Réponse à l'article de Science & Vie

 

 

Dans son  numéro de novembre 2002, Science & Vie tente de remettre en cause l’empoisonnement dont a été victime Napoléon  à Sainte-Hélène. L’article est orchestré par madame Isabelle Bourdial.

 

Cette dame, devant mon refus de lui accorder au printemps 2000, l’exclusivité des résultats de mes travaux, s’est lancée dans le montage de ce qu’on pourrait  appeler une farce bouffonne qui se joue en deux mots, endogène et exogène. C’est-à-dire, pour ce qui concerne les densités d’arsenic dans les cheveux, arsenic transporté par le sang au moment de la pousse ou arsenic de provenance extérieure déposé sur les cheveux du vivant ou après la mort.

Un taux d’arsenic endogène supérieur à 3 parties par million (3 ppm) indique une intoxication arsenicale alors que l’arsenic exogène, quel que soit le taux, n’a rien à voir avec une intoxication  arsenicale.

 

Avant d’aborder les manipulations et affabulations contenues dans Science & Vie nous allons d’abord rappeler les preuves  de l’empoisonnement.

 

Historiques :

Depuis son arrivée à Longwood en 1816, l’Empereur a souffert d’une manière intermittente, parfois avec des répits de deux à trois mois, de malaises qui présentent toujours les symptômes de l’intoxication arsenicale. N’en déplaise aux « cancéristes » ceci est absolument incompatible avec l’évolution d’un cancer.  D’une part, le cancer, surtout celui de l’estomac, entraîne la mort en bien moins de cinq ans  et , d’autre part, les malaises sont permanents et vont crescendo jusqu’à la mort.

 

Scientifiques :

Le docteur Hamilton Smith, inventeur de la méthode d’analyse par spectrophotométrie d’absorption atomique, après avoir analysé, en 1960, des cheveux de la mèche conservée par le valet Abram Noverraz ( voir en annexe la lettre et l’enveloppe d’authentification) écrit dans son rapport : « Les quantités d’arsenic trouvées dans les cheveux de Napoléon de 1816 à sa mort sont caractéristiques de l’empoisonnement chronique. L’arsenic a été déposé dans les cheveux d’une manière biologique, c’est-à-dire par le flux sanguin durant sa vie. Ceci est une certitude qui écarte toute allégation de contamination par un apport extérieur, comme crème cosmétique par exemple, ou encore poudre ou lotion qui auraient été utilisées pour la conservation des cheveux.

 

Par étude miscroscopique, nous avons pu marquer l’extrémité rasée le 6 mai 1821 car le rasage laisse des traces très différentes de celles d’une coupe aux ciseaux ; compte tenu de la vitesse moyene de pousse des cheveux nous avons pu établir la courbe des dates d’absorption de doses d’arsenic de janvier au 3 mai 1821 ».

 

La courbe montre un pic d’arsenic de 23ppm en fin janvier, alors que le docteur Antommarchi note une sévère aggravation de la maladie du 27 au 31 janvier. Le 26 février, l’Empereur qui était assez bien depuis quelques jours, retombe tout à coup très malade, vomissements, toux sèche, brûlure dans les entrailles, soif ardente  et … la courbe montre que le taux d’arsenic, qui était descendu à 4.6 ppm est remonté brusquement à 12.6 ppm.

 

La correspondance des dates entre les pics de la courbe d’arsenic et la reprise des   malaises signalés par les témoins oculaires, apporte la preuve irréfutable de l’empoisonnement.

 

Le docteur Pascal Kintz, président de la Société française de toxicologie analytique, reconnu comme un des meilleurs spécialistes mondiaux de l’analyse des cheveux a confirmé,  en 2001, les conclusions du docteur Hamilton Smith.

 

« L’analyse par spectrophotométrie d’absorption atomique de 5 prélèvements de cheveux attribués à Napoléon Bonaparte a permis de mettre en évidence une exposition majeure à l’arsenic. Les concentrations mesurées sont compatibles avec une intoxication chronique. Notre procédure efficace de décontamination a permis de minimiser le problème de la contamination externe.

