l’artillerie de l’armée russe, pour célébrer l’anniversaire de ton couronnement ».

Infanterie de Ligne contre garde russe


Le 2 décembre, à minuit, Napoléon était enfin rendu à son bivouac constitué d’une cabane de paille sans toit que lui avaient faite les grenadiers. A peine était-il arrivé qu’il exprima sa joie et son amour pour ses soldats : « Voilà la plus belle soirée de ma vie. Mais j’éprouve du regret à penser que je perdrai beaucoup de ces braves gens. Je sens, au mal que j’en éprouve, qu’ils sont réellement mes enfants ; et, en vérité, je me reproche quelquefois ce sentiment ; car je crains qu’il ne finisse par me rendre inhabile à la guerre ».

Peu après, il recevait de son aide de camp, Savary, un rapport confirmant que l’ennemi avait massé des troupes – de l’infanterie et de la cavalerie – devant les villages de Telnitz et de Sokolnitz. « En ce cas, dit l’Empereur, il faut livrer bataille. Il n’y a plus de doute sur les projets erronés qui dirigent les généraux de cette armée. Demain, à cette heure, elle sera à nous ». Et, sans plus attendre, il donne ses ordres pour la bataille. Davout doit partir sur-le-champ et se rendre à Raygern, afin d’y prendre le commandement d’une division du troisième corps tout juste parvenue en cette place. Ses hommes devront se mettre en mouvement avant le jour. Sa mission est de joindre les Russes au village de Telnitz pour les y contenir. Il ne doit les attaquer vigoureusement que lorsqu’il verra les hauteurs de Pratzen occupées par nos troupes. Soult, chargé du commandement de la droite, reçoit l’ordre de faire occuper immédiatement le village de Telnitz et, surtout, celui de Sokolnitz.

Dans l’instant, le général Merle est envoyé sur les lieux. Il a sous ses ordres le 3 e régiment de ligne, le 26 e d’infanterie légère et les tirailleurs du Pô, soutenus par la cavalerie légère de Margaron et six pièces d’artillerie. L’Empereur ordonne également à Soult de faire prendre les armes à petit bruit et à quatre heures du matin. Ses hommes doivent passer le ruisseau et se mettre en formation aux emplacements qui leur ont été dévolus (la brigade Levasseur, composée des 18 e et 75 e de ligne et des tirailleurs corses, sur deux lignes et en colonnes d’attaque, en avant de Kobelnitz ; les trois brigades de la division Saint-Hilaire, sur trois lignes et en colonnes d’attaque, en avant de Puntowitz ; les trois brigades restantes, division Vandamme, devant adopter la même formation, en avant de Girzikowitz). Bernadotte, à qui l’Empereur a confié le commandement du centre, doit se rendre, avec ses deux divisions d’infanterie, à Girzikowitz, et faire partir la cavalerie légère de Kellermann une heure avant le jour, avec ordre de se rallier à la cavalerie de Murat. De cette façon, il occupera la portion de terrain restée libre entre les troupes de Soult et les cavaliers de Murat. Ce dernier reçoit l’ordre de réunir sa cavalerie à la gauche du village de Girzikowitz, se plaçant ainsi entre Bernadotte et Lannes qui vient de recevoir le commandement de la gauche. Les ordres donnés au Maréchal Lannes par l’Empereur sont les suivants : faire avancer les divisions Suchet et Caffarelli en avant du ruisseau et éclairer sa gauche avec la cavalerie de Milhaud. Il doit, par contre, laisser le 17 e, aux ordres de Claparède, pour la protection du santon. Enfin, Bessières et Oudinot, commandant respectivement la Garde Impériale et les grenadiers réunis, sont, eux, placés en réserve et en ordre de bataille.

