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Le FBI confirme l'empoisonnement de Napoléon

 

Se basant entre autres sur des analyses scientifiques de la police américaine, Ben Weider, dans "Napoléon est-il mort empoisonné ?" (Pygmalion), démontre que l'arsenic ne fut pas étranger à la mort de l'Empereur.

 

Cette anée Ben Weider, président de la Société Napoléonienne Internationale a prononcé une conférence à la

SALLE DU THÉÂTRE DES VARIÉTÉS de Monaco à laquelle ont assisté près de 500 personnes.

 

 

Napoléon a bien été empoisonné durant son exil à Sainte-Hélène, et il n'est pas nécessaire d'être sorcier pour le prouver. En effet, presque tous ses compagnons d'exil ont tenu des journaux personnels sur lesquels ils ont noté les dates et les symptômes des indispositions qui ont assailli l'Empereur à partir de son arrivée à Longwood. Le professeur Jean Tulard, dans la préface d'une édition en anglais des mémoires du fidèle valet Louis Marchand, présente ce dernier comme un homme honnête et un observateur perspicace. Il ajoute que ce qu'il écrit ne peut être que la vérité. Or, ce sont justement Les Mémoires de Louis Marchand (Plon, Paris 1955) qui ont été le point de départ de nos recherches. Elles apportent des preuves flagrantes d'un crime presque parfait effectué à l'instigation du gouvernement britannique pour qui, Napoléon, entré vivant dans la légende, gênait encore beaucoup trop. Marchand note avec précision la nature des malaises dont souffre l'Empereur, chaque fois qu'ils apparaissent ou réapparaissent.

 

Les symptômes, considérés dans leur ensemble, sont caractéristiques de l'empoisonnement à l'arsenic, comme cela est actuellement précisé dans tous les livres de toxicologie. Nous disons bien, dans leur ensemble, car pris isolément ils peuvent entraîner une erreur de diagnostic. Un médecin, dans ce cas, peut penser au scorbut, à une hépatite ou à tout autre maladie. Ceci est encore fréquent de nos jours, et nombreux sont les "empoisonneurs" qui ne sont jamais soupçonnés. S'ils se font prendre, c'est souvent sur dénonciation. Nous connaissons des exemples récents au Canada, aux États-Unis et au Japon où les coupables ont été arrêtés plusieurs années après leurs crimes et condamnés après une autopsie et l'analyse de cheveux pratiquée sur le corps des victimes.

 

De même en ce qui concerne Napoléon, et ceci est capital, tous les signes d'empoisonnement rapportés par les témoins oculaires sont corroborés d'une manière irréfutable par l'étude des rapports d'autopsie et par les analyses de cheveux. Avant de passer à ces deux chapitres essentiels, laissez-moi vous rapporter cette anecdote récente. En juillet 1996, les journaux américains annonçaient que le département de la Santé de l'État du Texas interdisait l'usage et retirait de la vente une crème de beauté préparée au Mexique et distribuée aux États-Unis. Il avait été constaté que plusieurs femmes avaient éprouvé de sérieux malaises après avoir utilisé cette crème. L'analyse montra que la crème contenait du calomel, ce chlorure mercureux utilisé comme purgatif. Dans certaines conditions, ce produit se transformait dans l'organisme, devenant toxique.

 

Si une faible quantité de calomel contenue dans une crème à usage externe rend malade, imaginez ce que peut produire l'absoption par voie orale d'une dose massive de dix grains. C'est justement cette dose qui a été administrée à Napoléon le 3 mai 1821 pour le soulager de sa constipation.

 

C'était là le "coup de grâce" de la méthode d'empoisonnement dite "de la Brinvilliers". Cette méthode comporte deux phases, une phase d'intoxication chronique à l'arsenic qui détruit progressivement la santé de la victime sans qu'on puisse soupçonner une action criminelle puis une phases terminale avec orgeat et calomel.

 

L'HYPOTHÈSE D'UN CANCER EST DE PLUS EN PLUS CONTESTÉE

 

Dans les papiers de sir Hudson Lowe, gouverneur anglais de Sainte-Hélène durant la captivité de Napoléon, se trouve une lettre d'un certain docteur Gooch, médecin réputé de cette époque. Il écrit à Hudson Lowe pour lui faire part de ses doutes. Pour lui ce n'est pas un cancer, mais le calomel, qui a causé la mort de Napoléon. Le marquis de Montchenu, délégué de Louis XVIII sur l'île de Sainte-Hélène, déclara immédiatement après l'autopsie : "des cinq médecins présents, aucun ne savait exactement de quoi est mort Napoléon".

