De l’arsenic au cœur du cheveu
Revenons sur les analyses de l’Institut de
Médecine Légale de Strasbourg pour prendre connaissance de cette expérience
complémentaire faite, par le docteur Pascal Kintz, sur l’un des cheveux de la
mèche dite « Lady Holland ».
Après l’avoir préalablement « découpé en
rondelles », il en a analysé le cœur, la « médulla » :
irriguée par le sang, c’est elle qui fait vivre le cheveu.
Quand on soumet cette coupe à un bombardement
d’électrons, ceux-ci émettent un rayonnement complémentaire qui correspond à
une longueur d’onde tout à fait spécifique de l’arsenic :
- soit, l’arsenic se trouve dans l’ensemble du
cheveu – donc aussi dans la médulla – et l’on se trouve en face d’une
« incorporation par voie active ». On peut alors parler d’une
intoxication chronique – « Je ne dis pas empoisonnement », souligne
le docteur Kintz – imputable à divers facteurs : médicaments, alimentation
ou, éventuellement, arsenic toxique ;
- soit, l’arsenic n’est présent que sur
l’enveloppe du cheveu (la cuticule), et dans ce cas la contamination est
externe.
Que voit-on sur la coupe de ce cheveu de la
mèche « Lady Holland » ?
L’arsenic apparaît en bleu dans l’ensemble du
cheveu, à l’intérieur comme à l’extérieur, et non pas seulement au niveau de la
cuticule. En résumé : - La première série d’analyses par absorption
atomique a mis en évidence une « exposition » majeure à l’arsenic ;
- La méthode de décontamination, utilisée
comme il est de règle en médecine légale, a permis de minimiser le problème de
la contamination externe ;
- Lorsque l’on fait l’analyse quantitative des
cheveux, on obtient des concentrations allant de presque 7 nanogrammes par
milligramme à 38,53 nanogrammes par milligramme.
Conclusion du scientifique :
« Ces chiffres sont très en faveur d’une
incorporation active et donc d’une intoxication volontaire ou passive. »
Nous sommes bien loin des conclusions
« optimistes » de Science & Vie.
Sa probité de scientifique – « car la
médecine légale se nourrit d’absolues certitudes » – conduit le docteur
Kintz à souligner qu’il conviendrait de mesurer la concentration en arsenic
dans quelques cheveux prélevés en Europe et à Sainte-Hélène à cette époque,
tout en ajoutant qu’il serait bien improbable que l’on y trouve des
concentrations aussi importantes que celles constatées dans les cheveux de
l’Empereur.
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