 

Concentration en arsenic dans les cheveux de Napoléon :

Cheveux                Concentration en arsenic

Las Cases                                    7,43 ppm

Abbé Vignali                                15,50 ppm

  Lady Holland                                38,53 ppm

  Abram Noverraz                             6,99 ppm

  Louis Marchand                            15,20 ppm

 

Ces concentrations sont de 14 à 77 fois supérieures à la moyenne normale qui est de 0,5.

 

Les différences de concentration entre les divers échantillons, pourtant  recueillis le même jour, peuvent s’expliquer par des longueurs différentes de cheveux, des phases de croissance différentes (seuls les cheveux en phase anagène incorporent les xénobiotiques) et enfin une localisation anatomique variable du site de prélèvement ».

 

Passons  maintenant aux fantaisies de Science et Vie :

Page 82 : Les causes du décès de Napoléon avaient été établies par son médecin personnel, le docteur Antommarchi, et par les sept médecins anglais ayant pris part à l’autopsie ; leur descripion des lésions cancéreuses de l’estomac du défunt ne laisse aucun doute, en apparence.

 

Réponse : Antommarchi qui, seul a effectué l’autopsie , les Anglais étant de simples témoins, indique un ulcère cancéreux, c’est-à-dire un ulcère qui s’étend comme un cancer. Il précise aussi que l’orifice du pylore est dans un état tout à fait normal.De plus quand on lui demandait de quoi était mort l’Empereur, il répondait : « certainement pas d’un cancer, peut-être d’une hépatite, mais je n’en suis pas certain ».

 

Les Anglais insistent sur la corpulence de Napoléon et eux non plus ne donnent pas le cancer comme  cause de la mort : « Dans son apparence extérieure, le corps paraissait très gras, ce qui fut confirmé par la première incision. Il y avait plus de deux centimètres d’épaisseur de graisse sur le sternum et près de quatre centimètres sur l’abdomen… Le cœur était de taille normale mais recouvert d’une couche épaisse de graisse…En ouvrant l’abdomen, on constata que l’épiploon était très gras et quand on découvrit l’estomac, on vit que ce viscère était le siège d’une vaste maladie. De fortes adhésions soudaient toute la face côté pylore au lobe gauche du foie. Quand on les sépara, on s’aperçut qu’un ulcère avait percé la paroi de l’estomac et que le trou, situé à 2,5 cm du pylore, permettait le passage du petit doigt. La surface interne de l’estomac n’était qu’un amas de tissus ulcéreux en évolution vers le cancer ».

 

On peut mourir d’un cancer mais pas de ses prémices.

 

Quant au délabrement de l’estomac et d’autres viscères, il s’explique par cinq ans d’absorption d’arsenic comme nous le dit le professeur Harrisson dans son ouvrage « Principes de médecine interne » : « Les manifestations de l’intoxication chronique par l’arsenic associent ume atteinte de la peau et des phanères : érytrodermie, hyperkératose, hyperpigmentation, dermite exfoliative, bandes d’Aldrich-Mees (stries blanches sur les ongles) ; une atteinte des muqueuses : laryngite, trachéite et bronchite ; ume atteinte du système nerveux central entraînant une polynévrite sensitivo-motrice.

 

Des épithéliomas (cancers) baso et spino-cellulaires, une maladie de la peau de Bowen ainsi que des cancers pulmonaires ont été aussi décrits au cours de l’exposition chronique à l’arsenic… Les autres effets comportent des lésions capillaires et des effets toxiques directs sur de nombreux organes. L’anatomopathologie montre une nécrose de l’estomac et de l’intestin grêle, des lésions vasculaires et des altérations dégénératives du foie et des reins ».

 

Les constatations du professeur Harrisson sont confirmées par des études récentes effectuées aux États-Unis sur la densité acceptable d’arsenic dans l’eau du robinet (article de John Heliprin de l’Associated Press) : « Le service de santé  du président Bush vient de décider d’imposer de nouvelles normes, plus sévères, pour le taux d’arsenic acceptable dans l’eau des villes. Christie Whitman, administratrice de l’agence pour la protection de l’environnement (EPA), a annoncé que d’ici 2006, ce taux serait abaissé de 0,05 ppm à 0,01 ppm.

