A propos de la création des lycées

1802 - 2002

 

 

 

Le lycée Bonaparte, actuellement lycée Condorcet

 

Le lycée a deux cents ans …

 

Voulu et ordonné par Bonaparte, dans un esprit moral aussi bien que politique. La volonté du premier consul reposait sur le renforcement des liens entre générations et leur attachement à l'état dont ils seraient redevables.

 

Enlever tout souci aux pères sur l'éducation de leurs fils, rendre ces derniers aptes à assurer des fonctions administratives ou militaires, ou a seconder leurs parents dans les tâches … fonctions politiques aussi pour suppléer à l'anarchie des enseignements et des nombreuses discordes qui régnaient dans les écoles centrales issues de le Convention où les sciences exactes et  juridiques avaient éclipsé les humanités trop proches de l'Ancien Régime.

 

La morale visait à former des citoyens éclairés, ouverts sur le monde et non des idéologues obscurs pétris de rationalisme … des avocats du Directoire …

 

L'esprit des Lumières se retrouve dans ce besoin de l'utile ; la séparation des savoirs mais qui ne méconnaît en rien leur hiérarchie ; enseignement de base, humanités, sciences exactes et sociales …

 

L'humanisme prévaut après la rupture brutale de la Révolution. On retrouve l'honnête homme mais éclairé par la philosophie qui ouvre la porte à la logique mais aussi la religion qui polit les mœurs …

 

Le législateur concède la liberté d'enseignement tout en la réglementant …

 

Les parents pour des raisons qui leur appartiennent à caractère religieux, politique, ou autre ont le libre choix entre ces enseignements secondaires privés ou laïques.

 

Il n'est prévu que l'ouverture de trente lycées.

 

L'enseignement proposé présente une spécialité … On insiste sur  l'apprentissage du français, l'analyse grammaticale, la syntaxe et le latin dont il dérive et sans oublier le grec.

 

La rhétorique est l'art de raisonner.

La poétique traduit le sensible et le sentiment.

L'histoire ne peut être dissociée de la géographie, le temps rejointl'espace.

La logique introduit aux sciences, mathématiques, sciences physique ne s'adressant qu'à une élite.

 

Les progrès accomplis rendent l'enseignement novateur mais les sciences restent encore en pleine mutation et demeurent spéculatives. On craint autant le conservatisme des professeurs qu'une adhésion trop rapide aux nouveautés.

 

Si la morale est abordée, la religion est encouragée dans lerespect des différents cultes en cette période où le Concordat vient d'être signé. Mais il importe de séparer instruction publique et religion.

 

La gratuité de l'enseignement est évoquée, on rétorque que la classe indigente peut produire autant d'hommes de génie que d'autres, mais c'est un abus que de parler d'éducation gratuite. Celle-ci dépendrait de l'État qui devrait augmenter les contributions directes payées par les particuliers … et comment trouver autant de maîtres … L'octroi de bourse, les places gratuites y suppléent pour les enfants les plus méritants …

 

Concilier l'indépendance des parents, dans le choix des instituteurs qui amèneront au lycée les meilleurs éléments, favorisera ainsi l'émulation entre les maîtres, les attacher au gouvernement en les débarrassant du souci de l'instruction, telle est la volonté du premier consul.

 

Renouer avec les traditions des collèges en favorisant les humanités éloigne la discorde entretenue par les écoles centrales à l'ambition encyclopédiste, emporte la volonté de réconcilier l'Ancien Régime et le nouveau issu de la Révolution.

 

L'esprit de la loi exprime une continuité à visée de paix civile. Elle s'inscrit dans le programme ambitieux de réconciliation des français.

 

Le Lycée Impérial de Toulouse

créé en 1806

 

 


 

 

Robert Mosnier, FINS

Toulouse, France

 

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