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Volume II - Chapitre 11 LES
PRÉMICES D’AUSTERLITZ (1) ULM,
OU L’INCROYABLE DÉCONFITURE AUTRICHIENNE
(Napoléon)
Le
3 septembre, celle qui est désormais « la Grande
Armée » s’est mise en route en chantant. Cap à
l’Est.
Et
quelle armée !
Dans
ses rangs, des soldats des premières victoires : Valmy,
Jemmapes, Fleurus remportées sous le commandement des premiers
grands chefs ; Lodi, Castiglione, Bassano, Arcole, Rivoli,
les Pyramides, sous les ordres du général Bonaparte ;
Altenkirchen avec Hoche ; Hohenlinden avec Moreau ; Marengo
avec le Premier Consul…
Tous
ces hommes jeunes - une trentaine d’années pour ceux qui
ont fait les guerres de la Révolution, moins de vingt-cinq
pour ceux qui ont pris part aux combats du Consulat - se sont aguerris
sous les pluies glacées de la Hollande, dans le froid de
l’Allemagne et des Alpes, et sur les sables brûlants d’Égypte.
Il est bon d’ailleurs que cette armée soit jeune et vigoureuse, car, pour parcourir les mille trois cent quatre-vingts kilomètres qui les séparent de la lice où les appelle la félonie anglaise, l’Empereur a donné de strictes consignes de vitesse : près de quatre kilomètres à l’heure avec des étapes moyennes de trente-cinq à quarante kilomètres par jour ; une pose de … cinq minutes toutes les heures, et une grande halte d’une demi-heure à une heure aux trois-quarts de l’étape.
Sous le regard de Napoléon (en arrière-plan), les troupes quittent le Camp de Boulogne. Elles ont devant elles une route de mille trois cent quatre-vingts kilomètres à parcourir pour arriver jusqu’à la Moravie. Les soldats vont marcher à la vitesse prescrite par l’Empereur : quatre kilomètres à l’heure avec des étapes quotidiennes de trente-cinq à quarante kilomètres par jour. Ce rythme de marche donnera naissance dans la Grande Armée à une expression bien connue : « L’Empereur a trouvé une nouvelle manière de faire la guerre : il se sert de nos jambes plus que de nos baïonnettes. »
Les sept « Torrents »
Le 3 septembre, l’armée
des « Côtes de l’Océan » devenue
la Grande Armée quitta le « Camp de Boulogne »
et se mit en marche vers l’Autriche. Malgré les efforts de
Napoléon, la guerre était devenue inévitable.
Cent quatre-vingt-seize mille hommes étaient répartis
en sept corps d’armée, que Napoléon avait surnommés
les « Sept Torrents ». Effectivement, comme
tels, ils déferlèrent sur le pays qui avait ouvert
les hostilités.
Un
plan à faire frémir
Ce
ne sont pas sept corps d’armée qui marchent mais des torrents
– « les sept torrents » selon l’expression
de l’Empereur - qui roulent vers l’Autriche et la Moravie.
Il
s’agit en effet de faire vite.
Les Alliés ont bâti un plan qui, au premier examen, a de quoi faire frémir : les forces du nord se porteront par la Poméranie sur le Hanovre, la Hollande et la Belgique ; les Austro-Russes, par le Danube, gagneront le Rhin pour se diriger vers l’Alsace et la Franche-Comté. D’autres troupes autrichiennes, aux ordres de l’archiduc Charles, envahiront la vallée du Pô et toute la Haute-Italie.
Pendant ce temps, les Anglo-Russes, aidés des Napolitains, balaieront la péninsule italienne. Soulignons ici la duplicité de la cour du royaume de Naples (il couvrait à l’époque la partie méridionale de l’Italie), car cette digression permettra de faire la différence entre tous ces monarques européens, grands ou dérisoires, et Napoléon.
Le 21 septembre 1805, la reine Marie-Caroline de Naples s’était engagée formellement :
1)
à rester neutre dans la guerre en cours ; 2)
à ne permettre à aucun corps de troupes appartenant
à une puissance belligérante de pénétrer
ou de débarquer sur aucune partie de son territoire neutre ;
3)
à ne confier le commandement de ses places à aucun
officier russe, autrichien, ni d’aucune puissance belligérante ;
4) à ne permettre l’entrée de ses ports à aucune escadre.
Napoléon,
aux termes de l’article 5, lui, s’était engagé à
évacuer le territoire de Naples dans le mois suivant la ratification
du traité, et, comme toujours, confiant dans la foi des conventions
signées, avait ordonné que l’évacuation fût
achevée avant le délai fixé. Que fit la reine
de Naples dès que les Français se furent retirés ?
Le 19 novembre, elle accueillit à bras ouverts douze mille
Russes et huit mille Anglais, et, mettant le comble à sa
malhonnêteté, elle confia le commandement de toutes
les troupes combinées à un Anglais, Lacy, sous les
ordres duquel étaient déjà placés les
douze mille Russes.
Voir Suite 1 du Volume 2, chapitre 11 Voir Suite 2 et fin du Volume 2, chapitre 11
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