NÉCROLOGIE

 

Le samedi 5 avril dernier à l'école militaire à Paris

avait lieu une messe commémorative

en hommage au Colonel Émile René Guéguen

en présence de sa veuve Annie, des membres de sa famille,

d'officiers supérieurs, d'anciens camarades de combat et d'amis.

 

 

 

Les parachutistes de la 2ième Compagnie du 8ième Régiment de Parachutistes héritière de la 16ième Compagnie du Colonel Guéguen rendent les hommages

 

à l'extrême droite, un compagnon de combat d'Émile Guéguen

à l'extrême gauche, son ami Gérad Dupuis, FINS

 

 

L'aumônier de la chapelle de l'école militaire dit la messe souvenir du Colonel Guéguen entouré des porte-drapeaux parachutistes

 

 

Pendant l'office

Aux premiers rangs, la veuve du colonel Guéguen

la famille et les officiers supérieurs

 

 

Le fanion du régiment du Colonel Guéguen avec sa devise

"Le second de personne"

 


 

traduction de l'article paru dans le SAN DIEGO UNION TRIBUNE

dimanche le 2 mars, 2003

(voir l'article original en anglais)

 

 

Décès à 78 ans d’un vice-président

du Retour en Normandie

 

Par Stéphanie Alderette

 

Émile-René Gueguen, 78 ans, colonel de l’armée française à la retraite et vice-président de l’association du Retour en Normandie, est décédé le 14 février d’une insuffisance cardiaque à La Jolla.

 

M. Gueguen est né en Bretagne, en France, le 13 février 1925. Lorsque les Allemands ont occupé la France au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a joint la résistance française et a mis sur pied une cellule clandestine, appelée « Le Maquis de Saint-Laurent ». En 1944, il a été capturé, torturé et l’armée allemande a prononcé contre lui la peine de mort. M. Gueguen s’est évadé et il a rallié les unités Jedburghs et les 82e et 101e divisions aéroportées américaines, puis a continué à combattre les Allemands jusqu’à leur reddition.

 

« C’était un grand patriote français qui adorait les États-Unis », de dire Max Gurney, un ami de longue date et vice-président pendant de longues années du Retour en Normandie ». Il a fait preuve de courage, de générosité et tous ceux qui l’ont rencontré l’ont beaucoup apprécié ».

 

M. Gueguen était un athlète accompli qui a remporté la médaille d’or et le titre de champion mondial du pentathlon militaire moderne à Stockholm. Il a ensuite formé et entraîné l’équipe olympique française de pentathlon moderne. Ses fils Raoul et Michel ont fait partie de l’équipe qui a remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de 1968 à Mexico.

 

M. Gueguen a été lieutenant dans les parachutistes et s’est porté volontaire pour  l’Indochine française (Vietnam), puis il a servi en Tunisie et en Algérie. Il a été blessé deux fois, a reçu 12 Croix de guerre et a obtenu le titre de commandeur de la Légion d’honneur.

 

Même si M. Gueguen a été un militaire pendant la majeure partie de sa vie, le combat le plus difficile qu’il a dû livrer aura été d’obtenir l’accord des autorités pour que des parachutistes britanniques et américains répètent les parachutages survenus pendant le débarquement en Normandie, au cours de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du cinquantième anniversaire du Jour J, en 1994.

 

« Nous avons appelé les anciens parachutistes et les avons invités à San Diego, pour faire un premier saut », de préciser Max Gurney.  C’était un groupe d’hommes âgés entre 75 et 85 ans, dont quelques-uns n’avaient plus sauté en parachute depuis la guerre. Nous avons demandé aux Français leur autorisation et ils nous ont répondu en disant : « Merci beaucoup. Nous savons que vous avez tous fait votre devoir, mais vous êtes maintenant trop vieux et tout cela est quelque peu risqué ». « Nous sommes allés au Pentagone et même jusqu’à la Maison-Blanche, où nous avons aussi essuyé un refus. Nous avons ensuite recherché et obtenu l’appui des grands médias, qui ont alors fait pression sur Washington et sur l’armée pour qu’on nous accorde un peu de répit; ils nous ont en fin de compte trouvé une possibilité ».