 

Les résultats de mes recherches ont peu à peu ébranlé la thèse du cancer héréditaire de l'estomac. De nombreux historiens, comme Don Horward aux États-Unis et David Chandler en Angleterre, soutiennent maintenant l'hypthèse de l'empoisonnement. Même les docteurs américains Thomas Hindmanch et Philip Corso qui. pendant dix ans, ont défendu avec acharnement la thèse du cancer, reconnaissent aujourd'hui que cette dose massive de calomel a achevé Napoléon. Cependant, en France, un noyau dur continue à refuser l'évidence comme l'écrivait, en 1982, Jean Boisson, prix 1974 de l'Académie française pour Le retour des cendres : "Quand il s'agit de la mort de Napoléon, la thèse du cancer étant généralement acceptée, celle de l'empoisonnement se retrouve rejetée et condamnée, comme si elle constituait une sorte de crime de lèse-majesté, commis par des historiens étrangers et inacceptable pour notre orgueil national." Toutefois le mur défensif des adversaires du poison s'est trouvé récemment lézardé par la parution du Napoléon de Max Gallo qui écrit, pour mettre un point final à son oeuvre magistrale : "Il  [Napoléon] doit avaler la calomel." Dans ma quête de vérité, l'ai lu, étudié et annoté à peu près tous les livres, mémoires et journaux écrits par les contemporains de l'Empereur et plus particulièrement par ceux qui ont vécu à ses côtés, y compris à Sainte-Hélène. Très vite, il m'est apparu que la mort, dans la fleur de l'âge, de cet homme doté jusque-là d'une santé de fer, ne pouvait être attribuée à un "cancer héréditaire de l'estomac".

 

Ceci me parraissait dénué de bon sens. En effet, en cas de cancer de l'estomac, une tumeur finit par obturer le pylore et les aliments ne peuvent plus passer dans l'intestin. Le malade meurt d'inanition dans un état de maigreur squelettique. Ceci fut vrai pour Charles Bonaparte, décédé à Montpellier le 24 février 1785 et dont le procès-verbal d'autopsie signale la présence "d'une tumeur très rétinente de la longueur et du volume d'une grosse patate [sic]" qui bouchait totalement l'orifice de sortie de l'estomac. Ce n'était pas le cas pour Napoléon qui est mort très gras et pour qui le rapport d'autopsie de docteur Antommarchi précise : "L'orifice du pylore était dans un état tout à fait normal." De plus, nul besoin d'être médecin pour s'étonner de qualificatif "héréditaire" quand on sait que pas un seul des quatre frères de Napoléon, ou de ses trois fils (dont deux naturels), n'a été victime d'un tel cancer. Mais laissons la parole au corps médical. Lettre datée du 30 septembre 1997 du docteur Michel Ibos, chirurgien français qui a opéré des centaines de cancers : "Après avoir soigneusement étudié les rapports d'autopsie de Charles Bonaparte et de Napoléon, je suis en mesure de faire les remarques suivantes : aucune étude statistique n'a jamais établi la notion héréditaire du cancer de l'estomac. Donc la filiation familiale n'a aucun sens. Jamais un malade portant ce cancer n'est mort gras. Ce cancer évolue lentement et tue peu à peu par cachexie (1) et délabrement physique." Le docteur Hamilton Smith, chef du département de médecine légale de l'Université de Glascow en Écosse et toxicologue de réputation mondiale, travaillant avec des techniciens de laboratoire de recherche de la centrale nucléaire de Harwell, près de Londres, a perfectionné depuis 1960 une méthode d'analyse de cheveux. Cette méthode permet de connaître, pratiquement au jour près, les dates où un sujet a absorbé des doses d'arsenic et l'importance de ces doses. Elle a permis de vérifier sur des cheveux rasés sur la tête de Napoléon le lendemain de sa mort qu'il avait absorbé des doses d'arsenic à des dates qui correspondent exactement à celles des malaises notés par ailleurs dans les journaux de ses compagnons, malaises dont les symptômes sont chaque fois ceux de l'intoxication arsenicale.