En face, l’ennemi avait pris des dispositions toutes différentes. Sa droite, commandée par Bagration et composée de douze bataillons et de quarante escadrons, se tenait en arrière de Posorzitz. Son centre, aux ordres de Koutouzov, occupait les hauteurs de Pratzen avec la troisième colonne de Przibyszevski, forte de vingt-quatre bataillons, et la quatrième colonne de Kollowrath. Entre le centre et la droite, Lichtenstein avait pris position avec la plus grande partie de la cavalerie. L’aile gauche, sous le commandement de Buxhowden, comprenait deux colonnes de, chacune, dix-huit bataillons. Commandées respectivement par les généraux Langeron et Wimpfen, elles avaient été placées au-dessus d’Augezd. A l’avant de cette troupe se trouvait un contingent d’infanterie et de cavalerie sous les ordres du général Kienmayer. Enfin, le prince Constantin devait occuper le plateau de Pratzen avec la réserve, après que Koutouzov en fût descendu pour suivre le mouvement de l’aile gauche.

 

A trois heures du matin, Napoléon monta à cheval et alla s’informer des mouvements de l’ennemi pendant la nuit. Des sentinelles l’informèrent avoir entendu, jusqu’à deux heures du matin, le bruit des troupes ennemies, lesquelles semblaient se diriger toujours sur leur gauche. Cette confirmation des fautes commises par les Austro-Russes renforça l’Empereur dans ses espoirs de succès. De retour à son bivouac, et entouré de ses maréchaux, Napoléon n’attendait plus que le jour se lève pour donner le signal de l’attaque. Aux premières lueurs du jour, cinq divisions russes donnèrent le spectacle de leur descente vers le village de Telnitz. Au même moment, plusieurs coups de fusil se firent entendre dans cette direction. La fusillade y devint vive, et la canonnade ne tarda pas à s’engager. Pendant ce temps, la grande masse de l’armée française, placée dans les fonds et dissimulée à la vue de l’ennemi par un épais brouillard, attendait l’ordre de se lancer à l’assaut du plateau.

Bientôt, le soleil est levé, et les hauteurs de Pratzen apparaissent presque dégarnies. Napoléon s’adresse alors à Soult : « Combien vous faut-il de temps pour arriver sur les hauteurs de Pratzen avec vos divisions ? – Moins de vingt minutes, lui répondit le maréchal. – En ce cas, dit l’Empereur, attendons encore un quart d’heure ». Cependant, le feu devenait de plus en plus vif au village de Telnitz. Un aide de camp, arrivant de la droite, vint informer Napoléon que la gauche des Russes, forte de 40 à 50.000 hommes, descendait sur cinq colonnes, en direction de Telnitz et de Sokolnitz, et que rien ne semblait pouvoir l’arrêter. A huit heures et demie, l’Empereur donne ses premiers ordres et Murat, Bernadotte, Soult et Lannes partent au galop rejoindre leurs hommes. De son côté, l’Empereur court sur le front de bandière et encourage les troupes : « Soldats, finissons cette campagne par un coup de tonnerre qui confonde l’orgueil de nos ennemis ». Aussitôt les chapeaux au bout des baïonnettes et les cris de « Vive l’Empereur » devinrent le signal du combat.

Les voltigeurs des divisions Vandamme et Saint-Hilaire s’avancent et commencent le feu. Ces divisions n’ont besoin que d’un instant pour gravir les pentes du plateau de Pratzen. A gauche, la cavalerie de Murat s’ébranle et les troupes de Lannes s’avancent. Une canonnade terrible s’engage sur toute la ligne. Deux cents pièces de canon se mettent à tonner, presque au même moment, et deux cent mille hommes sont aux prises. L’ennemi s’est bien aperçu du mouvement qui menace son centre, mais il est déjà trop tard. Le général Koutousov qui, dès le début, a compris l’importance de conserver le plateau, fait avancer toute sa réserve en ce point. Toutefois, comment parvenir à stopper cette armée qu’il voit marcher sur trois colonnes serrées ? A peine le général Koutousov a-t-il le temps de mettre en bataille la quatrième colonne, d’envoyer quelques bataillons dans le village de Pratzen et de diriger quelques éléments de cavalerie, que le 10 e d’infanterie légère, de la division Saint-Hilaire, est déjà parvenu jusqu’au sommet. A cent cinquante pas, le 10 e fait feu et culbute l’ennemi à la baïonnette. A la suite de ce régiment, la brigade Thiébault, composée des 14 e et 36 e régiments de ligne, et la 3 e brigade du général Waré, formée des 43 e et 55 e, ont également pris pied sur le plateau. Waré fait contourner à ses hommes le village de Pratzen - suivant ainsi les ordres de Soult qui voyait l’importance de couronner les collines au plus tôt et de ne point s’attarder à enlever le village - et les lance sur le flanc de deux régiments russes qui sont, finalement, dispersés. Le désordre et la peur commencent à s’emparer de l’ennemi. Survient alors la division Vandamme. Sans perdre de temps, elle se rue sur la quatrième colonne russe que le général Koutousov vient tout juste de faire ranger en bataille. Les deux premières lignes russes sont littéralement enfoncées et la cavalerie ennemie forcée de battre en retraite. Mais la gauche de la division Vandamme est menacée par six bataillons qu’un pli du terrain n’avait pas permis de voir. Le 4 e de ligne les attaque de front, tandis que le 24 e d’infanterie légère, sous les ordres de Schiner, les aborde par le flanc, à la baïonnette, et les taille en pièces. Un régiment russe et le régiment autrichien de Salzbourg périrent pratiquement en entier.