 

Le Président Clinton, trois jours avant la fin de son mandat, avait déjà pris cette décision, mais l’administration Bush l’avait suspendue, déclarant qu’elle coûterait au moins 200 millions de dollars aux communautés locales et mettant en doute les bases scientifiques qui l’avaient entraînée.

 

Whitman avait écrit dans une lettre au député républicain de Floride Bill Young, président du comité du budget :  « Selon les meilleures données scientifiques, le taux de 0,01 ppm est indispensable pour assurer une totale sécurité en ce qui concerne la santé et les coûts de la purification sont acceptables. »

 

En juillet 2001, l’EPA avait lancé une enquête publique en fixant au 31 octobre la date limite pour la réception des rapports et, le mois dernier, l’Académie Nationale des Sciences avait fait savoir que l’agence avait sous-estimé les risques de cancers provenant de l’arsenic contenu dans l’eau, en déclarant : « Les risques sont beaucoup plus élevés que ceux admis précédemment pour les taux d’arsenic dans l’eau du robinet. »

 

Le rapport de l’Académie dit que même à 0,03 ppm, les risques de cancers, y compris ceux des poumons et de la vessie entraînent de 4 à 10 décès pour 10.000 personnes. Le rapport signale aussi que l’arsenic peut causer des maladies autres que les cancers, en particulier des maladies de cœur, de l’hypertension et des diabètes .

 

Nota : Si une densité d’arsenic de 0,05 part par million dans l’eau de boisson cause des dégâts dans l’organisme, il ne faut pas s’étonner de trouver chez Napoléon un délabrement de la plupart des viscères et en particulier de l’estomac. Pendant cinq ans on lui a fait ingérer des densités de 15 à 70 fois supérieures à ce chiffre de 0,05 ppm.

 

Les seuls responsables de l’imposture tragi-comique qui attribue la mort  à un cancer de l’estomac sont les deux complices Hudson Lowe et Charles de Montholon. En effet, dès le 7 mai 1821, Montholon  écrivit à sa femme pour lui apprendre que Napoléon était mort de la même maladie que son père, soit un squirre du pylore. Hudson Lowe transmit le même mensonge aux ministres anglais qui s’empressèrent de le diffuser dans toute l’Europe.

 

Pour finir de tordre le cou au cancer de l’estomac, citons quelques oncologues parmi les plus éminents :

 

Le professeur Lucien Israël, membre de l’Institut : « L’étude des rapports d’autopsie écarte formellement le cancer comme cause de la mort de Napoléon. Je pense que la thèse de l’empoisonnement est la bonne ». Jean Tulard, au cours d’un bouillon de culture de Bernard Pivot a déclaré : «  je ne défendrai plus le cancer car le professeur Israël, mon collègue de l’Institut, a su me convaincre qu’il ne pouvait être la cause de la mort de Napoléon ».

 

Le docteur Tardot : « Le cancer du pylore est caractérisé par la présence d’une tumeur qui finit par le boucher complètement. Plus rien ne passe dans l’intestin et le malade meurt d’inanition dans un état de maigreur squelettique. C’était le cas pour Charles Bonaparte, le père de Napoléon, dont le rapport d’autopsie signale la présence d’une tumeur de la taille d’une grosse  patate (sic). Chez Napoléon, il n’y a pas de tumeur, l’orifice du pylore est dans un état tout à fait normal, et il est mort gras. Il n’y a donc pas de cancer du pylore ».

 

Le docteur Henri Pujol : « Réflexions sur le rapport d’autopsie signé par F. Antommarchi, en regard de l’hypothèse d’un cancer de l’estomac.

