Roi de Rome

 

Conseils de Napoléon à son fils

 

Le Duc de Reichstadt, 1831, par M.-M. Daffinger

(Aquarelle donnée par le Duc au prince François-Joseph Dietrichstein.

Château de Nickolsburg.)

 

Dans l’arsenal des tortures morales infligées à Napoléon à Sainte-Hélène, figure en bonne place la privation de toute nouvelle de son fils, retenu à la Cour de Vienne.

 

Cependant, l’Empereur a demandé à ses compagnons d’exil de lui transmettre ses recommandations ; en voici quelques extraits :

 

« Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu’il est né prince français et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l’Europe.Il ne doit jamais combattre, ni nuire en aucune manière à la France...

 

Mon fils ne doit pas songer à venger ma mort ; il doit en profiter. Que le souvenir de ce que j’ai fait ne l’abandonne jamais ; tous ses efforts doivent tendre à régner dans la paix. Poursuivre mon ouvrage pacifique, ce serait montrer la solidité des bases, expliquer tout le plan de l’édifice qui n’était qu’ébauché. Que mon fils fasse éclore tout ce que j’ai semé ; qu’il développe tous les éléments de prospérité. Alors il sera un grand souverain ...

 

Mon fils arrivera après des troubles civils. Il ne doit pas s’appuyer sur les chefs des partis mais sur la masse du peuple. Excepté pour ceux qui ont trahi la patrie, il doit oublier les antécédents de tous les hommes, et récompenser le talent, le mérite, les services partout où il les trouvera…

 

Mon fils devra régner avec la liberté de la presse. La liberté de la presse doit devenir un puissant auxiliaire pour faire parvenir partout les saines doctrines et les bons principes. Mon fils doit être l’homme des idées nouvelles...

 

Vous publierez tout ce que j’ai écrit ou dicté et vous engagerez mon fils à le lire et le méditer. Vous lui direz de protéger tous ceux qui m’ont bien servi, et le nombre en est grand. Mes pauvres soldats, si magnanimes, si dévoués, sont peut-être sans pain. Que de courage, que de bon sens dans le peuple ! Que mon fils lise et médite souvent l’histoire ; c’est là la seule philosophie… ».

 

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