Dans le même temps, Murat, avec toute sa cavalerie, a atteint le village de Blaziowitz, obligeant la cavalerie de Lichtenstein à faire face et à s’appuyer sur la gauche de Bagration. Néanmoins, le village de Blaziowitz est solidement tenu par les Russes, et les hauteurs de Kruh sont hérissées de canons. A l’arrivée de la cavalerie légère de Kellermann, les cosaques s’enfuient et laissent l’artillerie russe semer la mort dans les escadrons français, lesquels, se voyant maintenant chargés par les uhlans de la garde impériale russe, sont obligés de se regrouper du côté de leur infanterie. Les fantassins de Caffarelli laissent passer les chasseurs à cheval dans leurs intervalles, puis fournissent un feu de mousqueterie qui stoppe net les uhlans. Au bout de plusieurs charges, Kellermann et Walther finissent par s’emparer de huit pièces de canon et renversent tout ce qui tente de leur résister. Lannes, de son côté, fait attaquer Blaziowitz par le 13 e d’infanterie légère et le 17 e de ligne, et envoie la division Suchet à la rencontre de l’infanterie de Bagration.

De l’autre côté du champ de bataille, le combat fait rage. Le général Stuterheim, à la tête de ses bataillons autrichiens, vient d’emporter la hauteur située près de Telnitz. Ce dernier village va bientôt connaître l’enfer, en essuyant les foudres de la première colonne russe.

La Garde Impériale à Austerlitz

Le 3e régiment d’infanterie de ligne et les tirailleurs du Pô se battent avec courage et détermination, mais, bientôt submergés par le nombre, ils sont forcés de se replier derrière Sokolnitz. Cependant, le village de Telnitz ne sera pas perdu très longtemps, car voilà qu’arrive Davout, venant de Raygern. Il a avec lui la division Friant et les dragons de Bourcier. Les rues et les maisons de Telnitz sont bientôt jonchées de morts. Cinq pièces de canon et deux drapeaux sont pris à l’ennemi. A dix heures, les Russes reprennent l’offensive. Le village de Telnitz est bombardé à outrance et plusieurs bataillons parviennent à s’y engouffrer de nouveau. Il y a, toutefois, un flottement dans l’armée ennemie qui ne manquera pas de profiter aux Français. Les coalisés attendent, en effet, que la communication soit établie avec les deuxième et troisième colonnes. Ils sont également inquiets quant à l’issue du combat sur le plateau de Pratzen. A Sokolnitz, Margaron n’a que six pièces d’artillerie légère pour défendre le village. Pourtant, avec l’aide de la division Legrand, cela fait près de deux heures qu’il résiste aux tirs d’une batterie de douze pièces et, surtout, aux deuxième et troisième colonnes russes. Finalement, les hommes de Legrand sont forcés d’abandonner Sokolnitz pour se retirer sur les hauteurs situées en arrière. Voyant la position désespérée dans laquelle se retrouve la division Legrand, Davout laisse Bourcier contenir l’ennemi devant Telnitz et fonce sur Sokolnitz avec les cinq régiments de Friant. Margaron en profite pour charger à la tête de sa cavalerie, tandis que le général Lochet marche à l’ennemi avec le 48 e, très vite épaulé par le 111 e et la brigade Kister. Les Russes sont bousculés et refoulés de l’autre côté de Sokolnitz. Ils ont perdu six canons et deux drapeaux. Néanmoins, leur immense supériorité numérique leur permet de reprendre l’attaque. Ils repoussent le 111 e et enferment le 48 e dans Sokolnitz. Pendant trois quarts d’heure, Lochet et ses hommes doivent se battre seuls et défendent chaque maison, chaque grange, avec l’énergie du désespoir. Afin de se porter à leur secours, Friant ramène la brigade Kister sur Sokolnitz et y lance le 15 e régiment d’infanterie légère. Bien qu’il ne soit composé que de conscrits, ce régiment se couvrira de gloire, mais il ne parviendra pas à dégager le 48 e.