 

1. La lésion décrite comme étant un « ulcère cancéreux » occupe toute la petite courbure gastrique du cardia au pylore.

 

2. Si une telle lésion était réellement de nature histologique cancéreuse, il s’agirait d’un cancer gastrique évolué. Il serait alors hautement improbable de ne pas observer de signes anatomiques de la propagation extra gastrique d’une telle lésion :

-         adénopathies dures périgastriques

-         granulations péritonéales

-         invasion de poche en poche d’autres viscères

-         carcinose péritoniale avec aseite

 

Le rapport d’autopsie ne mentionne aucune atteinte viscérale autre que gastrique avec une couverture par le lobe gauche du foie d’une ulcération prépylorique. Le fait que le rapport mentionne un peu de liquide dans chaque poumon permet d’envisager que la présence de liquide ou de nodules dans le péritoine eut été également mentionnée. À défaut d’examen lusto-pathologique on peut conclure :

 

1.      qu’il y a des signes d’une hémorragie digestive importante et de cause gastrique

2.      que les lésions gastriques sont étendues en surface, comme en profondeur (perforation)

3.      que l’environnement périgastrique n’est pas celui d’un cancer de l’estomac évolué

 

Science & Vie . Page 87

Les docteurs Philip Corso et Thomas Hindmarch mettent en doute l’origine endogène de l’arsenic trouvé dans les cheveux de Napoléon.

 

Réponse du Docteur Pascal Kintz : « …Plusieurs points critiques de notre expertise semblent avoir trouvé une réponse satisfaisante pour Hindmarsh et Corso, qui ne retiennent plus que le problème de la contamination externe pour expliquer la positivité des cheveux. Cela représente déjà un grand progrès par rapport à leur précédente critique.

 

Dans les expériences de contamination retenues par Hindmarsh et Corso, trois points méritent d’être soulignés : ces références sont particulièrement anciennes et datent d’une époque où la Médecine Légale n’avait pas encore intégré en routine les cheveux comme matrice d ‘investigation et donc les cinétiques de décontamination ; ces études ont surtout été faites chez les rongeurs qui ne sont pas dotés de système de sudation et donc n’incorporent pas de la même façon que les humains les xénobiotiques ; enfin et surtout, toutes ces études ont été faites après trempage en milieu aqueux de cheveux déjà coupés, ce qui constitue à l’évidence une voie d’introduction centrale par capillarité de l’arsenic dans le medulla, absolument non conforme à la réalité.

 

L’utilisation d’arsenic après la collecte, qui aurait pu se déposer le long de la cuticule n’est pas envisageable, car les liquides de décontamination auraient alors été fortement positifs en arsenic, ce qui n’a pas été le cas.

 

Nous ne contestons pas que le trempage pendant plusieurs jours des cheveux dans un bain d’arsenic puisse conduire à des résultats positifs, même après décontamination sévère. C’est d’ailleurs cette technique que nous utilisons pour préparer artificiellement des cheveux enrichis en xénobiotiques pour assurer la validation de nos méthodes. J’ai néanmoins de sérieux doutes sur une telle pratique pour conserver des cheveux de l’Empereur, d’autant que cela aurait dû être fait, dans les mêmes conditions, sur tous les échantillons disponibles (analysés depuis 1960 dans plusieurs laboratoires) et à toutes les périodes. N’oublions pas la positivité de la mèche recueillie en 1816, soit cinq ans avant le décès. Enfin, cette pratique, si « courante » pour expliquer que tous les cheveux soient positifs, n’a jamais été reportée par une quelconque personne de l’entourage de Ste Hélène.

 

Il est vrai qu’il existe une grande variabilité inter-cheveux, pouvant s’expliquer aisément par une phase de croissance différente, l’arsenic n’étant incorporé qu’en phase anagène ( à l’opposé des phases catagène et télogène) qui représente tout de même 85% des cheveux présents sur le scalp. La multiplication des cheveux et dans notre cas des mèches, permet facilement de contourner cet aspect physiologique, si par malchance l’unique cheveu analysé éteit en phase télogène (et n’aurait donc pas absorbé d’arsenic).

 

Au total, que reste-t-il pour expliquer la présence d’arsenic dans les cheveux de l’Empereur ? Une exposition chronique à l’arsenic par voie orale ou une contamination externe irréaliste et sans objet de tous les cheveux, à chaque coupe, pendant des années et avec le plus grand secret, dans un long bain d’arsenic.

 

Un mélange de doutes, de certitudes et de raisonnable… et c’est tant mieux !

