BEN WEIDER COLLECTIONNEUR et HISTORIEN
texte : Jean-Louis Tremblais photos : Emmanual Valentin
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Triptique du Sacre de Napoléon avec cadre en ivoire
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Le Canadien Ben Weider a fait fortune dans l'industrie du sport. Mais sa véritable passion, c'est Napoléon. Dans sa villa de Montréal, il a constitué un incroyable musée à la gloire de l'Empereur. Visite guidée.
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Ben Weider au milieu de sa fabuleuse collection dans sa villa de Montréal.
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| Entre autres faits d'armes, c'est lui qui a repéré Arnold Schwarzenegger dans une salle autrichienne et qui en a fait une star à Hollywood. Aujourd'hui, Ben Weider est à la tête d'un empire commercial dont les deux domaines sont l'édition de revues spécialisées et la diffusion de suppléments alimentaires. Toujours entre deux avions, il connaît le gratin de la planète. Ses amis s'appellent Albert de Monaco, Abdallah de Jordanie ou Hosni Moubarak. En 1984, il figurait même sur la liste des personnalités susceptibles de recevoir le prix Nobel de la paix pour son rôle de médiateur dans le conflit israélo-arabe. Couvert d'honneurs et de richesses, Ben Weider aurait pu se contenter de dormir sur ses lauriers. C'est compter sans sa véritable passion : Napoléon. Une passion qui vient de loin : "Mon père a toujours été un admirateur de Napoléon et sur son lit de mort il m’a fait jurer de reprendre le flambeau et d’exposer les calomnies dirigées contre l’Empereur." |
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| "Ils sont tous authentifiés, précise-t-il. J'ai des amis qui suivent les ventes aux enchères, à Paris, Londres ou ailleurs et qui me signalent les lots intéressants. Ce qui compte, c'est l'absence de rupture dans la provenance d'une pièce. Généralement, ce sont des legs d'héritage". De fait, les salons du milliardaire recèlent de véritables merveilles. S'il est impossible de toutes les recenser, on peut néanmoins citer quelques pièces uniques : un portrait original de l'Empereur par le baron Gérard avec son cadre d'époque, une boîte à priser en or décorée par le peintre Isabey - " probablement la plus belle et la plus chère", indique Ben Weider, deux bronzes du sculpteur Gérôme représentant Bonaparte en Égypte et Napoléon après le sacre, le bicorne porté par Napoléon pendant la campagne de Russie - "en excellent état mais crasseux sur les bords inférieurs, ce qui atteste son port par l'Empereur", ou le masque mortuaire réalisé par le Dr Antommarchi à Sainte-Hélène, au lendemain de la mort de l'Empereur, le 5 mai 1821. Mais la valeur marchande de ces reliques n'est pas la motivation première de notre collectionneur. Ainsi, son objet préféré est un buste en bronze de l'Empereur moulé en 1830. " J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. C'est ma première pièce. C'était à New York à la fin des années cinquante, dans une vitrine, ce buste m'a fasciné. Je suis entré dans la boutique. Le prix était modeste ; mille dollars. Pour moi, il a une valeur sentimentale ". |
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Éventail ayant appartenu à l'Impératrice Joséphine |
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| Bien décidé à prouver scientifiquement ses dires, le Canadien a confié, courant hiver 2001, des cheveux de Napoléon (issus en partie de sa collection à l'Institut de médecine légale de Strasbourg pour analyse toxicologique). Les conclusions de ces expertises ont été rendues publiques lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Paris, le 1er juin suivant. Un grand jour pour Ben Weider car les résultats sont formels : les cheveux de l'Empereur contiennent effectivement des doses d'arsenic près de quarante fois supérieures aux normales admises ! Reste à savoir qui a empoisonné Napoléon et pourquoi. La balle est désormais dans le camp des historiens.
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