 

De retour sur le plateau de Pratzen, l’ennemi cherche à reprendre la place occupée par les 10 e, 14 e, 36 e et 43 e régiments. A cet effet, les Austro-Russes ont réuni toutes les troupes qui étaient encore disponibles : la gauche de la troisième colonne, commandée par le général Kamensky, deux régiments russes de la deuxième colonne, Fanagorisky grenadiers et Rhyaski mousquetaires, et les brigades autrichiennes Jurczeck et Rottermund. En tout, une vingtaine de bataillons appuyés par une forte artillerie. Cet ensemble s’avance dans le but d’envelopper les quatre régiments français. Le centre de cette ligne parvient même jusqu’à trente pas des soldats français, sans essuyer la moindre perte, grâce à une ruse de deux officiers autrichiens qui crient, tout en avançant : « Ne tirez pas, nous sommes Bavarois ! » Mais la supercherie est vite éventée, et quatre bataillons français (deux du 36 e, un du 14 e et un du 10 e) se ruent, baïonnette au canon, sur cette partie de la ligne qui a voulu les tromper, et la dispersent. Le reste de cette ligne poursuit, néanmoins, sa progression, repousse le second bataillon du 10 e, et présente ses quinze bataillons devant les trois bataillons français restants. C’est à ce moment qu’intervient le général Levasseur, à la tête des tirailleurs corses et des 18 e et 75 e régiments de ligne. Il se jette sur le flanc de la colonne ennemie, tandis que Morand entraîne le premier bataillon du 14 e et les deux bataillons du 10 e pour attaquer, de front, l’ennemi qui finit dans les ravins d’Augezd. Saint-Hilaire est désormais maître du plateau.

Pendant ce temps, la division Vandamme et le 55 e de Waré chassaient définitivement l’ennemi de ses positions et le précipitaient dans les bas-fonds de Klein-Hostieradeck.

 

A gauche, le village de Blaziowitz avait été emporté. Le 17 e emmenait les douze cents prisonniers faits dans ce village, lorsqu’un corps de cavalerie russe déboucha sur son flanc. Le général Debilly, proche de cette action, fit aussitôt former le carré au 61 e et le plaça derrière le 17 e. Ainsi, la cavalerie ennemie se trouva prise entre deux feux. Sur le point de succomber, elle se fraya un passage à grands coups de sabres, sabrant même ses alliés autrichiens qu’elle ne reconnaissait plus. Devant cette scène ahurissante, Murat crut, un instant, qu’il s’agissait d’un corps de cavalerie bavarois. Aussi, fit-il cesser le feu. Mal lui en prit, car, maintenant, cette cavalerie incontrôlable se dirigeait droit sur lui. Son réflexe fut de la charger avec sa seule escorte et les officiers de son état-major. S’étant sorti de cette situation dangereuse, il lança, sans attendre, la première division de grosse cavalerie aux ordres de Nansouty. Leur charge fut magnifique. Les 9e et 12e régiments de cuirassiers, accompagnés des carabiniers, enfoncèrent les escadrons ennemis et les forcèrent à se replier. La seconde ligne de grosse cavalerie, composée des 2e et 3e de cuirassiers, se mit en branle à son tour. Ses assauts répétés causèrent un nombre considérable de morts et de blessés parmi les troupes ennemies. La fuite constituant leur dernière issue de secours, ils n’eurent d’autre choix que celui d’abandonner les hauteurs de Blaziowitz et de Kruh aux Français.

