Le Prince Eugène de Beauharnais

 

 

" Honneur et Fidélité " l'épitaphe sur le tombeau du prince Eugène à l'église Saint-Michel-de-Munich résume sa vie. On aurait pu y ajouter courage et loyauté.

 

Son honnêteté intellectuelle, sa profonde droiture contrastent avec l'aspect ambivalent de sa relation avec l'Empereur qui l'aimait mais doutait parfois de ses capacités.

 

Issu de parents séparés puis divorcés, il suivit d'abord la fortune de son père Alexandre de Beauharnais, éphémère président de la Convention puis général malheureux vaincu à Mayence et qui finira sur l'échafaud trois jours avant  la chute de Robespierre, il retrouvera alors sa mère et sa sœur Hortense sous la protection du général Hoche. Suivant les coutumes de ce temps, il sera élève menuisier puis aide de camp de Hoche avant de réclamer au général Vendémiaire le sabre de son père ce qui vaudra à Bonaparte une visite de remerciement de Marie-Rose de Beauharnais et le début de leur idylle.

 

Il s'attache à son beau-père dont il va accompagner l'illustre ascension ; docile, tenace et endurant il fera preuve de courage. Il est à l'armée d'Italie comme sous-lieutenant des hussards, gagne ses galons et est blessé pendant la campagne d'Égypte avant de regagner Fréjus à la barbe de l'escadre anglaise et d'intervenir avec sa sœur Hortense,  rue Chantereine, auprès de Napoléon afin qu'il pardonne à leur mère sa conduite scandaleuse avec le Capitaine Hippolyte Charles empêchant ainsi un divorce public dont le retentissement aurait pu compromettre le coup d'état des 18 et 19 Brumaire.

 

Jeune homme accompli, d'une rare élégance, à la stature parfaite il anime avec sa sœur Hortense les après-midi et soirées de la Malmaison où l'on joue dans le petit théâtre La mariage de Figaro de Beaumarchais.

 

Officier puis colonel d'un régiment de la Garde Consulaire, il approche le Premier Consul et lors du sacre il siège juste après les maréchaux. Son dévouement lui vaudra la vice-royauté du royaume d'Italie qu'il administre sous la férule et l'autorité de Napoléon qui ne lui laisse aucune initiative, le réprimant de façon véhémente lors de la dissolution de la Chambre qui n'aurait voulu voter le budget.

 

Contrit et malheureux, il s'adresse à madame Campan, surintendante des Maisons de la Légion d'Honneur, sur la conduite à tenir.

 

En mariage Eugène est un homme heureux, on ne lui a connu avant son mariage qu'une seule aventure. Napoléon lui a fait épouser la princesse Auguste-Amélie de Bavière, fille de l'électeur Maximilien de Bavière qui deviendra roi après le traité de Prebourg (1806).

 

Lors de la troisième coalition, après quelques revers contre l'archiduc Jean assisté de Mac Donald, il redresse la situation et reçoit les félicitations de l'Empereur, il est alors nommé prince de Venise, le royaume d'Italie s'agrandit, les provinces illyriennes rattachées à l'empire français lui sont subordonnées.

 

Après la campagne d'Autriche de 1809, Eugène et Hortense vivent douloureusement la répudiation de leur mère. L'affection de Napoléon envers Eugène permet à Joséphine de quitter le hideux château de Navarre, près d'Evreux et de recouvrer la Malmaison.

 

Eugène est au baptême du Roi de Rome mais déjà se profile la fin de l'Empire avec la guerre désastreuse en Espagne et les préparatifs de la campagne e Russie. Il va se révéler un grand capitaine.

 

Il se couvre de gloire à la Moscowa, l'armée russe n'est pas anéantie, Napoléon ne voulant donner la garde. Les conditions épouvantables de la retraite vont assombrir son caractère et prématurément le vieillir. La défection de Murat le laisse à la tête des débris de la Grande Armée réduite à quelques milliers  d'hommes. En soixante jours il fera une retraite magnifique échappant à l'encerclement  et faisant la jonction avec la nouvelle armée des conscrits livrée par l'Empereur puis il regagnera l'Italie où il devra éviter les mouvements de sédition, maintenir l'ordre et la sécurité. Après l'échec de la campagne de Saxe, les Autrichiens menacent la plaine du Pô, Murat oscille entre fidélité et trahison et seul il devra affronter les armées autrichiennes et napolitaines, il se montrera avisé et retardera l'échéance inéluctable. Il as su résister aux pressions de son beau-père, Maximilien, lui laissant espérer le royaume d'Italie s'il trahissait Napoléon. La fidélité et le soutien d'Aguste lui étaient nécessaires. Au congrès de Vienne, il attend une principauté et une rente annuelle, on lui propose Pontecorvo  dont Bernadotte était précédemment prince héréditaire, il a regagné Munich où il jouit de l'estime des Wittelsbach lorsque l'Empereur débarque de l'Ile d'Elbe à Golfe Juan le 1er mars 1815.

 

C'est en spectateur attristé qu'il assiste aux Cent-Jours, à la défaite  de Waterloo, à la seconde abdication. Il ne jouera plus aucun rôle ni politique ni militaire et se contentera après avoir reçu de son beau-père le duché de Luchtenberg de gérer sa fortune et de placer sa nombreuse progéniture.

 

Le mariage de sa fille aînée avec le filleul de Napoléon, Oscar de Suède, fils de Bernadotte sera sa dernière grande joie. Après plusieurs attaques d'apoplexie, il meurt en 1824 paralysé.

 

Les Maisons de Suède et de Norvège ainsi que la famille impériale de Russie descendent d'Eugène.

 

Le Docteur Catinat, Secrétaire Général des Amis de Malmaison et Administrateur de la Fondation Napoléon, a évoqué la vie du prince Eugène devant un auditoire  attentif et ému.

 

Qu'il en soit vivement remercié.

 


 

 

Robert Mosnier, FINS

Toulouse, France  

 

 

 

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