 

Après que les 41 parachutistes eurent atterri en toute sécurité, le premier ministre français de l’époque, Édouard Balladur,  les a accueillis en héros, tout comme le président américain Bill Clinton et la première dame des États-Unis, Hillary Clinton, accompagnés pour l’occasion d’une brochette de dignitaires politiques et militaires des pays alliés. Chaque parachutiste a reçu une médaille de commémoration spéciale des mains du président français François Mitterand, et l’association du Retour en Normandie a ensuite été invitée à la Maison-Blanche.

 

« Notre saut a été un vif succès. Nous avons obtenu un très grande couverture médiatique, surtout dans les anciens pays libérés comme la France, qui a souffert beaucoup plus que les gens de ce côté-ci de l’Atlantique », d’ajouter Max Gurney. « C’était quelque chose d’extraordinaire à accomplir et le colonel Gueguen s’était mis en tête qu’il fallait commémorer l’événement et les anciens combattants se devaient de célébrer le 50e anniversaire du débarquement, en soi un fait marquant, car le grand nombre d’années écoulées faisait en sorte que les gens avaient commencé à oublier les événements de la Seconde Guerre mondiale ».

 

M. Gueguen était un expert de l’époque napoléonienne et faisait partie de la Société Napoléonienne Internationale. En 1996, il a reçu une décoration napoléonienne et le titre de grand officier de la Légion d’honneur du président français Jacques Chirac.

 

Des dignitaires français, des proches et des anciens combattants se réuniront pour rendre un dernier hommage à Émile-René Gueguen le jeudi 6 mars, à 16 h, devant la plaque du Retour en Normandie, sur laquelle figure le nom du colonel  Gueguen, au Mount Soledad War Memorial.

 

M. Gueguen laisse dans le deuil son épouse Annie Gueguen et ses quatre enfants, Raoul, Michel, Georges et Jean-Paul.

 

Mme Gueguen prie les proches et les amis qui voudraient envoyer des fleurs de faire plutôt un don à la mémoire du colonel Gueguen, au Mount Soledad Memorial Association, 2000 Springdrift Drive, La Jolla, Californie, 92087.

 

 

*********

  

 

le colonel (ret) Émile René Gueguen (1925 - 2003)

recevant la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur

des mains du Président de la République, M. Jacques Chirac

 

traduction de l'article paru dans le LA JOLLA NEWS

mercredi le 5 mars, 2003

(voir l'article original en anglais)

 

 

Émile Gueguen :

il chérissait le souvenir du débarquement allié

du Jour J

 

Par Jack Williams

Membre de la rédaction

 

Le 6 juin 1944, les espoirs d’Émile Gueguen de libération de la France de l’Allemagne nazie ont connu un regain sans précédent, tandis qu’il observait les parachutistes alliés tomber du ciel normand.

 

Pour le jeune Émile Gueguen, alors un combattant de la résistance française, le débarquement allié du Jour J a été beaucoup plus qu’un point tournant de la Seconde Guerre mondiale. Cela a été le point de départ d’une longue camaraderie avec les membres des 101e et 82e divisions aéroportées des États-Unis.

 

Cinquante ans après le Jour J, il a vécu de nouveau l’émotion de ces moments en compagnie de 40 parachutistes de la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion d’un voyage de retour en Normandie pour marquer l’événement, qu’il a aidé à organiser.

 

Plutôt que d’agir en simple spectateur, Émile Gueguen a fait un saut commémoratif en parachute en compagnie de ses anciens camarades de combat, à la demande de ces derniers.

 

Colonel de l’armée française à la retraite et ancien parachutiste devenu vice-président de l’association Retour en Normandie de San Diego, Émile Gueguen est décédé le 14 février à son domicile de La Jolla, à l’âge de 78 ans.