Fuite de l'ennemi par les étangs gelés

Le prince Bagration décide, à ce moment-là, d’avancer sa droite, avec les cosaques en appui. Lannes répond immédiatement à cette manœuvre, en faisant exécuter à la division Suchet un changement de front. Caffarelli, pour sa part, envoie sa division à l’assaut du plateau et du village de Kruh. Il y capture quinze cents soldats et huit canons. Suchet n’en fait pas moins, en renversant toutes les formations ennemies se présentant devant lui, aidé, il est vrai, par les cuirassiers d’Hautpoul. Au cours de cette action, le général Valhubert est grièvement blessé, sa cuisse ayant été emportée par un boulet. Quatre soldats se précipitent pour l’emporter à l’ambulance, mais ils sont arrêtés par Valhubert lui-même qui leur dit, d’une voix de tonnerre : « Souvenez-vous de l’ordre du jour et serrez vos rangs. Si vous revenez vainqueurs, on me relèvera après la bataille ; si vous êtes vaincus, je n’attache plus de prix à la vie ».

 

A midi, la bataille est pratiquement gagnée. Tous les officiers ennemis, qu’ils soient Russes ou Autrichiens, voient bien que la journée est perdue pour eux : les deux tiers de leur armée sont cernés dans des bas-fonds et des marais. Afin d’éviter un anéantissement total et de ménager une retraite, l’ennemi se doit de ralentir, sinon de stopper, la progression des Français. A cette fin, toutes les réserves des troupes d’élite russes n’ayant pas encore combattu, sont rassemblées et lancées à l’assaut du plateau de Pratzen. Débouchant du village de Krenowitz, le premier bataillon de cette réserve est refoulé par un bataillon du 4 e régiment de ligne qui se verra, dans un deuxième temps, très vite submergé par le nombre. A ses côtés, un bataillon du 24 e d’infanterie légère se retrouve pris à partie par la cavalerie de la garde russe. Il n’a que le temps de trouver refuge derrière le corps de Bernadotte qui prenait position à cent pas de là. Napoléon, qui n’a rien perdu de cette scène et qui sait que les Russes jouent là leur dernière carte, décide de porter un coup décisif. Il envoie immédiatement Bessières sur le plateau, à la tête de ses invincibles. Deux escadrons de chasseurs de la Garde et un escadron de mameluks partent aussitôt dégager le bataillon du 4 e, ils sont suivis par deux escadrons de grenadiers commandés par le colonel Dallemagne. Les deux escadrons de chasseurs passent dans les intervalles de la division Drouet et dégagent le bataillon du 4 e. Emportés par leur élan, ils bousculent la cavalerie ennemie et la renversent sur les fantassins russes qui suivaient juste derrière. Mais la réserve russe est bien trop nombreuse pour eux, et les voilà forcés de se rallier derrière la division Drouet. Arrivées face à face, les deux infanteries déclenchent un feu très vif de mousqueterie. Puis, l’infanterie française s’élance au pas de charge, appuyée par les chasseurs et les grenadiers de la Garde. Désormais, plus rien ne pourra arrêter le rouleau compresseur français. Le prince Repnin tentera une dernière charge avec les chevaliers gardes de la garde impériale russe, mais sans succès. Ses cavaliers sont battus, et lui-même est blessé et fait prisonnier.

Après avoir chargé victorieusement à la tête des grenadiers à cheval et des mameluks, le général Rapp, couvert de son sang et de celui des Russes, s’en revient vers l’Empereur pour lui faire part du résultat de sa charge, et, surtout, lui présenter ses prisonniers, au nombre desquels figurait le prince Repnin. De ce groupe de prisonniers, tous plus distingués les uns que les autres, un officier d’artillerie s’échappe pour venir se jeter aux pieds de Napoléon, en le suppliant de lui donner la mort : « je suis indigne de vivre, s’écria-t-il, j’ai perdu mes canons ».

Le général Rapp présente ses prisonniers à Napoléon

Et l’Empereur de lui répondre : « Jeune homme, j’apprécie vos larmes ; mais on peut être battu par mon armée et avoir des titres à la gloire ». Au centre et à la gauche, tout combat a désormais cessé, et seuls les villages de Telnitz et de Sokolnitz restent encore au pouvoir de l’ennemi, mais pas pour très longtemps. Napoléon sait que la partie est d’ores et déjà gagnée, ce qui l’amène à confier à son entourage : « J’ai donné bien des batailles comme celle-ci ; mais je n’en ai vu aucune où la victoire ait été aussi prononcée, et les destins si peu balancés ».

