L’ORDRE HOSPITALIER
DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM,
ou, ORDRE SOUVERAIN DE MALTE

L’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d’Ordre de Malte, a comme origine des moines et des marchands du port italien d’Amalfi. Son berceau est l’église Sainte-Marie-Latine à Jérusalem, bâtie en 1048, ainsi que le monastère et l’hôpital édifiés sous ses murs, à l’intention des chrétiens résidant dans la Ville Sainte. Cette église était tenue par des seuls religieux, et l’hospice par des frères hospitaliers. A la suite de la conquête de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, en 1099, le bienheureux Gérard Tenque sépara les hospitaliers des religieux et fonda l’Ordre de Saint-Jean-Baptiste, qui fut approuvé par le pape Pascal II en 1113. Après la mort de frère Gérard, son successeur Raymond du Puy (premier qualifié maître de l’ordre), le convertissait en un ordre religieux de chevalerie, que Calixte II confirma en 1120. Les chevaliers Hospitaliers faisaient vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté. Ils n’adoptèrent la vocation militaire que vers 1140, sans toutefois perdre leur rôle hospitalier.

Vladimir Kondratovitch, FINS ( première rangée au centre)

devant le Musée Napoléonien à La Havane

avec un groupe de "napoléoniens"

Les chevaliers Hospitaliers portaient une soubreveste rouge ou noire, à la croix latine blanche. L’ordre était divisé en huit régions dites " langues " : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragón-Navarre, Castille-León-Portugal, Angleterre et Allemagne.

Entre 1142 et 1144, l’ordre acquit cinq forteresses dans le comté de Tripoli, dont le fameux Krak des Chevaliers, qui devint un symbole de sa puissance. Cependant, la chute de Jérusalem en 1187 força les chevaliers de Saint-Jean à se retirer à Margat, en Phénicie, puis à Saint-Jean-d’Acre. Après la prise de Saint-Jean-d’Acre, ils passèrent dans l’île de Chypre (1291), puis, à Rhodes dont ils s’étaient emparés, en 1309 (on les nomme parfois " Chevaliers de Rhodes "). En 1522, après le siège de Rhodes par Süleyman II, les chevaliers, sont contraints de capituler. Leur grand maître Philippe Villiers de l’Isle-Adam demande alors au pape Clément VII un nouvel asile pour l’ordre.

En 1530, les chevaliers allèrent s’installer sur l’île de Malte ; que l’empereur Charles Quint leur avait donné, en fief de son royaume des Deux-Siciles. L’ordre prit alors le nom usuel d’ " Ordre de Malte ". En 1565, les chevaliers durent faire face à un grand siège de l’île par les Turcs Ottomans, qu’ils repoussèrent après des mois de lutte acharnée. L’ordre fut alors fêté dans toute l’Europe en tant que sauveur de la Chrétienté. Cependant, les chevaliers s’attendant à un retour imminent des Turcs, ils bâtirent la ville fortifiée de La Valette, nommée en l’honneur du grand maître de l’époque, Jean Parisot de La Valette. Plus tard, les chevaliers de Malte s’illustrèrent à nouveau à la victoire de Lépante en 1571.

Le Baron Vladimir Kondratovitch

dans son uniforme de Grand Prieur de Russie

En 1798, l’ordre capitula devant Napoléon Bonaparte qui confisqua tous ses biens. Les chevaliers durent alors quitter l’île de Malte. Le grand maître Ferdinand von Hompesch abdiqua en 1799, et, l’ordre tenta de se mettre sous la protection de l’empereur Paul Ier de Russie, proclamé nouveau grand maître. Mais le pape Pie VI refusa de reconnaître cette élection d’un orthodoxe, marié, et n’ayant jamais appartenu à l’ordre. Son successeur, l’empereur Alexandre Ier, ne souhaitant pas prolonger cette situation d’irrégularité, refusa la grande maîtrise en 1801, et édicta que l’ordre devait élire son grand maître selon ses statuts et usages anciens. Comme on ne pouvait convoquer une assemblée générale des membres de l’ordre, il fut convenu qu’il serait proposé au pape de choisir, pour cette unique fois, un grand maître parmi les candidats déjà élus par chacun des prieurés de l’ordre. Le 9 février 1803, Pie VII choisit le candidat élu par le prieuré de Russie, le bailli Giovanni-Battista Tommasi, qui devenait ainsi légitimement le 73e chef suprême de l’ordre.

L’ordre se réfugia dès 1801 dans des villes d’Italie, mais ses biens furent confisqués presque partout. C’est finalement la papauté qui l’empêchera de disparaître. En effet, Léon XII transporta l’ordre dans les Etats de l’Eglise en 1827 ; puis, Grégoire XVI, en 1834, autorisa son installation définitive à Rome, au palais de Malte, où se trouve le grand magistère, encore aujourd’hui.

Au XIXe siècle, après avoir été administré par des lieutenants généraux, l’Ordre Souverain de Malte fut de nouveau gouverné par un grand maître dont le titre fut rétabli, en accord avec le Saint Siège, en 1879. L’ordre reste aujourd’hui très hiérarchisé (un grand maître élu à vie est assisté par un souverain conseil). L’organisation en " langues " ayant disparu, les membres constituèrent des associations nationales dès 1864.

De nos jours, l’ordre est revenu à sa vocation hospitalière primitive, et ses œuvres humanitaires témoignent de son intense activité auprès des pauvres et des malades. Il apporte une aide d’urgence lors de conflits ou de catastrophes naturelles, et, dispose d’hôpitaux dans le monde entier qui s’investissent également dans des travaux de recherche. L’Ordre Souverain de Malte possède un statut d’état indépendant. Son extra-territorialité est reconnue dans de nombreux pays dans lesquel il a une représentation diplomatique, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, à l’UNESCO et à l’Institut International des Droits de l’Homme. Le siège de l’ordre est à Rome où il possède un territoire de 12.000 m2. Depuis 1991, le gouvernement maltais lui à concédé la jouissance du fort St.-Angelo, proche de La Valette.

Quatre ordres protestants ou anglicans, issus de la même souche, peuvent avec l’Ordre Souverain de Malte (catholique), se prévaloir du vocable de St.-Jean-de-Jérusalem. Ils jouissent de la reconnaissance officielle des états dans lesquels ils existent, et, ont créé en 1961 une " Alliance des Ordres de Chevalerie des Hospitaliers de St.-Jean-de-Jérusalem " (dont le siège est à Berne). Ces ordres sont : le " Grand Bailliage de Brandebourg de l’Ordre des Chevaliers de St.-Jean de l’Hôpital de Jérusalem " (Die Balley Brandenburg des Ritterlichen Ordens St. Johannis vom Spital zu Jerusalem ou " Johanniter Orden "), duquel sont dérivé les " Johanniterorden i Sverige " et " Johanniter Orde in Nederland " ; et le " Grand Priory of the British Realm of the Most Venerable Order of the Hopital of St. John of Jerusalem " (ou " The Order of St. John ").

 

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