1939-1945
Ils l'ont vécu
de l'action clandestine au combat des Trente de Morlaix à Lorient

Photo: Danielle Ropars
Danielle Ropars
Auteur

Danielle Ropars est née au Cloître St Thégonnec dans le Finistère. Elle a fait ses études universitaires de russe à La Sorbonne et à la faculté des lettres de Léningrad.

De retour dans son village natal pour sa retraite, elle s'est intéressée à l'histoire de la deuxième guerre mondiale et à la Résistance à laquelle a participé son père dans la région de Morlaix et en a fait un livre de témoignages : "Ils l'ont vécu : de l'action clandestine au combat des Trente, de Morlaix à Lorient".

Ce livre est disponible en librairies.

Photo: Book Cover

Introduction

Le 22 août 2002, le colonel Émile René Guéguen adresse une lettre à tous ses compagnons résistants, qui ont contribué, comme lui, à la libération de Morlaix en août 1944. Il les exhorte à remplir leur devoir de mémoire et à témoigner des hauts faits de la Résistance à l'occasion de la commémoration du soixantième anniversaire de la Libération en août 2004.

Jean Jaouen, destinataire de cette lettre, connaissant l'intérêt que je porte à ce sujet, me fait part de ce projet lors d'une réunion de travail dans le cadre de l'association des anciens combattants et victimes de guerre de Plouigneau, dont nous sommes des membres actifs. C'est en effet sur sa proposition que le président de notre association, le général Alain Péron, avec l'assentiment du maire de Plouigneau, M. Joseph Urien, rendit un hommage chaleureux à mon père, Jean-Yves Ropars, fusillé le 9 août 1944 par les Allemands devant la mairie. C'était le 8 mai 1998, à l'occasion de l'inauguration de la rue du Capitaine-Morisson. Cet homme était intervenu contre la colonne allemande traversant le bourg de Plouigneau le 9 août 1944, alors qu'il commandait une escadrille de chasseurs Mustang.

C'était le seul hommage jamais rendu à mon père depuis août 1944. Je souhaite exprimer ici, avec beaucoup d'émotion, toute ma gratitude à Plouigneau.

Je décidai donc de répondre à l'appel d'Émile-René Guéguen et d'apporter ma contribution à ce projet, en recueillant les témoignages de résistants et en relatant l'activité de mon père dans la Résistance à partir de documents et des souvenirs très précis de ma sœur Simone.

Jusqu'à ce jour, nous n'avons jamais cherché à reconstituer un passé trop douloureux pour être analysé avec le recul nécessaire. Soixante ans plus tard, nous sortons de ce repliement pour nous associer au projet du colonel Émile René Guéguen, parce qu'il était un des héros de cette lutte, à laquelle ont participé mon père, mais aussi ma mère, qui le soutenait activement sans réserve.

Enfin, il nous paraît utile, peut-être naïvement, de rappeler les circonstances qui ont amené la défaite de la France et les conséquences terribles pour notre dignité, notre sécurité.

Mais, surtout, le sursaut extraordinaire de force et d'enthousiasme des hommes et des femmes, qui n'ont pas attendu les mots d'ordre pour s'opposer à l'ennemi et constituer des centres de résistance à la volonté de puissance dominatrice des vainqueurs, reste, à nos yeux, un modèle pour notre avenir.

Nos recherches nous ont donné le privilège de rencontrer des acteurs de la Résistance dans la région de Morlaix, dont les témoignages nous sont apparus essentiels pour une bonne compréhension de l'histoire de la guerre, de l'occupation et de la libération de la région de Morlaix.

C'est ainsi que nous avons souhaité de rappeler l'action exemplaire d'Ernest Sibiril dans les évasions vers l'Angleterre, dès juin 1940. Son fils, Alain, a mis à notre disposition de nombreux documents à travers lesquels nous entrevoyons les très grandes qualités de son père.

Nous avons obtenu que d'anciens maquisards, qui avaient combattu sous les ordres du docteur Le Janne, participent à la rédaction de cet ouvrage et évoquent des faits restés jusqu'à présent ignorés. Maurice Huon rassemble leurs témoignages. Leur modestie leur interdisait de mettre en valeur le courage de leur jeunesse. Nous les remercions d'avoir eu la simplicité de nous faire un tableau des dangers qu'ils ont dû affronter brutalement. Jean Déroff nous évoque la Résistance à Plouézoch. Jean Le Guen nous fait un récit détaillé de son engagement et nous parle de Plougasnou.

Le général Alain Péron a bien voulu nous confier le témoignage de son frère, Jo Péron, un jeune étudiant de vingt ans, qui nous donne de son engagement dans le maquis Saint-Laurent, de son initiation aux armes et au combat, un récit, détaillé et intériorisé, d'une lecture très attachante, qui exprime ce que les jeunes maquisards ont tous éprouvé.

Bien d'autres témoignages auraient mérité de figurer dans ce recueil. Nous nous sommes limités à ceux qui sont venus vers nous spontanément.

La Résistance dans la région de Morlaix nous apparaît ainsi comme un mouvement exemplaire de cohésion, dans lequel les acteurs, de la côte, de la ville et de la campagne, ont conjugué leurs efforts, magnifiques de courage et d'abnégation, dans des actions complémentaires qui ont conduit à la Libération.



Les commandes peuvent être faites contre un règlement de 25 euros, à l'adresse suivante:

Danielle Ropars
Moulin de Cuzulliec
29410 Le Cloître St Thégonnec
France
Tel. 029 879 7064