Maintenant, il ne reste plus qu’à porter l’estocade sur la gauche ennemie. Soult, qui vient de réunir son corps d’armée, fait d’abord descendre la division Saint-Hilaire sur le mamelon Saint-Antoine, et envoie un bataillon du 28 e sur la route d’Augezd à Hostieradeck, afin de couper cette voie de retraite à l’ennemi.

A la vue de la division Saint-Hilaire, la première colonne ennemie, renforcée des débris des 3 e et 4 e colonnes et située au bas d’Augezd, veut charger la division française. Elle gravit déjà la pente, lorsque la division Vandamme fait son apparition. Se voyant engagée, à la fois par les hommes de Saint-Hilaire, Levasseur et Ferrey, elle ne peut soutenir le choc et se retire sur Telnitz.

Pendant ce temps, l’Empereur avait fait effectuer à l’infanterie de sa garde un mouvement sur la droite, et, à 14 heures, la Garde Impériale et la réserve de grenadiers occupaient les hauteurs qui dominent Augezd. Après avoir pris position, avec sa garde, sur la colline de la chapelle Saint-Antoine, Napoléon fait avancer le corps de Soult avec pour mission d’en finir avec la gauche ennemie. Et, afin de l’aider dans sa tâche, il le fait appuyer par la cavalerie et la moitié de l’infanterie de sa garde.

Depuis le matin, Friant et Legrand soutenaient un combat par trop inégal. Avec l’arrivée des renforts, ils allaient, enfin, pouvoir donner la mesure de leur talent. Dans un premier temps, Friant ordonne un changement de front au 33 e, afin d’écarter le danger qui menaçait la gauche de la brigade Kister. Puis, il rassemble ses trois brigades et se jette sur l’ennemi. Au même moment, Saint-Hilaire se lance à l’assaut du château de Sokolnitz avec le 36 e régiment. Malgré une forte résistance, le château finit par tomber. Les restes du 36 e se réunissent alors au 33 e et au 111 e pour une charge mémorable sur l’ennemi. La fureur des ces trois régiments est telle qu’en un instant, la plaine est jonchée de morts et de blessés. Les Russes perdent 5.000 hommes et tout un parc d’artillerie. Un peu plus tard, une colonne de 3.000 Russes tente de se faufiler sur la gauche de Legrand, mais elle tombe sur le 8 e de hussards qui vient d’effectuer une marche forcée pour être présent à la bataille. Sans même prendre le temps de récupérer, Franceschi la charge à la tête de ses cavaliers, saisit le général commandant la colonne russe, et oblige tout ce monde à mettre bas les armes. Une autre colonne russe, de douze cents hommes, est rattrapée par Legrand aux abords de Kobelnitz et précipitée dans les marais où elle se noie en grande partie. Toujours près de Kobelnitz, 5.000 Russes pourchassés par le 10 e et le 43 e sous les ordres de Morand, finissent par être stoppés par la brigade de grenadiers de Dupas qui les oblige à se rendre.