 

Moi, j’ai déjà fait mon choix ».

 

Science & Vie. Page  84

La preuve par trois qu’il n’y a pas eu intoxication

1-     Sur l’île d’Elbe déjà.

2-     Des pics étonnants

3-     des doses homogénes

Réponse : Comprenne qui pourra ce qui voudrait être une démonstration mais qui est en fait un bouillon de contradictions. Pour l’île d’Elbe on présente les pics et les creux d’arsenic d’un cheveu coupé en …1805. Des pics étonnants, mais on de dit pas d’où provient le cheveu. Idem pour un cheveu anonyme qui présente des doses homogènes.

 

Science et Vie. Page 93.

Un estomac vraiment mal en point

 

Réponse : Oui, un estomac mal en point, mais  ce sont les doses d’arsenic administrées par intermittence  pendant plus de cinq ans  qui sont responsables des nécroses  qui ont envahi et rongé ses  parois ( cf ci-dessus pages 2 et3 « Principes de Médecine interne » du docteur Harrisson). Et pour ce qui est de la perforation, voici ce que nous en dit le docteur Michel Ibos, un éminent chirurgien qui a opéré des centaines de cancers : « Après avoir soigneusement étudié les rapports d’autopsie de  Napoléon , je suis en mesure de faire les remarques suivantes :

 

Il est fait mention d’une perforation gastrique bouchée par le foie. Deux possibilités :

1.     Il s’agit d’un simple ulcère. C’est banal, fréquent et cela ne met pas en danger le pronostic vital. C’est un accident local que l’organisme traite lui-même en l’obturant par le foie.

Personnellement, c’est l’hypothèse que je retiens.

2.      Certains cancers peuvent aussi se perforer. Mais cette complication survient tardivement au cours de l’évolution et alors que la maladie a, de façon évidente, envahi la totalité de la paroi gastrique. Or l’autopsie précise que, sur l’extérieur de l’estomac, la perforation peu visible se trouvait au centre d’une induration très modérée et peu étendue. Ceci ne cadre absolument pas avec l’évolution d’un cancer vers la perforation car, alors, l’aspect extérieur aurait été évident.

Tous ces arguments cliniques plaident donc en faveur d’un simple ulcère gastrique dont on ne meurt pas. »

 

Science et Vie. Page 91

 

Le professeur Chantal Bismuth avance que la kératinisation des pieds, la mélanodermie et les bandes de Mees qui sont des signes caractéristiques de l’intoxication arsenicale n’ont pas été signalés à l’autopsie.

 

Réponse : Au sujet de cette rengaine, qui revient régulièrement sur le tapis, on oublie toujours de dire que le professeur Bismuth a également précisé que ces signes n’étaient pas évidents et qu’il fallait les chercher pour les trouver. Si on ajoute que leur corrélation avec l’arsenic a été découverte en fin de 19e et début de 20e siècle on ne voit pas comment Antommarchi aurait pu avoir l’idée de les chercher en 1821. On peut encore ajouter que même dans la deuxième moitié du 20e siècle , ces signes sont passés inaperçus dans de nombreux cas d’empoisonnement à l’arsenic, découverts seulement par dénonciation plusieurs mois après le décès de la victime. Ainsi les affaires Castellani à Vancouver en 1967 et Buenoano en Floride en 1978.

 

Nous venons de passer en revue les preuves scientifiques de l’empoisonnement ;  mais comme les preuves scientifiques les plus irréfutables n’arriveront jamais à se faire admettre par les individus  de mauvaise foi, je joins à ce texte le livret « Acte d’accusation contre le comte d’Artois et les ministres anglais » qui contient les preuves de la complicité active du gouverneur Hudson Lowe et du comte Charles de Montholon dans l’exécution de l’assassinat de l'Empereur.