 

LES DOSES D'ARSENIC CORRESPONDENT

À DES ACCÈS DE FAIBLESSE DE L'EMPEREUR

 

Nous avons tracé la courbe des variations d'arsenic du 26 janvier au 5 mai 1821 (voir tableau plus bas), et placé en regard des pics et des creux les observations de Marchand, de Bertrand et du docteur Antommarchi. La concordance des aggravations et améliorations de santé signlées dans les journaux avec le tracé de la courbe constitue une preuve irréfutable de l'empoisonnement. Remarques du Dr Hamilton Smith :"Les quantités d'arsenic trouvées dans les cheveux de Napoléon, de 1816 à sa mort, sont caractéristiques de l'empoisonnement chronique.

 

PLUSIEURS ANALYSES CONFIRMENT LA PRÉSENCE D'ARSENIC

 

L'arsenic a été déposé dans les cheveux d'une manière biologique, c'est-à-dire par le flux sanguin durant sa vie. Ceci est une certitude qui écarte toute allégation de contamination par un apport extérieur, comme crème cosmétique par exemple, ou encore poudre ou lotion qui auraient été utilisées pour la conservation des cheveux." Même le Federal Bureau of Investigation, la police fédérale américaine, a confirmé les résultats obtenus par le Dr Hamilton Smith comme l'indique une lettre dont voici la traduction :

 

"Washignton DC 20535

Le 28 août 1995

Cher Docteur Weider,

Le laboratoire du FBI a examiné les deux cheveux de Napoléon que vous aviez soumis pour recherche d'arsenic. Vous trouverez ci-dessous les résultats de ces analyses effectuées par "Graphite Fumace Atomic Absorption Spectoscopy".

 

Cheveu

Longeur

Arsenic (ppm)

1

17,5 mm

33,3

2

14,0

16,8

 

"La quantité d'arsenic présente dans ses cheveux est significative de l'empoisonnement par l'arsenic. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à me contacter...

Signé Roger M. Martz, Chef du bureau de chimie/toxicologie."

 

Napoléon est jugé par beaucoup comme l'un des hommes les plus extraordinaires de tous les temps ; il est aussi l'un des hommes les plus célèbres du millénaire qui s'achève, du moins si la célébrité se mesure à la place tenue dans les médias. À l'approche de l'an 2000, qui coïncide avec le bicentenaire des débuts de l'âge d'or du Consulat, il est temps que toute la lumière soit faite sur les causes de sa mort. C'est le voeu qu'il avait formulé en demandant au docteur Antommarchi de ne rien négliger dans l'examen de son corps : "Je vous recommande surtout de bien examiner mon estomac". Avant d'ajouter qu'il légait à toutes les familles régnantes l'horreur et l'opprobre de ses derniers moments.

 

BEN WEIDER

 

(1) Affaiblissement de toutes les fonctions de nutrition

 

    D'origine canadienne, Ben Weider, docteur honoris casus des universtiés de Floride et de Montréal, est président de la Société Napoléonienne Internationale et membre du conseil du Souvenir Napoléonien de France. Il est l'auteur de plusieur ouvrages sur Napoléon à Sainte-Hélène. Son Napoléon est-il mort empoisonné ? paraît le 16 avril aux Éditions Pygmalion-Watelet.

 

Après la conférence, M. Ben Weider a participé à une session de signature de son livre "Napoléon est-il mort empoisonné ?

 

L'ANALYSE DES CHEVEUX

 

Une analyse des cheveux de Napoléon faite après le rasage de son crâne le 6 mai 1821, au lendemain de sa mort, a permis de tracer la courbe des quantités d'arsenic administré à l'Empereur entre la fin janvier et le 5 mai 1821. Sur plusieurs cheveux analysés, le cheveu no 3 est le plus significatif. Long de 40 mm, il a été découpé en 36 segments, les derniers étant les plus près de la tête, donc de la mort. La comparaison des taux d'arsenic (voir graphique) avec les dates des malaises mentionnés par des témoins, est pour le moins troublant. Ainsi, on remarque que le 11 février, alors que le taux d'arsenic est de 13,2 parties par million, le général Bertrand note que l'Empereur qui se portait mieux retombe tout à coup malade, souffre de toux sèche et de brûlure aux entrailles. Le taux d'arsenic qui était tombé à 4,6 est remonté à 12,6. Jusqu'au 15 avril, ce taux qui avoisine 11 ppm correspond suivant Antommarchi, Bertrand et Marchand à un état d'affaiblissement de Napoléon. La veille de sa mort, le taux passe à 15. Étonnant.

 

 

 

 

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