Après cette série d’actions, il ne reste plus qu’un seul point de résistance, entre Augezd et Telnitz. Ce qui reste des forces ennemies s’est concentré en ce lieu avec trente-six pièces de canon. C’est à Vandamme, et à sa division, qu’a été confiée la charge de réduire cette masse. Napoléon envoie, pour l’épauler, quelques escadrons et l’artillerie de sa garde. Bientôt encerclé, l’ennemi pense encore avoir une planche de salut, en s’enfuyant par les étangs gelés. Plusieurs milliers d’hommes s’y engagent, avec des chevaux, des canons et des caissons. C’est alors que les vingt-quatre pièces d’artillerie de la Garde Impériale se mettent à tonner. Les boulets brisent la glace, entraînant l’engloutissement de colonnes entières. Au milieu de l’eau glacée, s’élèvent les voix de milliers d’hommes qu’on ne peut sauver. Il reste, cependant, un point de passage : une digue entre les lacs. La cavalerie du général Kienmayer s’est disposée de façon à la protéger, permettant ainsi aux débris de l’infanterie ennemie d’emprunter cet unique et dernier chemin. Néanmoins, les escadrons autrichiens seront très vite mis en pièces, tant par les dragons placés, pour l’occasion, sous les ordres de Gardanne, que par la mitraille vomie par six pièces d’artillerie de la Garde. Deux escadrons de la Garde, venus se joindre aux dragons, complèteront la débâcle de la cavalerie ennemie. Les trois divisions de Soult, désormais réunies, s’élancent au pas de charge et emportent une dernière hauteur, où quelques pièces d’artillerie avaient été placées pour défendre l’accès de la digue. C’en est fini de l’armée des coalisés. La terreur qu’inspirent les troupes françaises poussent encore quelques Russes et Autrichiens à se noyer dans les étangs glacés. Quant à ceux qui ont pu s’échapper par la digue, ils sont impitoyablement pourchassés par Junot mis à la tête d’une division de dragons. Les Français feront encore 2.000 prisonniers et s’empareront de 11 canons et de plusieurs drapeaux.

Le soleil, ce fameux soleil d’Austerlitz, est sur le point de se coucher, faisant place à une nuit providentielle pour les derniers fuyards.

 

La journée d’Austerlitz, qui fut la plus belle victoire de l’épopée napoléonienne, présente un bilan des plus éloquents. L’ennemi a perdu 8.000 hommes tués, 15.000 blessés, 23.000 prisonniers, dont 273 officiers, 10 colonels, 8 généraux, 180 pièces d’artillerie, 150 caissons et plus de 50 drapeaux. De son côté, l’armée française n’eut à déplorer que 1.500 tués et 4.000 blessés. Au nombre de ces derniers, se trouvaient plusieurs officiers généraux, dont le général Saint-Hilaire, qui, blessé au tout début de l’action, resta toute la journée sur le champ de bataille et se couvrit de gloire. Cependant, cet acte d’héroïsme fut loin d’être isolé. En effet, ce 2 décembre 1805, chaque soldat français, du simple soldat à l’officier supérieur, semblait être animé d’un courage et d’une soif de gloire comme on en a rarement vus. Par exemple, le soldat Lebas, chasseur au 10 e d’infanterie légère, ayant eu le bras gauche emporté par un boulet de canon, dit à son camarade : « aide-moi à ôter mon sac, et cours me venger ». Puis, il prit son sac sous son bras droit et s’en alla tranquillement vers l’ambulance. Et que dire de ces six Français blessés qui, à la vue du général Thiébault gravement blessé et transporté par quatre prisonniers russes, se précipitèrent pour se saisir du brancard, en disant aux quatre Russes : « C’est à nous seuls qu’appartient l’honneur de porter nos généraux blessés ! » Et n’oublions pas ce pauvre général Valhubert, lequel avait refusé d’être emporté à l’ambulance. Une heure avant de mourir, il trouva encore la force d’écrire à l’Empereur cette lettre dont nous rapportons ici les termes : « J’aurais voulu faire plus pour vous. Je meurs dans une heure. Je ne regrette pas la vie, parce que j’ai participé à une victoire qui vous assure un règne heureux. Quand vous songerez aux braves qui vous étaient dévoués, pensez à moi. Il me suffit de vous dire que j’ai une famille : je n’ai pas besoin de vous la recommander. »

En fait, les actes de bravoure furent si nombreux lors de la bataille d’Austerlitz qu’au moment où on en faisait le rapport, l’Empereur eut ces mots : « Il faut toute ma puissance pour récompenser dignement tous ces braves gens. »

 

Le lendemain de la bataille, Napoléon rédigeait la proclamation suivante, parue dans le trentième bulletin de la Grande Armée :

« Soldats,

Je suis content de vous ; vous avez, à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes, commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche, a été en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée ; ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs.

Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n’a pu résister à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l’ai promis à mon peuple, avant de passer le Rhin, je ne ferai qu’une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.

Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment, nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir ; et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ; projets téméraires et insensés, que, le jour même de l’anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.

Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France. Là vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz, pour que l’on réponde : Voilà un brave ! »

 

 

Pascal Cazottes, FINS

 

 

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