 

Ces preuves viennent d’être renforcées par une lettre que m’a adressée le 2 octobre 2002, François de Candé-Montholon,  descendant en ligne directe du comte Charles de Montholon: « …Enfin, je dois vous confier que les derniers documents que j’ai déchiffrés démontrent le rôle très important et pourtant méconnu du Marquis de Sémonville dans toute cette affaire. Très proche de Maret, Duc de Bassano, mais aussi de Louis XVIII, Sémonville a une influence décisive dans le choix de retenir la candidature de Montholon parmi ceux qui suivront Napoléon en exil. Je dois reconnaître, à la lumière de ces documents en ma possession, que je pense m’être trompé en affirmant que mon ancêtre avait agi seul. Il m’apparaît aujourd’hui fort probable qu’il était au minimum chargé d’une mission de surveillance à Sainte Hélène, et que dans la mesure où l’on admet sa responsabilité dans cette affaire d’empoisonnement, il n’aurait pu agir qu’en accord avec les alliés. D’ailleurs, les relations qu’il entretenait avec Hudson Lowe pendant et après l’exil, ainsi que le portrait qu’il en fait à sa fille Napoléone qui le rapportera dans ses mémoires, prouvent que les deux hommes s’étaient côtoyés régulièrement pendant et après l’exil. J’en arrive donc aujourd’hui à la conclusion que c’est l’analyse que vous avez toujours soutenue qui me paraît la plus crédible… 

 

Nous n’allons pas nous quitter sans traiter le cas des deux grands historiens « professionnels » que sont Jean Tulard et Thierry Lentz  qui apparaissent à la page  90 de Science & Vie.

 

Jean Tulard : « À qui aurait profité le crime ? ironise-t-il. Napoléon ne représentait à l’époque plus guère de menace, ni pour les Anglais ni pour la monarchie française ».

 

Réponse : Jean Tulard s’est ridiculisé en laissant passer dans son « fameux » dictionnaire des âneries telles que « les constatations faites par O’Meara au cours de l’autopsie de Napoléon » ( O’Meara a été chassé de Sainte-Hélène en Juillet 1818 ) et      « les  antécédents familiaux plaident en faveur du squirre de l’estomac ainsi que sa vieille habitude de porter sa main dans la région de l’estomac comme s’il avait voulu apaiser une douleur latente » ( Napoléon avait pris l’habitude de glisser sa main entre les boutons de son gilet ou de son manteau dès l’âge de seize ans) . Jean Tulard a aussi fait étalage de son ignorance des évènements de Sainte-Hélène en dédicaçant sans sourciller le livre contenant le « Chant de Moïna » ( cf le livret acte d’accusation page 25). Il nous fait douter maintenant de son intelligence ; en effet un enfant de huit ans peut comprendre  que l’entretien d’une force de 5000 soldats et marins avec plusieurs bateaux de guerre coûte fort cher et serait  bien plus utile dans les colonies de la couronne qu’à la garde d’un seul homme qui aurait pu vivre trente ans de plus. Quant au comte d’Artois, il avait une telle peur panique dans la crainte d’un soulèvement populaire en faveur de Napoléon qu’il a fait des pieds et des mains pour le maintien, en 1818, de l’occupation de la France par les armées étrangères ( cf livret acte d’accusationpage 16).

 

Thierry  Lentz : La science, l’histoire et la médecine renvoient les « empoisonnistes » à leurs études. La mort de l’empereur était de toute façon imminente avec ou sans arsenic.

 

Réponse. La mort de l’Empereur était imminente à cause de l’arsenic ( cf, entre autres,  les principes de médecine interne de Harrisson). Tout ce que Thierry Lentz a trouvé a dire après avoir épluché le livret « Acte d’Accusation » est que Hudson Lowe n’a pas donné au docteur O’Meara l’ordre d’abréger les jours de Napoléon. Autrement dit, en conformité avec  l’arrogance et la suffisance qui sont ses traits caractéristiques, il prétend mieux comprendre l’anglais que le docteur O’Meara ( cf le livret « Acte d’accusation » pages 6 et 13,14).

 

En conclusion nous invitons les  « cancéristes  professionnels »  à  reprendre leurs études en insistant plus particulièrement sur les « Principes de médecine Interne de Harrisson » et les Mémoires ou journaux de Gidéon Gorrequer, du docteur Verling, du capitaine Luytens et du lieutenant Basil Jackson, tous documents que manifestement ils ignorent totalement.

 

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