 

Selon Max Gurney, un autre vice-président de l’association Retour en Normandie, M. Gueguen est mort d’insuffisance cardiaque.

 

En raison de la résistance initiale des autorités à l’endroit du saut commémoratif en parachute de 1994, notamment des bureaucrates des gouvernements français et américains soucieux des conséquences au plan de la responsabilité civile, les parachutistes de la Seconde Guerre mondiale ont dû faire valoir leur bonne condition physique en effectuant trois sauts chacun en parachute à l’aérodrome de Brown.

 

Le colonel Gueguen, Max Gurney et le président de l’association Richard E. Mandich, un ancien parachutiste membre de la 101e division aéroportée, ont organisé la formation. « L’attention des médias ainsi suscitée a réussi à obtenir le soutien des responsables français et américains », a ajouté Max Gurney.

 

Le colonel Gueguen est né en Bretagne, en France, et il habitait La Jolla depuis 1988.

 

Comme l’a expliqué Max Gurney, alors qu’il était encore adolescent, pendant l’occupation allemande de la France, Émile Gueguen a créé une cellule de résistance clandestine, connue sous le nom de « Maquis de Saint-Laurent ».

 

Un mois après le Jour J, il a été capturé par des soldats allemands et placé dans le side-car d’un motocycliste allemand. « Il a alors su qu’il serait torturé et probablement exécuté », de confier son épouse, Annie.

 

Dans une courbe, il a sauté du side-car en assenant un coup de coude à son garde armé. Il a alors utilisé la rapidité et l’endurance qu’il avait acquises comme coureur de fond et s’est enfui pour se mettre en lieu sûr.

 

Son épouse a ajouté qu’Émile connaissait très bien ce coin de pays.

 

Le colonel Gueguen a rallié une équipe de commandos américains connus sous le nom des Jedburghs et des membres des 101e et 82e divisions aéroportées américaines et a continué à combattre avec les Alliés, jusqu’à la capitulation de l’Allemagne.

 

Après la guerre, il a mis à l’épreuve ses qualités d’athlète hors pair à Stockholm, en Suède, où il a remporté le titre de champion mondial du pentathlon militaire moderne. Vingt ans plus tard, il a dirigé l’équipe française, dont faisaient partie deux de ses fils, Raoul et Michel. Celle-ci  a remporté la médaille de bronze aux épreuves de pentathlon des Jeux olympiques de Mexico.

 

Max Gurney précise qu’Émile Gueguen avait été nommé instructeur et entraîneur de l’équipe olympique française de pentathlon moderne.

 

M. Gueguen a été lieutenant dans les parachutistes et s’est porté volontaire pour  l’Indochine française (Vietnam), puis il a servi en Tunisie et en Algérie. Il a été blessé deux fois et a reçu 12 Croix de guerre.

 

Après son départ à la retraite de l’armée française en 1969, il a vécu en France et au Texas, avant de s’établir à La Jolla, en 1988, de préciser Max Gurney.

 

Grand érudit de l’époque napoléonienne, le colonel Gueguen s’est associé à Ben Weider, président de la Société Napoléonienne Internationale, pour la rédaction de l’ouvrage intitulé « Napoleon : The Man Who Shaped Europe ». En 1986, il a rédigé une autobiographie, intitulée « Volontaire » et travaillait juste avant son décès à un deuxième ouvrage sur Napoléon.

 

En 1996, le président français Jacques Chirac a honoré le colonel Gueguen lui accordant le titre de Grand officier de la Légion d’honneur.

 

Lui survivent son épouse, Annie, ses fils, Raoul et Michel Gueguen, d’Austin, au Texas, ainsi que Georges et Jean-Paul, tous deux vivant en France, ainsi que six petits-enfants.

 

Un dernier hommage lui sera rendu le jeudi 6 mars à 16 h, au Mount Soledad War Memorial de La Jolla.

