Chapitre 1

(1769 - 1785)

Enfance - Études

 

15 août 1769

Naissance à Ajaccio. La Corse est devenue une province française depuis le 15 mai 1768. Napoléon est le fils de Charles Bonaparte (1736 - 1783) et de Létizia Ramolino (1750 - 1836), la plus jolie femme de l'île, ce qui n'est pas peu dire; mariée en 1764, alors qu'elle n'avait pas encore quatorze ans, elle mettra au monde treize enfants dont huit vivront :

Joseph (1768 - 1844)

Napoléon (1769 - 1821)

Lucien (1775 - 1840)

Élisa (1777 - 1820)

Louis (1778 - 1846)

Pauline (1780 - 1825)

Caroline (1782 - 1839)

Jérôme (1784 - 1860)

 

21 juillet 1771

Baptême dans la maison familiale d'Ajaccio, deux ans après la naissance, ce qui, à l'époque, est une exception. Tous les autres enfants d'Ajaccio ont été baptisés dans les jours qui suivent la naissance. Le parrain est le procureur du roi Louis XV, Laurent Giubega de Calvi qui, curieusement, n'a aucun lien de parenté ni avec les Bonaparte, ni avec les Ramolino. Autre fait étrange, le tout puissant gouverneur de la Corse, Charles Louis René de Marbeuf (1712 - 1786) est venu tout spécialement de Bastia pour assister à la cérémonie. C'est-à-dire qu'il s'est imposé quatre jours pour l'aller et retour à dos de cheval par de mauvais chemins de montagne avec le danger de périr dans une embuscade tendue par les paolistes. C'est comme s'il avait deviné le destin qui attendait l'enfant de deux ans qu'était Napoléon, et qu'il avait considéré que son devoir de gouverneur, au nom du roi Louis XV, lui imposait d'accepter de grandes fatigues et de prendre tous les risques pour être présent à son baptême.

 

Ce même marquis de Marbeuf (titre décerné par Louis XVI), qui restera en Corse jusqu'à sa mort, survenue le 20 septembre 1786, accordera avec constance sa protection à toute la famille Bonaparte. C'est lui qui obtiendra que Napoléon soit admis à l'école royale militaire de Brienne. Sans lui, pas d'officier, pas de général et pas d'Empereur. On peut donc affirmer que le noble général breton, Louis Charles René de Marbeuf, aujourd'hui complètement oublié, est le véritable père de l'empire.

 

 

 

À Brienne, bataille de boules de neige sous l'oeil du moine de service

 

 

Charles Bonaparte, dans son journal intime à la date du 1er janvier 1781, lui a témoigné sa gratitude : "Je souhaite que la mémoire de M. de Marbeuf, bienfaiteur de notre maison, soit toujours chère à mes enfants et à leurs descendants."

 

1er janvier 1779

Arrivée (il a neuf ans), avec son frère aîné Joseph, à l'école d'Autun. Ils vont y améliorer leur français.

 

15 mai 1779

Entrée à l'École royale militaire de Brienne. De 9 à 15 ans, Napoléon va se trouver dans un environnement difficile et parfois hostile. Il souffre de la séparation d'avec sa mère qu'il adore. Les autres élèves de l'école appartiennent à la haute noblesse de France et ils se montrent arrogants et parfois méprisants à l'égard du pauvre petit corse. Napoléon ne se laisse toutefois pas abattre par l'adversité. Il se réfugie dans l'étude. Il est très fort en mathématiques et en dehors des cours il lit tous les livres sérieux qu'il peut de procurer : Tacite, Homère, Virgile, Platon, César, Titus, Montaigne, Montesquieu, Corneille, Racine, Rousseau, Voltaire, etc. Il prend des notes sur tout : "lire sans un crayon est seulememnt de la rêverie" dit-il.

 

C'est la somme de ses lectures, greffée sur une intelligence, un bon sens et une mémoire hors du commun, qui le placera dans le futur bien au-dessus de ses amis, de ses rivaux et de ses ennemis.

 

17 octobre 1784

Est admis à l'École Militaire de Paris.

 

Peu après son arrivée, Juigné, l'évêque de Paris, lui demandera avec un demi-sourire d'où vient son prénom Napoléon qui ne figure pas au calendrier des saints. La réponse fuse : "Monseigneur, vous êtes bien placé pour savoir qu'il y a beaucoup plus de saints au paradis qu'il n'y a de jours dans l'année".

 

28 ocotobre 1785

Napoléon, en une seule année, alors que la norme est deux ans, a obtenu l'épaulette de lieutenant d'artillerie. Il rejoint à Valence, le régiment de La Fère. C'est là qu'il prendra l'habitude, qui ne le quittera plus, de glisser sa main droite entre les deux boutons de son gilet. C'était le signe distinctif adopté depuis 1785 par les lieutenants du régiment comme l'attestent des gravures de l'époque.

Napoléon a seize ans. Il va faire ses débuts de chef en commandant à des hommes qui pour la plupart ont deux fois son âge.

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