PRINCIPES DE MÉDECINE INTERNE

Pr. HARRISON – (ÉDITIONS Flammarion)

 

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Page 2183 – Chapitre 375 – Intoxications par les métaux lourds

« … Les manifestations de l’intoxication chronique par l’arsenic associent une atteinte de la peau et des phanères : érytrodermie, hyperkératose, hyperpigmentation, dermite exfoliative, bandes d’Aldrich-Mees1 (stries blanches sur les ongles) ; une atteinte des muqueuses : laryngite, trachéite et bronchite; une atteinte du système nerveux central entraînant une polynévrite sensitivo-motrice.

 

Des épithéliomas (cancers) baso et spinocellulaires, une maladie de la peau de Bowen ainsi que des cancers pulmonaires ont aussi été décrits au cours de l’exposition à l’arsenic.

 

La toxicité de l’arsenic résulte de sa liaison avec les groupements sulfhydriles des tissus. L’arsenic se lie également aux enzymes du cycle tricarboxylique de Krebs, interférant de ce fait avec la phosphorylation oxydative. Les autres effets comportent des lésions capillaires et des effets toxiques directs sur de nombreux organes. L’anatomopathologie montre une nécrose de l’estomac et de l’intestin grêle, des lésions vasculaires et des altérations dégénératives du foie et des reins. »

 

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Nota 1: Ces bandes d’Aldrich-Mees n’ont pas été citées par le Dr. Antommarchi dans son rapport d’autopsie, répète le dernier quarteron de pseudo-historiens s’opposant à l’empoisonnement. On ne voit pas comment Antommarchi aurait pu avoir l’idée de signaler ces bandes alors qu’elles sont difficiles à voir et que leur relation avec l’arsenic n’a été découverte qu’au début du 20e siècle.

Rappelons aussi que Madame Castellani mourut en septembre 1967 à Vancouver d’un empoisonnement à l’arsenic qui dura 9 mois (reconnu suite à une dénonciation et analyse des cheveux un an après le décès). Bien que la maladie ait été examinée par plusieurs médecins, les bandes de Mees n’ont jamais été remarquées.

Dans le cas de Napoléon on peut citer une remarque du docteur Rémi Jullien Guillard qui était présent à Ste-Hélène le 15 octobre 1840 à l’ouverture des cercueils : « Les doigts portaient des ongles longs, adhérents et très blancs ».

 

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