 

Les proches et les amis qui le désirent sont priés faire un don à la Mount Soledad Memorial Association, 2000 Springdrift Drive, La Jolla, Californie, 92087.

 

 


 

Article paru dans Debout les paras

édition janvier/février/mars 2003

 

Émile Gueguen avec le Président Ben Weider

S.A. le Prince Murat et le Prince Charles Napoléon

 

Le Colonel Émile Guéguen, Grand Officier de la Légion d'Honneur, terrassé par une crise cardiaque a rejoint le paradis des vieux soldats le 14 février 2003.

 

Il fut l'exemple même de ce que doit être un officier parachutiste. Infatigable, adoré de ses hommes, redouté par ses adversaires.

 

Dans la Résistance en 1944, il avait, à peine âgé de 16 ans, montré déjà ses qualités de chef : "À la tête d'un maquis de jeunes bretons, il avait été à la base des succès de l'équipe Jedburgh du capitaine  Marchand, qui fit  de la Région de Perros Guirec un des hauts lieux de la Libération de la  Bretagne."

 

Affecté au Maroc, ce grand sportif devient champion du monde de pentathlon militaire et part en Indochine avec  le 10ième  BPCP.

 

Pendant son long séjour il sera l'archétype de ces commandants de compagnie chers au cœur du Général De Lattre. Que l'on en juge : blessé avec le 10ième BPCP lors de la  bataille  de Vinh Yen, il prend peu après le commandement au 8ième BPC de la 16ième Compagnie (rouge), si célèbre en son temps.

 

Dans le dégagement de Nghia Lô, sa compagnie est assaillie par un des régiments (le 209), de la Division 312. Encerclé, blessé il réussit à s'échapper avec une poignée de survivants. Deux mois plus tard, il aura reconstitué sa compagnie et sera à la pointe des durs combats de la R.C. 6 (Hoa-Bjnh), à Such Sich, où il se bat au corps à corps et détruit le régiment qui l'assaille.

 

Il fut le seul officier du Corps Expéditionnaire à avoir reçu au cours du même séjour, la Croix de Chevalier puis d'Officier de la Légion d'Honneur.

 

Revenu en France, il retrouve le Bataillon de Joinville où il entraîne Jacques Anquetil pour son record de l'heure.

 

Mais cela ne suffit plus à son besoin d'agir. Il rejoint l'AFN au sein du 9ième   RCP, sa compagnie "amarante", s'illustrera dans les Aurès et les combats du "Barrage". Au cours  d'un engagement, il assistera dans  ses derniers moments Philippe Barrès un autre grand nom Para. Comme commandant de compagnie, il recevra la Cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur. Il avait alors à peine 30 ans.

 

Les combats terminés, il rejoint les sports militaires. À l'école Interarmées des sports  militaires qui se crée, il bâtit une doctrine d'entraînement physique qui est encore d'actualité. Il accompagne les équipes du Bataillon de Joinville  aux jeux olympiques de Mexico, et a la joie de voir son fils Raoul devenir champion olympique de pentathlon moderne.

 

Irrité à juste titre, par un cuistre de la DPMAT l'ayant informé qu'il ne pourrait recevoir le commandement d'un régiment para car (sic), n'étant pas breveté de l'école de guerre, il  quitte l'Armée sur un coup de tête, la privant ainsi d'un de ses plus brillants colonels.

 

Retiré aux États-Unis, avec ses champions de fils, il crée une académie sportive. Mais il n'oubliera pas son passé. Lors du 50ième anniversaire du  Débarquement, il sautera avec un groupe de vétérans américains, bousculant comme toujours les obstacles des bureaucrates.

 

Récemment élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur, Émile Guéguen faisait partie de ces "Seigneurs de la Guerre" que la France sait toujours promouvoir dans ses périodes difficiles.

 

 

Général de Corps d'Armée

Guy Le Borgne

voir aussi l'article du Ouest France

 

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