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LE FEUILLETON DE L’EMPOISONNEMENT DE NAPOLÉON
LA THÈSE NÉGATIONNISTE ITALIENNE
NON RECEVABLE

Par

Général Michel Franceschi, Consultant Historique Spécial
de la Société Napoléonienne Internationale
  Dr. Anthony J. Geroulis,
M.D., F.A.A.C.S.,
Clinical Professor of Surgery
University of Chicago

 

Le 11 février dernier, l’Institut italien de physique nucléaire a publié un communiqué donnant le résultat de ses recherches concernant la question récurrente de l’empoisonnement de Napoléon. Sa conclusion lapidaire est sans appel : « Ce n’est pas un empoisonnement à l’arsenic qui a tué Napoléon à Sainte-Hélène ».

Les chercheurs italiens fondent leur certitude sur « un nouvel examen méticuleux » d’échantillons de cheveux de Napoléon et de son entourage familial, prélevés à différentes périodes de leur vie. La concentration d’arsenic constatée serait « cent fois supérieure à celle de notre époque » ( ! ! !), commune à tous les contemporains, et donc sans effet néfaste pour la santé. Il est ajouté sans explications que « nous la considérerions aujourd’hui comme dangereuse ».

En dépit de son prestigieux parrainage et de son orchestration médiatique, cette énième tentative de remise en cause d’un fait scientifiquement établi ne présente en réalité pas plus de consistance que les précédentes.

Tout d’abord, on ne comprend pas pourquoi ce qui serait dangereux aujourd’hui ne l’était pas à l’époque. Passons…

Ensuite, pour autant que soit réellement démontrée la contamination générale mise en avant, rien ne prouve que Napoléon n’ait pas subi en plus une intoxication personnelle pouvant avoir échappé à une investigation incomplète. En effet, brillants savants mais non toxicologues de profession, les chercheurs italiens ne font aucune distinction entre contamination externe et intoxication interne des cheveux, donnée pourtant essentielle en toxicologie.

Enfin et surtout, la thèse italienne élude superbement la magistrale expertise du docteur Pascal Kintz, président de l’Association Internationale des Toxicologues de Médecine Légale. Le 2 juin 2005, en son laboratoire ultra moderne d’Illkirch près de Strasbourg, devant un aréopage d’éminentes personnalités, ce praticien de renommée mondiale a officiellement présenté les résultats de ses analyses poussées de diverses mèches authentifiées de cheveux de Napoléon. Ses conclusions constituent une percée scientifique décisive. Trois découvertes capitales apportent la preuve de l’empoisonnement :

1 – L’arsenic décelé est d’origine minérale, communément appelé « mort-aux-rats », variété la plus toxique du produit. En raison du fléau des rats à Sainte-Hélène, ce poison y était très répandu et quiconque pouvait s’en procurer n’importe où, en dehors même de la prison impériale de Longwood. La mort-aux-rats agit par ingestion et non par action externe, premier indice d’une volonté d’empoisonnement.

2 – C’est dans la medulla (cœur du cheveu) qu’a été décelée avec précision et en dose létale la mort-aux-rats. Le poison n’a pu atteindre la medulla que poussé par le flux sanguin. Cette découverte est déterminante car elle confirme l’intoxication par ingestion. L’argutie d’une éventuelle contamination exogène vole ainsi en éclats.

3 – Troisième constatation majeure, l’intoxication a été étalée dans le temps, ce qui coupe court à toute élucubration de suicide ou d’accident. Indéniablement, il y a eu une intervention humaine criminelle dans l’entourage proche de l’Empereur.

Il faut donc se rendre à l’évidence. Napoléon a été victime d’un empoisonnement prémédité. On ne peut contester une intention de donner la mort. Tout au long de son règne, Napoléon a fait l’objet de maintes tentatives d’assassinat. A Sainte-Hélène on ne l’a pas raté ! L’hypothèse qu’une main secourable ait voulu aggraver l’état de santé de l’Empereur en vue de motiver un rapatriement sanitaire en Europe relève du fantasme.

Les conclusions du docteur Kintz sont corroborées par des expertises antérieures, notamment celles du laboratoire du FBI. De nombreuses revues médicales de notoriété mondiale, dont Le Quotidien du Médecin, ont adhéré à la thèse de l’empoisonnement. Last but not least, dans le numéro de septembre-octobre 2007 de sa revue, le célèbre International College of Surgeons fait entièrement siennes les conclusions du docteur Kintz et confirme en tous points l’empoisonnement prémédité de Napoléon.

Le lucide et courageux docteur Ben Weider, président de la Société Napoléonienne Internationale et découvreur de l’affaire il y a des décennies, voit ainsi couronnés de succès ses efforts persévérants.

La recherche du ou des criminels et du mode opératoire est une toute autre histoire qui sort du cadre de cette mise au point. Mais on ne peut s’empêcher de se poser une question embarrassante à propos de ceux qui s’acharnent encore à nier l’évidence de l’empoisonnement. Chercheraient-ils à étouffer un immense scandale historique qui éclabousserait les ennemis de Napoléon, devenant arroseurs arrosés ?

 

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